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San Finna N°510 du 13 au 19 Avril 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

RAPPORT SUR LA MORT DU DETENU MAURICE OUEDRAOGO
MODE D’EMPLOI DU MINISTERE DE LA JUSTICE : L’IMPUNITE ?

Une sombre histoire que celle qui avait endeuillé la famille du détenu Maurice Ouédraogo à la Maison d’Arrêt et de Correction (MACO) le 4 avril 2008 aux environs de 17 heures. En son temps, nous avions eu la primeur du drame et par la suite nous avions aussi eu l’honneur d’être reçu par le bouillant et efficace régisseur Adama Rouamba. Dans une de nos questions dans le San Finna N° 461 du 28 avril au 4 mai 2008, monsieur Adama Rouamba mettait en réserve certaines de ses réponses à nos questions : ‘‘J’ai peur de donner des affirmations qui ne seront pas exactes sans les résultats de l’investigation’’, nous avait-il laissé entendre. 6 mois après le drame, c’est-à-dire en septembre 2008, nous avions voulu connaître les résultats de l’investigation contenu dans un rapport adressé au ministre de la Justice, Garde des Sceaux, mais le régisseur de la MACO -comme il est de règle- nous dira de nous référer à sa hiérarchie donc au ministère de la Justice, Garde des Sceaux.

Dans d’autres démocraties, la production de tels rapports donne lieu, sinon à des points de presse, en tout cas à des notifications publiques pour respecter le devoir d’information du citoyen qui lui permette d’exercer son droit de contrôle. Cela, en plus de situer les responsabilités, peut au besoin redorer, s’il

L’entrée de la MACO
en fallait, le blason des maisons d’Arrêt en démontrant qu’on y respecte aussi les droits des détenus. Mais comme ça n’avait pas été le cas pour le décès de Maurice Ouédraogo, le directeur de publication de notre organe saisissait le ministre de la Justice, Garde des Sceaux par lettre en date du 7 octobre 2008 pour entrer en possession du fameux rapport. Un rapport qui, de
notre avis, devait être rendu public afin de dissiper certaines interrogations de l’opinion qui persistent encore aujourd’hui.


Malgré nos incessants va-et-vient au ministère de la Justice, rien n’y fit. Si le Directeur de la Communication et de la Presse Ministérielle (DCPM) n’est pas là, il est en réunion ou en voyage. Et pendant 6 mois, nous avons été baladés. Cela fait maintenant un an que ce pauvre détenu a perdu la vie dans des circonstances troubles sans qu’on ne sache pourquoi. Certainement et comme il est de coutume, la famille de feu Maurice Ouédraogo s’est remémorée sa disparition. Mais pourra-t-elle porter le deuil si elle ne sait pas exactement comment il est mort, surtout lorsque la rumeur brosse en noir les circonstances de son décès et qu’elle fait dire que c’est parce que ce détenu-là n’était pas issu de la haute société qu’on s’y prend ainsi ?

Bref ! Que cache le rapport ? Pourquoi refuse-t-on de façon subtile de nous le donner ? Le rapport serait-il assez compromettant comme le racontent certaines personnes ? Voilà autant d’interrogations que beaucoup se posent. Des questions d’autant plus pertinentes qu’on nous donne la preuve du côté de l’Avenue de l’Indépendance qu’il y aurait anguille sous roche.

Selon certaines indiscrétions, le ministre Zakalia Koté ne voudrait pas de la publication du rapport parce que cela nuirait un peu à l’opération de charme qu’il aurait engagée depuis un certains temps : montrer une justice efficace, des enceintes carcérales bien tenues, en somme une bonne image de la justice et de ses composantes. Et comme de plus en plus, les Partenaires Techniques et Financiers du Burkina Faso ne feront plus de concessions si la justice n’est pas réformée, il était à risquer que cela ne soit mal interprété. Sinon il se dit que le rôle des gardes pénitenciers dans la mort de Maurice Ouédraogo ne souffrirait d’aucun débat. Le cynisme écœurant de leur comportement aurait été constaté et il semblerait que s’il ne tenait qu’au régisseur, certains seraient à l’heure actuelle radiés du Corps.

De tels faits ne devraient pas rester impunis et cela n’est pas à l’honneur de la justice. La justice doit être au service de tous et s’il est vrai que les responsabilités ont été établies, alors il faudrait engager des poursuites judiciaires afin que l’opinion sache que la justice est la même pour tous. Sinon aujourd’hui c’est Maurice Ouédraogo et sa famille, mais demain quand l’air aura changé de direction, ce serait à qui, le tour ?

Aristide Ouédraogo






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