Mise à jour le 26/07/2009
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San Finna N°525 du 27 Juillet au 02 Août 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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ENCORE UN «CHAPEAU BAS » A MADAME EVA JOLY

Plusieurs fois, nous avons parlé de cette Dame qui a fait trembler la
multinationale EFL ; nous avons parlé de ce qu’elle fait, de ses combats contre la corruption ; nous l’avons citée. Et si nous y revenons aujourd’hui, c’est parce que, décidément, cette femme  est exceptionnelle.  En ce moment, savez-vous sur quoi elle enquête ? Sur la crise financière mondiale et spécifiquement sur cette question : « Comment les banques se sont comportées ? ». Vaste sujet ! Pas de doute qu’elle mettra à nu tous les comportements inadmissibles des banques qui ont amené le « bordel » (ne trouvons pas le mot trop fort !) dans les finances mondiales.

Mme Eva JOLY

En attendant, à l’occasion de l’émission « Café Littéraire » sur France 2 le 12 juin 2009 où elle présentait son livre « Des héros ordinaires », elle révèlera ceci concernant les paradis fiscaux, un de ses « dadas » : « J’avais anticipé qu’il n’en sortirait pas grand-chose ». Pour elle, le problème, ce sont les structures en place qui permettent que ces paradis fiscaux agissent comme ils font.

Cette Dame de fer, puisqu’elle mérite ce nom, expliquera entre autres comment des affaires sales se négocient sur l’Ile de Jersey, ce paradis fiscal tout proche de l’Angleterre. Par exemple, elle dira que les bananes vendues en Europe, qui ne passent pas le moins du monde (physiquement parlant) par Jersey,  voient pourtant les bénéfices de ces ventes mis dans des banques à Jersey, en toute légalité. Pourquoi, nous diriez-vous ? Parce qu’en déclarant les bénéfices dans cette île, les patrons font plus de bénéfices puisque les impôts y sont moins élevés. C’est tout bête !

Mme Joly n’a pas peur de parler ; ça, non ! Elle dira sur un autre plan que le chanteur irlandais Bono, connu dans le monde entier pour son soutien aux pays pauvres, pour sa lutte contre les fraudeurs de toutes sortes, paie pourtant ses impôts aux Pays-Bas où ils sont moins élevés que dans son pays ! Une perte pour son pays qu’Eva Joly ne comprend pas, surtout après tous ces discours du chanteur sur la solidarité. Pour elle, c’est tout simplement honteux. Et pour notre part, nous ne doutons pas que cela puisse choquer les fans du grand Bono, l’homme qui dit aimer les pauvres.

Eva Joly montera encore plus loin dans ses dénonciations en allant jusqu’à l’ancien premier ministre britannique Tony Blair himself, qui aurait bloqué une enquête sur la corruption menée par Mme Helen Garlick, l’ex-responsable britannique de l’enquête sur les faramineux pots-de-vin versés par l’entreprise aérospatiale anglaise BAE ; la fonctionnaire perdra justement son boulot pour avoir voulu fourrer son nez dans des affaires très dérangeantes concernant l’Arabie saoudite, et c’est le journal « The Guardian » qui fit éclater l’affaire au grand jour. La dame de fer dira ceci : « L’Angleterre se couche devant l’exigence de l’Arabie Saoudite ».

Elle dira aussi que la convention OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), censée proscrire tout acte de corruption depuis 1997, est systématiquement contournée via les paradis fiscaux, les comptes offshore ; et ceci, avec la complicité de cette même organisation qui fermerait  les yeux sur bien de dossiers louches. Ainsi, dira-t-elle, le Comité anti-corruption de Paris demandera des explications dans un dossier, sans  résultat. Et Eva Joly de conclure : « J’ai compris que le Pouvoir gagne toujours ; le monde ne change pas par le haut » ! C’est une phrase très puissante, que nous ne devrions pas cesser de méditer par ces temps où les puissants de ce monde (la main sur le cœur, semble-t-il) nous rabattent les oreilles avec les mots de changement, refondation.

L’ancienne magistrate conclura sans sourciller que le pays qui mérite, si l’on peut dire, la palme d’or en Europe de la corruption, c’est la Bulgarie, pays maffieux par excellence.

Sur le plateau de télévision, se trouvait l’auteur d’un article sur les trafiquants d’armes. Mme Joly dira que c’est un trafic des plus juteux, car pour elle, si les commissions sur le pétrole tournent autour de 2,5 %, les commissions sur les armes vont, elles, jusqu’à  40 % !

A quand des Eva Joly en Afrique ?

 

CY





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