FAIT
DIVERS
LE BEBE DU LTO QUI NE VOULAIT PAS MOURIR
Chaque
jour a son lot de faits divers dans la ville de Ouagadougou
et à travers le pays. Quelquefois, ces faits
divers sont tout aussi rocambolesques qu’invraisemblables.
Cette histoire s’est déroulée
au Lycée Technique de Ouagadougou (LTO) le
jeudi 9 avril 2009, aux environs de 10 heures. A notre
arrivée sur les lieux, deux véhicules
de la Brigade Nationale des Sapeurs Pompiers étaient
en stationnement devant l’administration. Il
régnait une tension perceptible dans la cour.
Il
semblerait qu’une fille ait accouché
dans les toilettes nauséabondes du LTO
et y ait abandonné son bébé.
Appelés à la rescousse, les Sapeurs
Pompiers |
Les
infirmières nettoyant le bébé
rescapé
dans une salle du LTO
|
réussiront
à sortir le nourrisson sain et sauf
de la fosse malgré la chute et le temps
passé dans des odeurs pestilentielles.
Le nourrisson, de sexe féminin, serait
en bonne santé. L’évènement
sans précédent mit fin aux cours,
entraînant les élèves
autour du lieu de la résurrection.
Pendant tout le temps que se déroulait
l’opération de sauvetage, on
entendait des commentaires par-ci par là,
des imprécations comme des injures.
Et lorsque la nouvelle courut que le miracle
s’était produit,
|
on entendit des salves d’applaudissements
et des cris de joie. Les lycéens souhaitèrent
même donner à la fillette abandonnée,
qui a refusé de mourir, le prénom
de LTO. |
L’enfant sorti des griffes de la mort a été
remis aux infirmières qui avaient été
appelées en soutien, pour s’assurer que
tout allait bien. Lavé, poudré, c’est
un joli poupon à faire regretter par sa maman,
son acte, qui fut présenté à
l’assistance euphorique.
Qui est la mère de ce bébé extraordinaire
? Jusqu’à ce qu’on quitte les lieux,
le mystère n’avait pas été
percé. Mais selon plusieurs témoignages,
toutes les filles enceintes du LTO seraient fichées
par la Direction de l’établissement.
Il y en aurait plusieurs dizaines. Alors on entendait
dire que si c’était une des élèves,
l’administration ne tarderait pas à mettre
la main sur elle. Cependant, on ne peut rien exclure
: une élève un peu corpulente peut facilement
cacher sa grossesse ; ensuite, s’il s’agit
d’une élève, elle n’allait
certainement déclarer sa grossesse à
la Direction de l’établissement si elle
avait l’intention funeste de se débarrasser
du bébé.
Cependant, une autre hypothèse se dégageait.
La proximité de l’Université de
Ouagadougou fit dire à beaucoup que la mère
pourrait être venue de l’extérieur.
En effet, il n’y a qu’un mur du côté
des WC qui sépare le LTO de l’Université
de Ouagadougou. Un mur pas difficile d’ailleurs
à franchir. Dans tous les cas, ce que cette
fille a fait est criminel et elle doit être
recherchée et punie selon la loi. Et si la
mère n’est pas retrouvée, la république
aura de nouveau une pupille. Aux dernières
nouvelles, le bébé aurait rejoint l’orphelinat
Home Kisito pour une prise en charge intégrale
en attendant les conclusions de l’enquête.
Swonty
Koné
Aristide Ouédraogo