BERNARD KOUCHNER A-T-IL BIEN FAIT OU NON DE DECLARER SON SOUTIEN A LA LISTE UMP DE BARNIER AUX ELECTIONS EUROPEENNES ?
Dans une interview au Parisien, Bernard Kouchner avait laissé entendre qu’il attendrait de voir les programmes (entendez par là des partis politiques) pour se déterminer par rapport aux élections européennes. La polémique qui s’en est suivie l’a amené, dans un premier temps, en forme de rectificatif, à préciser ceci : « Je sers la politique étrangère du président de la République que j’estime nécessaire pour la France (…) c’est la conception de l’Europe que j’ai toujours défendue et dont j’espère toujours qu’elle dépassera les clivages nationaux et les logiques partisanes ». Plus explicite, il dira dans un second communiqué : « C’est la conception du gouvernement auquel j’appartiens, celle dont s’inspire le Programme présenté par Michel Barnier aux Français ; c’est naturellement celle que je soutiens aujourd’hui et que je soutiendrai le 07 Juin ». Loin de calmer les choses, ces propos n’ont fait que mettre de l’huile sur le feu. Pour les uns, le « French Doctor » a été conséquent avec lui-même en clarifiant sa position à travers ces différents communiqués. Pour les autres, il n’a fait que confirmer qu’il avait vendu son âme pour maintenir son maroquin. Deux sons de cloche. |
BERNARD KOUCHNER A ETE HONNETE AVEC LUI-MEME ET LES FRANÇAIS
Ceux qui critiquent le ministre des Affaires étrangères français, sous prétexte qu’il s’est empêtré dans des contradictions avant de se déterminer, sous la contrainte, pour la liste UMP, se trompent tout à fait. Il n’y a jamais eu de doute qu’il voterait conséquemment pour la liste UMP. A ceux qui étaient enclins à le croire, le premier Ministre Fillon avait été clair à travers ces mots : « Je suis très heureux qu’il y ait des citoyens en France qui veulent lire les projets des partis politiques avant de se décider pour choisir celui qu’ils soutiennent ». De son côté, Michel Barnier lui-même, qui a précisé avoir transmis son programme électoral au « French Doctor », comme pour l’aider à faire son choix, n’a pas manqué à l’occasion de préciser qu’il savait que ce dernier y retrouverait plutôt « beaucoup d’idées qui sont les siennes ». Bernard Kouchner n’a jamais fait mystère de son adhésion à la politique de Nicolas Sarkozy ; il a toujours dit qu’en défendant sa politique étrangère, il n’avait en aucun cas le sentiment de trahir ses propres convictions. La complicité qui s’est développée entre les deux hommes depuis maintenant deux ans, n’a fait que confirmer ces liens. On a souvent la sensation, à voir comment Sarkozy a le nom de son ministre à la bouche, qu’il peut sentir un vide lorsque Bernard Kouchner est absent. En fait, personne, ni en France ni à l’étranger, ne peut être étonné que le ministre ait mis du « style » pour dire vers qui ira son vote. Il n’y a pas de quoi ironiser ici, ni condamner. Qui connaît Kouchner sait qu’il a fait un peu d’esprit, tenté de faire durer un peu le plaisir, et comme on a pris en mauvaise part ses propos, il a fait dans la franchise à travers deux déclarations. Ce n’est pas plus compliqué que cela.
TOMI
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KOUCHNER S’EST REVELE OPPORTUNISTE A TRAVERS SON REVIREMENT
Il n’y a pas, comme qui dirait, à chercher de Midi à 14 Heures : le ministre des Affaires étrangères français s’est discrédité en acceptant de participer à un gouvernement tout en désavouant les idéaux pour lesquels il a construit sa vie et sa notoriété. Il vient d’en convaincre ceux qui pouvaient encore en douter après sa piteuse prestation au sujet des élections européennes. Sarkozy, en le conviant dans son équipe, n’a pas, à ce qu’on sache, exigé qu’il désavoue sa filiation socialiste en adhérant peu ou prou à l’UMP. Tout au contraire ! La valeur de son entrée au gouvernement résidait aussi dans le fait qu’il soit Socialiste. Il aurait donc pu, tout en menant les missions qui lui sont confiées, éviter d’apparaître comme le faiseur d’images de son mentor et comme un membre à part entière de l’ « Amicale » UMP. Sa collègue Fadela Amara, à ce qu’on sache, n’a pas été sanctionnée, réprimandée pour avoir eu le courage de déclarer qu’elle ne voterait pas pour Nicolas Sarkozy en 2012 mais pour un Socialiste, et en l’occurrence pour François Hollande si celui-ci se présentait. C’est dommage que Bernard Kouchner, face aux réactions qui ont suivi son interview, ait cru devoir se fendre de deux communiqués dans lesquels il se déculotte. Comme l’a dit le Porte-parole du PS pour les Européennes, Harlem Désir, « Le pouvoir a contraint Bernard Kouchner à se déjuger ». En effet, l’hésitation de l’homme montrait bien sa gêne, et c’est ce que le même Harlem Désir avait entrevu en soutenant qu’il se comportait comme « un concessionnaire qui hésiterait à vous accompagner dans la voiture qu’il vous vend ». Le mieux que puisse faire Bernard Kouchner, au point où il est, c’est de rejoindre purement et simplement l’UMP, avec armes et bagages car dans la compromission, il semble faire plus fort qu’Eric Besson !
TOZI |