Mise à jour le 17/05/2009
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San Finna N°515 du 18 au 24 Mai 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

ASSEMBLEE NATIONALE
LE QUESTEUR FAIT-IL MAIN BASSE SUR LE BUDGET ?

 

Ces derniers temps bon nombre de nos lecteurs nous ont interpellés sur notre promesse d’adresser une lettre au Président de l’Assemblée nationale pour obtenir le budget de fonctionnement de l’Assemblée nationale. En effet, à la suite de notre précèdent article sur le refus des services de l’Assemblée nationale de nous donner le budget pour exploitation, nous avions promis
d’écrire au Président  de la dite institution afin de rentrer en possession dudit document. Et une lettre datée du 14 avril 2009 a été adressée au Président de l’Assemblée nationale qui aurait, semble-t-il, donné par écrit des instructions au 1er Questeur le 17 avril dernier. Mais depuis lors, silence radio. Que cherche le Questeur de l’Assemblée nationale ? Quelles ont été les instructions du Président ? Autant de questions qui ont peut-être un début de réponse.

Depuis quelques mois, nous tentons désespérément d’entrer en possession du budget de l’Assemblée nationale. Une démarche infructueuse depuis lors puisqu’aucun service, même pas la Direction des Relations Publiques et de la Communication, n’a pu nous le fournir. Pour quelle raison ? Personne ne semble le savoir. C’est pour cette raison donc que le journal a eu à adresser une correspondance au président de l’institution parlementaire. Le mardi 28 avril dernier, nous sommes allés, puisque las attendre, à l’Assemblée nationale afin d’avoir une explication. On nous fera savoir qu’une réponse nous sera adressée. Deux semaines après, rien à l’horizon et  nous revoilà au Parlement et là au Secrétariat du président, nous apprenons que depuis le 17 avril, instruction aurait été donnée au 1er questeur pour qu’il réponde au journal. Selon certaines indiscrétions que nous avons pu recueillir à l’Assemblée nationale ce mardi 12 mai, le questeur ne nous porterait pas dans son cœur. L’ex-Inspecteur d’Etat voudrait nous voir ‘‘disparaître’’ de l’espace médiatique du Burkina Faso, lui à qui  la démocratie a tout donné. Alors il chercherait à nous distraire. Bref ! Si au secrétariat du Président nous n’avons pas appris grand-chose, en redescendant pour nous rendre à la questure, nous avons faite une rencontre des plus intéressantes. ‘‘On ne vous a pas répondu ? Pourtant le Président a demandé à ce qu’on vous réponde. Il a même laissé des instructions écrites’’, nous confiera une personne bien introduite à l’Assemblée qui requit évidemment  l’anonymat. Face à notre étonnement, la personne lâchera : ‘‘Vous faites dans la ‘provoc’ ou quoi ? Le budget de l’Assemblée est élaboré par le bureau de l’Assemblée et vous pensez qu’on  va vous laisser fouiner là-dedans ? Il y a des députés ici qui ne l’ont même pas.’’

Il est vrai qu’il se murmure qu’au sein de l’Assemblée, les marchés ne font jamais l’objet d’appel d’offres et à peine si l’on sait comment se font les dépenses au sein de la représentation nationale. Il y a des travaux de réfection de bureaux du bâtiment principal en ce moment. On parle d’un marché juteux qui serait passé de « main à main ».  La Cour des Comptes devrait y jeter un œil pour que le contribuable burkinabé puisse savoir ce qu’on fait avec son argent à ce niveau. Maintenant la question que l’on se pose, c’est ce qu’a bien pu dire le Président de l’Assemblée à travers ses instructions écrites. A la lumière du : ‘‘On ne vous a pas répondu ? »,  on peut déduire que les instructions n’étaient peut-être pas mauvaises en soi. Alors, le questeur tente-t-il de cacher quelque chose ou confond-il l’Assemblée nationale à la Douma (chambre haute du parlement Russe) à Moscou ? Nul ne saura nous le dire. Toujours est-il que le 12 mai dernier, sa secrétaire a été formelle : ‘‘Il n’y a pas de réponse pour vous.’’ Ce qui voudrait dire comme on le pressentait que la tentative de mettre en place une structure de lutte contre la corruption dénommé ‘‘Burkinbi’’ n’est sans doute qu’un écran de fumée pour encore endormir les populations. La transparence, ce n’est véritablement pas à l’Assemblée nationale qu’on le trouvera ; en tout cas, jusqu’à présent. Mais c’est un droit pour tout citoyen de savoir ce qu’on fait avec son argent  et c’est pour cette raison que nous allons encore adresser une lettre au Président de l’Assemblée Nationale pour lui rappeler ses devoirs.

Aristide Ouédraogo





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