Mise à jour le 17/01/2010
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San Finna N°550 du 18 au 24 Janvier 2010
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"


Deux sons de cloche

LES JOUEURS TOGOLAIS ONT-IL BIEN OU MAL FAIT DE REFUSER APRES L’ATTAQUE DE LEURS BUS, DE PARTICIPER A LA CAN 2010 EN ANGOLA ?

Le vendredi 08 janvier 2010 demeurera dans les annales du football africain comme une date très sombre de son histoire. En effet, alors que le bus transportant les joueurs togolais qui franchissaient la frontière entre la République du Congo et l’Angola, des hommes armés se revendiquant du FLEC (Front de libération de l’Etat du Cabinda) l’ont mitraillé et fait trois morts et 9 blessés. Quelques jours après l’attaque, les condamnations sont venues de partout, principalement de la CAF et de la FIFA. Un évènement qui a secoué, au-delà du peuple togolais, tous les Africains et amoureux du sport roi. Cependant, les joueurs togolais avec à leur tête Adébayor, avaient décidé de rentrer dans la compétition malgré tout, pour rendre, disaient-ils, un vibrant hommage à leurs amis décédés. Mais les autorités togolaises ne l’entendaient pas de cette oreille. Pour eux, il fallait rentrer au bercail, pleurer les morts. Toute chose qui fut fait avec la confirmation par la CAF de leur suspension du Togo de la Coupe d’Afrique des Nations. Dès lors,  les commentaires foisonnent et forment deux camps. Le camp de ceux qui estiment que les Togolais ont eu raison de  prendre la poudre d’escampette. D’autres par contre contestent cette décision arguant que les joueurs auraient mieux fait de rester dans la compétition, question de venger leurs compatriotes et donner tort à ces voyous de séparatistes qui s’en sont pris à eux. Deux sons de cloche…

IL FALLAIT OSER CONTINUER

  Tous les amoureux du ballon rond souhaitaient  que la présente CAN, qui se tient au cours de « l’Année de la paix et de la sécurité », surmonte cet incident malheureux. Les Togolais, avec leurs premiers responsables, devaient écouter le chant des colombes et voir en cet incident une action de plus qui vise à décourager l’Afrique dans tout ce qu’elle entreprend de positif. D’ailleurs, le FLEC n’a pas été le seul mouvement à avoir revendiqué cette attaque. Il a été rejoint plus tard par une autre organisation. Ce qui nous donne la preuve que ces « buveurs de sangs » n’ont aucune foi. Tout ce qu’ils demandaient, c’est une occasion de faire parler d’eux, de se faire voir et ramener en haut de la scène leurs séniles revendications. Ils devraient donc être négligés, oubliés, battus et pourchassés par les pays de la région. La CAN doit se tenir normalement mais ne doit pas être une tribune pour eux. Les joueurs du pays de Faure Gnassingbé ont certes été marqués par cette attaque mais restaient mobilisés pour un objectif noble : mettre la honte à tous ceux qui veulent marquer d’une salissure de sang, la solidarité, la joie et la paix en Afrique. Ces Togolais voulaient surtout achever ce qu’ils ont commencé depuis près de deux années. Les coéquipiers qu’ils ont perdus n’auraient pas souhaité moins et d’ailleurs une bonne partie du peuple togolais était favorable à ce qu’ils poursuivent la compétition. En plus de la possibilité qu’ils auraient eu de se venger, il faut se dire que les joueurs auraient pu avoir leur chance dans cet épisode de la CAN. Situés dans une Poule avec le Burkina, Côte-d’Ivoire, Ghana, ils auraient pu tirer leur épingle du jeu. C’est vraiment dommage !

 

 

TOMI

BONNE REACTION TOGOLAISE
 

C’était une sage décision, rien de plus. Les Togolais ne pouvaient quand même pas poursuivre cette compétition après avoir deux jours seulement avant l’ouverture officielle, perdu deux membres de l’équipe et vu 9 blessés dans les rangs de l’équipe et du staff technique. C’est une totale aberration que de vouloir à tout prix,  qu’ils restent. D’abord, il faut comprendre que les joueurs ont subi un traumatisme digne de ce nom, eux qui ont pensé que leur fin était arrivée avec ces balles tirées de toutes parts pendant plus 30 minutes, ce sang répandu... On se rappelle les propos d’un des leurs dès les premiers instant de l’incident : « On ne réfléchit pas encore aux recours possibles, mais c'est vrai que personne n'a envie de jouer. On n'en est pas capable. On est tous choqués. On veut rentrer à la maison… ». C’est dire qu’ils n’étaient vraiment pas en état de participer avec toute la verve nécessaire. Deuxièmement, il faut noter que dans les premiers moments de l’attaque, le comité d’organisation de la CAN avait fait comprendre qu’il n’en était rien et qu’il y avait juste eu une panique dans le bus à cause d’un pneu éclaté. Cette déclaration avait choqué plus d’un, l’évidence étant là. En définitive,  les Togolais ont choisi la bonne solution. Ils n’auraient pas été à même de donne le maximum lors de cette CAN après ce qu’ils ont vécu. N’oublions pas que les rebelles qui les ont accueillis étaient cagoulés et maniaient des armes automatiques, qu’ils ne voulaient que la mort des passagers du bus. Normal donc que les autorités togolaises aient pris leur distance avec la CAN comme les propos du joueur Grenoblois Jacques-Alaixys Romao le confirment : ‘Ce n'est pas normal que l'on se fasse tirer dessus pour un match de foot. Si on peut boycotter la Can, autant le faire. Si on peut annuler tous les matches, je dis pourquoi pas... Je ne pense qu'à ça : arrêter cette Can pour rentrer à la maison’.

 

TOZI

Citation de la semaine

«« Il (NDLR Blaise Compaoré) trouvera toujours des accompagnateurs mais ce ne sera pas pour ’enraciner la démocratie’. Bien au contraire . »

          L’Evènement  179 du 10 janvier 2010
(Sur la Présidentielle de 2010, par NAB)






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