Mise à jour le 17/05/2009
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San Finna N°515 du 18 au 24 Mai 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

CRISE A L’UNIVERSITE DE OUAGADOUGOU
TECHNIQUEMENT, C’EST LE CHAOS

 

C’est déjà la mi-mai et toujours pas le moindre cours délivré à l’Université de Ouagadougou. Ce qui naturellement est déconcertant puisque aucune vraie proposition de sortie de crise n’est perceptible à l’horizon. Les enseignants, à travers le SYNADEC, sont sur leurs revendications et y tiennent mordicus. Le professeur Magloire Somé, SG du syndicat, a bien dit à notre confrère L’Observateur Paalga: «… nous sommes engagés jusqu’au bout » ; le gouvernement ne veut pas de son côté consentir à régler convenablement le litige. Le constat sur le

L’entrée de la présidence de l’Université de Ouagadougou
terrain est macabre. Sur le visage des enseignants comme des étudiants, la tristesse et l’angoisse se lisent. A quand la reprise des cours ? Quel sort sera réservé aux demandes des enseignants ? Et celui de l’année académique ? C’est bien ces questions qui sont sur toutes les lèvres. Pour être plus concret, nous voulu comparer la situation actuelle avec les exigences du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (C.A.M.E.S).

L’invalidation de l’année académique 2008/2009 est plus que jamais imminente. Jusque-là, on en parle théoriquement sans se rendre compte de la délicatesse de la situation. Techniquement parlant, l’année est menacée. Le volume horaire effectué par certaines UFR est en deçà  des exigences horaires du CAMES. En effet, le CAMES pour valider un diplôme universitaire, exige au minimum 25 semaines de cours .L’université de Ouagadougou a seulement eu à faire sept semaines de cours soit de mi-février au 8 avril.

A l’UFR/SJP (Unité de Formation et de Recherche en Sciences Politiques et Juridiques) par exemple, les statistiques sont mauvaises. De la première année à la troisième année, on totalise un volume horaire de 281 heures soit 26,01%. Le CAMES demande que dans cette UFR, l’enseignement se déroule sur un minimum de 50 semaines  totalisant à titre indicatif 1000 heures à effectuer dans le premier cycle et 900 heures dans le second cycle.

A l’UFR/LAC (Unité de Formation et de Recherche en Langues, Arts et Communication), le directeur adjoint nous dira qu’il est difficile pour lui d’estimer le volume horaire effectué. Mais il nous dira que pour le premier semestre, il faut un enseignement de 800  heures de la première année  au DEA. Avant la crise, il y avait dans cette UFR 5% de cours programmés.    
A l’UFR/ SH (Unité de Formation et de Recherche en Sciences Humaines) où se trouve la racine du SYNADEC, on estime le taux d’exécution à 15% du volume horaire.

Pour les deux dernières UFR,  il est retenu par le CAMES un volume horaire hebdomadaire minimum de 16 heures et un volume horaire hebdomadaire maximum de 26 heures  sur la base d’une année universitaire de 25 semaines.
Ces illustrations montrent qu’il reste beaucoup à faire pour valider l’année académique qui accuse un grand retard. Encore qu’on ne sait toujours pas quand finira  cette crise dont les signes annonciateurs d’une bonne nouvelle tardent à se dessiner.

Au regard donc de cette situation, que peut bien faire le CAMES ? A-t-il le pouvoir de sommer les Etats qui ont les universités en crise de trouver rapidement une solution ?   En effet, le CAMES a pour rôle d’harmoniser et d’accompagner les universités africaines dans l’enseignement supérieur. Son organe de décision est le Conseil Consultatif Général regroupant tous les présidents des universités de l’espace CAMES. Mais le CAMES ne s’ingérant pas dans les affaires internes des universités, il n’a pas donc un pouvoir de coercition sur les universités. Seulement, il ne valide pas les diplômes obtenus dans le non respect des règles. Donc la gestion des crises dans les universités est le fait du pouvoir politique.

Pour le cas de notre université, qui est en proie à de sérieuses difficultés depuis 1999 une réflexion sage s’impose. Elle s’impose d’autant plus que même si on venait au bout de cette crise, on serait en face d’un grand décalage de l’année universitaire. A l’étape actuelle des choses, il est très difficile de penser à une normalisation des années universitaires. Que faut-il alors faire ?

Faut-il invalider l’année pour la reprendre sur de nouvelles  bases dès octobre ? Là encore, les conséquences sont innombrables. Surtout que les séquelles de l’année invalidée en 1999 sont toujours visibles. La seule solution est que cette crise finisse avant fin mai pour permettre de sauver l’essentiel.

On espère que les négociations entamées la semaine dernière accoucheront d’une bonne nouvelle. Et sur ce fait, nous avons voulu tendre notre micro à Magloire Somé, Secrétaire Général du SYNADEC, qui préfère garder le silence pour le moment.
         

 

Issouf Sidibé
Swonty Koné






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