Mise à jour le 22/11/2009
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San Finna N°542 du 23 au 29 Novembre 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

  

Au courant de la plume

SOMMET DE LA FAO
L’ABSENCE ANGOISSANTE DES GRANDES PUISSANCES

Le Sommet mondial sur la sécurité alimentaire de la FAO vient de se tenir à un moment où de plus en plus de voix spécialisées mettent en garde contre de nouvelles révoltes de la faim, en raison  de multiples signes défavorables dont la concurrence des biocarburants et la spéculation sur les denrées qui annonce une nouvelle flambée des prix.

La grande rencontre a également eu lieu en pleine période de sensibilisation  pour plus de solidarité internationale afin de prévenir le retour à une crise internationale dont les conséquences seraient encore plus dramatiques pour tous.


Un enfant meurt de faim toutes les 06 secondes !
Autant de raisons qui n’expliquent pas que les grandes puissances aient, disons-le, brillé par leur absence au plus haut niveau à ce sommet.

Les supputations autour de ce « coup de lapin » des grandes puissances sont d’autant plus angoissantes qu’elles semblent s’être donné le mot pour boycotter Rome. Oui, il y a eu préméditation du boycott. On aura en effet relevé que seul le chef de gouvernement du pays hôte, Silvio Berlusconi, et le Souverain Pontife ont honoré de  leur présence le Sommet de l’organisation  des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Alors, pourquoi ce faux bond ? Est-ce une forme de grève qui ne dit pas son nom contre la gestion de l’organisation internationale ? C’est possible car les critiques se font de plus en plus nombreuses et acerbes, et l’on parle de grands raouts qui traînent en longueur et qui coûtent bonbon, lesquels finalement  ne servent qu’à remplir les poches d’une minorité de fonctionnaires et à leur permettre, à eux, de manger gras. Mais ce faux bond serait inexcusable quand l’on sait le besoin dans lequel se trouve la FAO pour faire face aux conséquences dramatiques de la faim dans le monde, pour infléchir la courbe ascendante de morts dans le monde pour cause de faim : 1 enfant meurt toutes les 06 secondes de faim ou pour cause de malnutrition ! On ne peut manifestement choisir comme signe de désapprobation à l’encontre de l’organisation, une telle solution si dévastatrice ! Le remède serait pire que le mal, et le Pape, reprenant la plaidoirie de ses prédécesseurs Paul VI, Jean-Paul II, a adhéré à cette conviction de « Ecolo » : « Il y a de quoi nourrir l’humanité aujourd’hui et demain mais c’est d’abord une question de droit d’accès aux ressources et d’utilisation rationnelle de celles-ci ». Pour le Saint Père, en effet, le drame de la pauvreté dont la faim est le signe le plus cruel et concret, ne se résume pas dans la croissance de la population, c’est un fait qui s’explique par des motivations idéologiques, la défense d’intérêts et de privilèges.

Alors qu’on se pose des questions grandissantes en raison du manque de justification sur l’absence des chefs d’Etat des grands pays, des conclusions dramatiques s’élaborent ici et là. Et si finalement, les pays riches exprimaient là, leur désespoir par rapport à l’Aide ? Et s’ils voulaient signifier, en raison de l’effet combiné des difficultés croissantes pour tous et de la mal-gouvernance dans les pays pauvres, qu’à l’impossible, ils ne sont plus tenus ?  Ce serait une option déraisonnable, une espèce de coup de folie qui augmenterait l’insécurité car alors, à moins de recourir à l’arme atomique et à d’autres moyens de destruction massive, il ne sera pas possible de contenir ces  vagues de nouveaux «Barbares » qui, pour leur survie, franchiront, comme d’autres parties du grand Nord l’ont fait hier, les murailles de l’Occident.

La perspective semble si funeste qu’il vaudrait mieux attribuer l’attitude des pays riches à de malheureux hasards de calendrier et actionner la diplomatie pour faire oublier ce vide.

C’est vrai qu’on n’a pas senti (c’est peu dire !) une volonté des grandes puissances de déterminer clairement, et le montant et le calendrier, de leur participation et qu’ il peut donc y avoir plus de craintes aujourd’hui que les choses aillent empirant. Mais il ne faut pas s’arrêter d’actionner le sursaut de la conscience universelle, de faire appel à cette famille mondiale dont parle le Pape pour contrer les égoïsmes suicidaires, en trouvant ces 28 milliards de dollars par an qu’il faut à la FAO pour faire face aux besoins. Nous sommes tous embarqués dans le même bateau, et quand le Pape fait appel à la solidarité de la communauté universelle, il n’est pas illuminé par la foi mais bel et bien par la raison.

La Rédaction





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