Mise à jour le 12/04/2009
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San Finna N°510 du 13 au 19 Avril 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

  

Tribune de la femme

FAIT DIVERS
LE BEBE DU LTO QUI NE VOULAIT PAS MOURIR

Chaque jour a son lot de faits divers dans la ville de Ouagadougou et à travers le pays. Quelquefois, ces faits divers sont tout aussi rocambolesques qu’invraisemblables. Cette histoire s’est déroulée au Lycée Technique de Ouagadougou (LTO) le jeudi 9 avril 2009, aux environs de 10 heures. A notre arrivée sur les lieux, deux véhicules de la Brigade Nationale des Sapeurs Pompiers étaient en stationnement devant l’administration. Il régnait une tension perceptible dans la cour.

Il semblerait qu’une fille ait accouché dans les toilettes nauséabondes du LTO et y ait abandonné son bébé. Appelés à la rescousse, les Sapeurs Pompiers

Les infirmières nettoyant le bébé rescapé
dans une salle du LTO

réussiront à sortir le nourrisson sain et sauf de la fosse malgré la chute et le temps passé dans des odeurs pestilentielles. Le nourrisson, de sexe féminin, serait en bonne santé. L’évènement sans précédent mit fin aux cours, entraînant les élèves autour du lieu de la résurrection. Pendant tout le temps que se déroulait l’opération de sauvetage, on entendait des commentaires par-ci par là, des imprécations comme des injures. Et lorsque la nouvelle courut que le miracle s’était produit,

on entendit des salves d’applaudissements et des cris de joie. Les lycéens souhaitèrent même donner à la fillette abandonnée, qui a refusé de mourir, le prénom de LTO.


L’enfant sorti des griffes de la mort a été remis aux infirmières qui avaient été appelées en soutien, pour s’assurer que tout allait bien. Lavé, poudré, c’est un joli poupon à faire regretter par sa maman, son acte, qui fut présenté à l’assistance euphorique.

Qui est la mère de ce bébé extraordinaire ? Jusqu’à ce qu’on quitte les lieux, le mystère n’avait pas été percé. Mais selon plusieurs témoignages, toutes les filles enceintes du LTO seraient fichées par la Direction de l’établissement. Il y en aurait plusieurs dizaines. Alors on entendait dire que si c’était une des élèves, l’administration ne tarderait pas à mettre la main sur elle. Cependant, on ne peut rien exclure : une élève un peu corpulente peut facilement cacher sa grossesse ; ensuite, s’il s’agit d’une élève, elle n’allait certainement déclarer sa grossesse à la Direction de l’établissement si elle avait l’intention funeste de se débarrasser du bébé.

Cependant, une autre hypothèse se dégageait. La proximité de l’Université de Ouagadougou fit dire à beaucoup que la mère pourrait être venue de l’extérieur. En effet, il n’y a qu’un mur du côté des WC qui sépare le LTO de l’Université de Ouagadougou. Un mur pas difficile d’ailleurs à franchir. Dans tous les cas, ce que cette fille a fait est criminel et elle doit être recherchée et punie selon la loi. Et si la mère n’est pas retrouvée, la république aura de nouveau une pupille. Aux dernières nouvelles, le bébé aurait rejoint l’orphelinat Home Kisito pour une prise en charge intégrale en attendant les conclusions de l’enquête.

Swonty Koné
Aristide Ouédraogo






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