Mise à jour le 07/02/2010
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N° 553
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope

PUBLICITES
Galerie de photos


 
 
LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni

RECHERCHE SUR INTERNET
 
 
 

 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi

Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°553 du 08 au 14 Février 2010
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

  

Au courant de la plume

SI KADHAFI PLANTAIT ENFIN SA TENTE EN LIBYE
CELA APPORTERAIT-IL DU VENT A LA VOILE DE LA CONSTRUCTION AFRICAINE ?

Comme l’enfant prodigue qui rentre au bercail ou le navigateur fourbu qui fait relâche au port après son tour du monde, Mouammar Kadhafi sera-t-il convaincu qu’après avoir tâté du terrorisme international, s’être intéressé à moult conflits dans le monde, distingué en tant qu’entrepreneur de l’unité du monde arabe, de l’Afrique du Nord, du continent africain, il est temps  pour lui de transporter définitivement ses pénates dans son propre pays, en Libye ? La question est posée depuis le désaveu cinglant qu’il vient d’essuyer à Addis-Abeba à l’occasion du 14 ème Sommet de l’Union africaine.

Habité par le rêve d’être reconduit à la tête de l’organisation continentale, il a méconnu le changement des temps et la détermination de certains Etats à s’émanciper de sa tutelle pesante. S’il y a quelques années, le besoin, la gêne

Mgr Philippe Ouedraogo, archevêque de Ouagadougou.
Muammar Kadhafi
(Photo prise le 31 janvier 2010/REUTERS/Irada Humbatova)

et la peur encourageaient Kadhafi à se comporter vis-à-vis de l’Afrique comme son monarque, ce n’est plus le cas de nos jours. Les prises de distance de Blaise Compaoré d’avec le Guide, ont peut-être  été  plus voyantes compte tenu des liens affichés entre les deux hommes mais d’autres présidents étaient engagés dans le même processus, tant et si bien que ce sommet résonnera aussi comme celui de la cassure entre Kadhafi et le continent.

Ce n’est pas plus mal, entend-on dire, dans certains pays. Pour qui il se prenait, cet illuminé ? Vraiment pour le Roi des Rois de l’Afrique ? Qu’a-t-il fait de concret pour le continent, en dehors de ses sorties ubuesques pour frimer, de ses déclarations décalées sur les droits de l’homme, la démocratie et autres soutiens aux faiseurs de  coup d’Etat ? Regardez d’ailleurs, dit-on ici et là, comment il a claqué la porte du Sommet, avec mépris comme un enfant gâté à qui on refuse une gourmandise. Ca prouve bien qu’il ne voulait qu’une chose : rester à la tête de l’Union africaine pour y parader ; le reste, il s’en fiche comme de sa première djellaba. Mais pouvait-on par ailleurs s’attendre à ce que le numéro un libyen reste à boire la honte du désaveu jusqu’à la lie devant un parterre de chefs d’Etat dont beaucoup, il n’y a pas longtemps encore, mangeaient dans sa main et lui passaient tous ses caprices ? De ce côté-là effectivement, il ne faudrait pas trop tirer car en bien de pays, existent hôtels, salles de conférence, stades, banques…, qui témoignent que le Guide a souvent mis la main à la poche. Pour s’en tenir à son comportement au Sommet, somme toute, il ressemble tout à fait à l’homme qu’il est. Mais la question essentielle au fond est celle-ci : doit-on en déduire que libérée de l’emprise mégalomaniaque de Kadhafi, l’Afrique prendra son envol pour arriver enfin au port de l’unité ?

Beaucoup de médias, qui hier n’avaient pas de mots assez caressants pour le mousser tournent casaque en adoptant une attitude de dénonciation sans concessions contre le dictateur, le farfelu, l’irréaliste, parce que des chefs d’Etat ont changé.

En tout cas, si l’on souhaite que ce  départ de Kadhafi soit bienfaisant pour le continent,  rien n’est moins sûr !

On peut en effet craindre que les chefs d’Etat africains, qui n’ont pas été en mesure avant le règne «kadhafien» de réaliser ce but fixé depuis 1963, soient encore moins chauds pour cet objectif après le départ du Guide. Lui au moins était volontariste, voulait faire bouger les choses. C’est Kadhafi, ne l’oublions pas, qui a transformé l’OUA en UA, c’est lui qui parlait d’un gouvernement panafricain, d’une armée commune, qui a ranimé dans le cœur de la jeunesse africaine, la flamme du néo panafricanisme… Or, on ne sent nullement se dégager un tel volontarisme en adhésion à un projet convaincant de relance de la dynamique de l’unité du continent. Le « Syndicat » reste empêtré dans les crises internes régionales de toujours, avec en toile de fond le souci de  maintenir ses « syndiqués » au pouvoir par tous les moyens, même anticonstitutionnels plutôt que de se consacrer résolument à la tâche, combien nécessaire, de l’unité du continent. On avait expliqué qu’à l’occasion de ce sommet, on mettrait clairement sur le tapis le charcutage des constitutions pour en finir avec ce fléau mais le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union, Ramtane Lamamra, vient de révéler que l’Union a pris de nouvelles mesures contre les coups d’Etat sans en préciser la nature. Pourquoi donc ? Qu’y a-t-il à cacher ? Ca n’a donc pas marché ?

Alors, avec le départ de Kadhafi, on peut peut-être pousser des « oufs » de soulagement sans pour autant rire trop tôt ni trop fort ou encore moins affirmer que maintenant, c’est maintenant et qu’on va voir ce qu’on va voir !

 

La Rédaction






Site réalisé par Come Tell The World