*
On
commence à remplacer les feux tricolores, suite
aux dernières émeutes, dans notre capitale.
Des gens ont remarqué qu’on le faisait
de façon alternée : un feu sur deux est
remplacé. Manque de moyens ? Peut-être
mais bizarrement, il en découlerait une conséquence
positive : une circulation beaucoup plus fluide dans
les endroits de forte affluence. Comme quoi, à
quelque chose, malheur peut être bon !
* Le riz du Burkina
que San Finna a préparé, comme annoncé
la semaine dernière pour donner son avis -même
de profane- était correct comme on dit, avait
un bon goût. Nous avons préparé
un riz en sauce et un riz au gras : nous avons tous
constaté qu’il est nettement moins fin
que le riz asiatique. La conclusion est que pour les
personnes qui veulent du riz « costaud »
(et c’est l’immense majorité au Faso),
y a pas de débat : le riz burkinabé fait
parfaitement l’affaire !
* Justement,
toujours sur le sujet du riz, au Sénégal,
le pouvoir a promis que d’ici 2015, le pays serait
autosuffisant en matière alimentaire, notamment
au niveau de sa production rizicole qui devrait donc
passer de 100.000 tonnes par an à 700.000 tonnes.
Mais selon les experts, ce n’est pas évident
car pour réussir, il faut vraiment que l’Etat
crée les conditions. Selon le site IRIN, «
Amadou Tidiane Wane, ingénieur agronome, estime
qu’il faut 335 millions de dollars américains
pour atteindre une production de riz de 534 000 tonnes
par an, une somme équivalente au budget total
consacré à l’agriculture au cours
des cinq dernières années. Jusqu’à
présent, le gouvernement n’a annoncé
qu’une subvention de 23,7 millions de dollars
pour venir en aide aux populations rurales vulnérables,
mais il n’a pas indiqué combien il comptait
investir dans son plan global de développement
à long terme de l’agriculture. S’il
est vrai qu’il y a beaucoup de terrains disponibles,
il faudrait investir jusque 7 181 dollars pour rendre
cultivable un hectare de ces terres, selon M. Gaye,
sans compter les coûts futurs, liés à
l’entretien de cette superficie ». Donc,
au Faso, on risque de connaître les mêmes
problèmes. Alors, soyons prudent et n’axons
pas tout sur l’autosuffisance en riz mais bien
sur l’autosuffisance alimentaire en général,
ce d’autant qu’on vient juste d’apprendre
que la dégradation préoccupante des berges
du Kou constitue « une sérieuse menace
pour la production du riz local » (in Sidwaya
du 09 mai 2008).
* Que devient
l’homme politique tchadien Ngarlejy Yorongar,
miraculé des geôles de Déby, au
lendemain de la tentative de putsch sur N’Djamena
? Les nombreux amis qu’il compte en Afrique et
notamment au Burkina Faso devraient se remuer pour ne
pas que le célèbre opposant qui a réchappé
à la mort se retrouve coincé comme un
rat dans un exil où il est tombé comme
dans une trappe, sans secours, lui à qui tout
aurait été promis. N’oublions pas
aussi que sans cette aide de la France qui a remis d’aplomb
Déby, il n’aurait pas été
arrêté et torturé !
* On va apporter
sous peu une aide extérieure, aux villes touchées
par les émeutes contre la faim. Il serait bon,
chez nous, de faire le point financier des dégâts
(tant au niveau public que privé) et de le publier,
pour permettre aux gens de juger de la qualité
de ce bilan.
* Dans le quotidien
français Libération du 07 mai 2008, sous
le titre « Sarkozy maladroit, c'est Kouchner qui
le dit », on apprend ceci : «Le ministre
des Affaires étrangères a réagi
ce jour même sur France Inter, suite à
la déclaration du président de la République
affirmant que ‘l’espace des libertés
progresse» en Tunisie’. ‘Cette phrase
fut maladroite’, a dit Bernard Kouchner, en réponse
à une question de la radio. ‘En dehors
de cette phrase, oui, par rapport aux autres pays, en
particulier dans la région, ça va bien
mieux’ en Tunisie’, a-t-il ajouté.
‘Mais c’est insuffisant et il fallait le
souligner’ ». Nicolas Sarkozy avait
prévenu que le prochain ministre qui se permettrait
d’avoir des réflexions personnelles contraires
à la position officielle serait limogé.
On attend donc de voir s’il va se séparer
de Kouchner ! Et pour finir sur le sujet, sachez que
Kouchner a tout de même essayé de rattraper
les choses avec le grand quotidien pour ne pas trop
se faire taper sur les doigts, on imagine. Il a ajouté
à ses propos que les atteintes aux droits de
l’Homme en Tunisie étaient «
vraiment des péchés véniels comparés
à l’état du monde. Il y a un gros
livre de (l’organisation de défense des
droits de l’Homme) Human Rights Watch qui paraît
tous les ans pour faire l’état des droits
de l’Homme dans le monde : la Tunisie n’y
figure même plus ». Mais il aurait
mieux fait de se taire car cette affirmation a été
aussitôt démentie par l'ONG auprès
de Libération.fr : «La Tunisie figure
bien toujours dans notre rapport mondial 2008».
Dur, dur, pour un French Docteur d’être
un Foreign Minister de Nicolas Sarkozy !
* Chez nous,
le samedi 10 mai 2008, à Gaoua, suite à
la révocation du maire Farayéri Frédéric
Da par des populations en furie qui ont même attaqué
son domicile, il y a eu une rencontre pour analyser
la situation. Etaient notamment conviés les partis
politiques. On a noté la présence des
représentants du FFS, de l’ADF/RDA, de
l’UNDD, du CDP. Il a été proposé
une dame, Nathalie Somé, pour remplacer le maire.
Elle vient d’être nommée à
Bobo-Dioulasso à la RTB Ouest et elle demanderait
à réfléchir. Lors de la rencontre
de ce samedi, un appel au calme a été
lancé à la population. Une mission du
Ministère de l’Administration territoriale
est arrivée de Ouaga pour voir exactement la
situation. Affaire à suivre !
* Le Président
tunisien Zine El Abidine Ben Ali vient d’appeler
les pays nantis de la richesse pétrolière
à prélever 1 dollar par baril pour soutenir
le Fonds Mondial de Solidarité mis en place en
1999. Bonne idée a priori mais il aurait pu exiger
2 dollars car le prix du baril flambe comme jamais,
ayant atteint plus de 125 dollars cette semaine !
* Sur RFI, la
semaine écoulée, on a pu entendre que
l’épidémie de méningite au
Faso était à son stade terminal. Bien
vrai mais dommage qu’on n’ait pas précisé
que c’est une chose normale et qui n’est
pas le fait des pouvoirs publics : partout où
la saison des pluies arrive, l’épidémie
disparaît. Mais nous reconnaissons, pour être
juste, que l’épidémie semble avoir
fait moins de dégâts par rapport à
ce qu’on voyait venir !
* Barack Obama,
qui a remporté les primaires de la Caroline du
Nord et qui est très en avance sur Hillary Clinton
qu’il a d’ailleurs failli battre dans l’Indiana
réputée pro-Hillary, vient de parler d’un
ticket gagnant contre Mac Cain, entre lui et elle :
lui président et elle, vice-présidente.
Selon une enquête CBS News/New York Times publiée
la semaine dernière, une majorité des
partisans d'Obama comme de Clinton serait favorable
à ce "Dream Ticket" ("ticket de
rêve"). Mais le porte-parole de la Sénatrice
Howard Wolfson a jugé la discussion prématurée,
assurant qu'il n'avait jamais entendu Hillary Clinton
exprimer un quelconque intérêt pour la
vice-présidence. Bref, c’est la présidence
ou rien, et tintin pour les souhaits des militants démocrates
!
* En Birmanie,
la junte au pouvoir refuse la venue du personnel humanitaire
pour aider les populations suite au cyclone Nargis qui
aurait fait dans les 100.000 morts et amené plus
d’un million de personnes à fuir leurs
habitations. Pourquoi ? Parce qu’elle ne veut
pas que des gens de l’extérieur, libres,
puissent venir constater les dégâts causés
par cette terrible dictature et surtout qu’ils
mettent dans leurs crânes la graine de la contestation.
Mais la junte accepte l’argent, le matériel
et la nourriture. Pourtant, elle sait pertinemment qu’elle
ne pourra remplir la tâche titanesque qui s’annonce
pour secourir les blessés, enterrer les morts,
reconstruire.... On sait que les détournements
seront légion et que ne seront aidés que
ceux qui feront des salamalecs à la Junte. Des
militants luttant pour l'avènement de la démocratie
en Birmanie viennent de supplier la communauté
internationale : "Pour sauver des milliers
de vies avant qu'il ne soit trop tard, nous voudrions
demander expressément aux Nations unies et aux
gouvernements étrangers d'intervenir en Birmanie
immédiatement pour fournir de l'aide humanitaire
directement au peuple birman, sans attendre la permission
de la junte militaire". Comme ils ont raison.
Seront-ils entendus ? Il faut l’espérer.
Les populations du Myanmar (nouveau nom de la Birmanie
choisi par la Junte et qui veut dire « pays merveilleux
» !!! alors qu’on sait que c’est le
pays de l’horreur) le méritent tant.
* On écrivait
la semaine dernière que le Burkina Faso pourrait
se lancer peut-être avec bonheur dans la culture
de ce féculent délicieux qu’est
la pomme de terre. San Finna n’avait pas lu un
article que la FAO a consacré sur le sujet, et
qui va dans le même sens. Il semble, selon l’organisation,
que bien de pays africains sont passés d’une
consommation de pommes de terre de 5 à plus de
25 %. Et bien vrai que même dans nos brousses,
elle commence à être très appréciée.
Mais attention, pour que cette culture marche bien,
non seulement il faut baisser les coûts de production
mais surtout trouver les moyens adéquats de conservation
car la pomme de terre ne supporte guère la chaleur.
A défaut, on pourrait se rabattre sur les patates
douces qu’on peut préparer de multiples
façons et qui se conservent longtemps.
* Est-ce
un coup d'Etat en marche contre le Liban auquel on assiste
en ce moment même par le Hezbollah ? En tout cas,
le processus semble engagé. Pendant ce temps,
les forts en thème de la communauté internationale
continuent à gesticuler, tout en révélant
(comme en Birmanie, au Zimbabwe, en Georgie... et nous
en passons) leur impuissance !
*
Le
président Hugo Chavez aurait tenté d’acheminer
des armes pour les rebelles colombiens du FARC via le
Belarus. L’ordinateur du numéro 2 des FARC,
Paul Reyes, le prouverait. La nouvelle, même si
elle est démentie, fait scandale !
DERNIERE
MINUTE
EXTRAORDINAIRE ATTAQUE DE KHARTOUM PAR LE JEM :
DEBY TIRERAIT-IL SEUL LES FICELLES ?
Incroyable mais vrai : des rebelles jusqu’alors
contenus à la frontière soudano-tchadienne,
ont parcouru plus de 1.000 kilomètres pour venir
faire tonner le canon ce 10 mai 2008 jusque dans les
faubourgs de Khartoum. Ca, c’est bon pour le régime
bringuebalant de Déby mais pour celui pur et
dur du Soudan d’el Béchir, les bras vous
en tombent ! Alors, on comprend le coup de tonnerre
que constitue cette attaque, et les commentaires qui
gonflent déjà. Assurément, c’est
comme un mythe qui tombe, une banquise qui s’écroule.
Un doigt accusateur est porté contre N’Djamena
suivi immédiatement de la rupture des relations
diplomatiques. Idriss Déby, sans doute pince-sans-rire,
se retrouve dans le rôle supérieur de el
Béchir qui n’a jamais manqué de
démentir, du haut de sa superbe, d’être
à l’origine des sempiternelles chevauchées
des rebelles tchadiens sur la capitale tchadienne à
partir de la frontière soudano-tchadienne.
Eh bien aujourd’hui, il ne sera plus dit que ce
sera uniquement N’Djamena qui vivra dans l’anxiété
d’attaques. Ca, c’est nouveau, ça
donne de l’allure, de la puissance à Déby.
Mais ça nous amène à nous poser
bien de questions. L’attaque est-elle de son seul
fait ou Kadhafi aurait-il les doigts mouillés
? Les USA, qui n’ont pas tardé à
réagir, ne verseraient-ils pas ici des larmes
de crocodile ? Pourquoi la France, jusqu’à
présent, la première à réagir
quand il s’agit d’un cas intéressant
e son pré-carré, garde-t-elle bouche cousue
? Y aurait-il une relation de cause à effet entre
le récent déploiement de l’EUFOR
(tant craint par Khartoum et pour cause !) et cette
descente du diable sur la capitale soudanaise ? Voilà
un panel de questions parmi tant d’autres sans
compter celle de savoir si après cette «
baffe » retentissante donnée au président
soudanais, ce dernier ne va pas, histoire de faire vite
oublier cet épisode, entreprendre une réplique
des plus vigoureuses. Affaire forcément à
suivre !
VT