San
Finna N°515 du
18 au 24 Mai 2009 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité
de refus"
TENSIONS DANS LES RELATIONS FRANCO-AMERICAINES
Derrières les sourires, les accolades et les protestations d'amitié lors du G 20, les différends entre la Maison Blanche et l'Elysée s'accumulent. Il y a aussi des points d'entente. Explications.
Il y a d'abord eu la Turquie lorsque Barack Obama a exprimé son souhait de voir Ankara rejoindre l'Europe et lorsque Nicolas Sarkozy lui a répondu vertement que c'était aux Européens de trancher la question, et non aux Américains. Il y a eu l'Afghanistan. Ensuite, quand le président français a refusé d'envoyer les 2000 soldats supplémentaires que la Maison Blanche lui avait officieusement demandés. Et il y a maintenant la question du nucléaire militaire.
Barack Obama et Nicolas Sarkozy
Le président français voit d'un mauvais œil la nouvelle posture populaire adoptée par le président américain et son idée de tout mettre en œuvre pour diminuer l'arsenal nucléaire des puissances mondiales. De passage à Paris, le 20 avril dernier, un proche de la Maison-Blanche, Richard Danzig a d'ailleurs assuré que Barack Obama jouerait de son influence internationale pour contraindre les puissances nucléaires à diminuer l'éventail de leur arsenal. A l'Elysée, on n’apprécie guère. Tout comme on n'a guère apprécié les priorités du président américain, qui a attendu le déroulement du G 20 pour fouler
pour la première fois depuis son élection, le territoire français.
Reste que Claude Guéant, le Secrétaire général de l'Elysée, a jugé les relations entre les deux présidents « tout à fait excellentes, très productives », et que pour cela il y avait un « souci d'une conversation plus longue, d'une visite bilatérale plus ambitieuse avec la France ». Visite qui aura lieu le 6 juin prochain, à l'occasion de la commémoration du débarquement de Normandie, en 1944, lorsque les Américains vinrent prêter main forte à la résistance française, face à l'Allemagne nazie.
Barack Obama s'est déclaré « enthousiasmé » par le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN. Et la page des désaccords sur l'Irak est tournée, depuis que la France cherche à reprendre pied dans un pays où sa présence économique était jadis importante. Les relations franco-américaines sont en cours de reconstruction.