San
Finna N°510 du
13 au 19 Avril 2009 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
ELECTIONS EN COTE D’IVOIRE
TOUT LE MONDE PEUT JOUER A L’HYPOCRISIE
SAUF L’ADMINISTRATION OBAMA
L’une
des raisons qui a fait que les démocrates en particulier
ont célébré l’élection
de Barack Obama, c’est parce qu’ils avaient
mis leur main au feu que l’homme trancherait avec
les présidents conservateurs pour engager son pays
et le monde, dans la voie d’un changement où
la primauté serait accordée aux droits de
l’homme, à la démocratie, à
l’environnement, à la justice.
Durant
toute la campagne, il a donné les gages d’une
fidélité à ses promesses de
changement. Au lendemain de son élection,
l’Afrique, et particulièrement sa jeunesse,
a longtemps frissonné en l’entendant
prononcer ces mots : « A ceux qui s’accrochent
au pouvoir par la corruption, la tromperie et en
écrasant l’opposition, sachez que vous
êtes du mauvais côté de l’Histoire.
Mais que nous vous tendrons la main, pour peu que
vous desserriez le poing ».
Tout
dernièrement, alors qu’il foulait le
sol européen en tant que président,
il a eu un comportement empreint d’humilité,
d’une volonté d’écoute
et de partage qui a fait chavirer bien de cœurs
en Europe. Cette même disposition à
aller vers les autres, à briser les barrières,
explique, même si elle n’est pas totalement
acceptée en Europe, sa main
tendue
à la Turquie, et par-delà au monde
islamique. Nous voudrions, nous autres en Afrique,
qu’il témoigne des mêmes dispositions
d’écoute, d’ouverture et de rupture
en ce qui concerne le continent.
Cependant, quelques petits signaux nous amènent
à souhaiter qu’il ne glisse pas dans le conformisme
et dans la « real politik » en ce qui concerne
le continent premier.
Cette abstention par rapport au vote sur le Soudan en
constitue un. La propension à investir dans la
seule société civile, le rêve de régénérescence
de la gouvernance en Afrique, est un autre signal. Le
troisième réside dans cette quasi-exigence
faite au gouvernement ivoirien de tenir les élections
en 2009.
Qu’une telle exigence soit faite par certains protagonistes
de la crise ou par certains Etats qui ont été
belligérants dans la crise aux côtés
de la rébellion, on peut le comprendre. En effet,
pour ces derniers, ce qui importe, ce n’est pas
tant une élection tenue dans les règles
de l’art, c’est l’élection pour
l’élection ou plus grave, celle qui permettrait
de garder intactes, à défaut d’un
changement selon leurs desiderata, les capacités
de chantage.
En Côte d’Ivoire, quand on connaît,
au-delà des beaux discours et de l’optimisme
de bon aloi affiché, que la rébellion reste
campée sur ses positions, refusant l’unicité
de caisses, le désarmement, l’unification
de l’armée, il faut avoir de sombres pensées
pour insister que des élections se tiennent dans
ces conditions.
Barack Obama créerait la différence en ayant
un regard non assisté par rapport au problème
de ce pays pour demander la chose qu’il demanderait
pour son propre pays s’il était dans la même
situation : qu’on en finisse véritablement
avec la guerre en réunifiant totalement le pays,
en instaurant la loi de la république sur l’entièreté
du territoire, en mettant fin à ce kyste de la
rébellion dans un Etat républicain !