Mise à jour le 19/04/2009
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San Finna N°512 du 27 Avril au 03 Mai 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

TRAFIC ROUTIER
LA QUESTION DE LA CHARGE A L’ESSIEU SUR LA TABLE

C’est connu, le Burkina Faso est enclavé et sa situation géographique au cœur de l’Afrique de l’Ouest fait aussi qu’il est sollicité de façon fréquente quant au trafic routier. Alors pour préserver les infrastructures routières de l’espace Monétaire Ouest Africain (UEMOA), une réglementation avait été mise en place en décembre 2005. Mais depuis lors, les principaux corridors de transit empruntés par les véhicules poids lourd sont toujours chargés à plus de 50%. Pour permettre de sauvegarder et de défendre l’intégrité des infrastructures routières de l’espace UEMOA, un atelier sous régional a été organisé à Ouagadougou les 21-22 et 23 avril derniers sous l’égide de l’Union Européenne et de la CEDEAO.

Seydou KABORE
Ministre des infrastructures
et du désenclavement,  au milieu

Des experts venant de toute la sous région se sont penché sur la question et ont trouvé des solutions consensuelles qui vont permettre à la conférence des ministres de tutelle de la sous région de mettre en place des actions spécifiques coordonnées et surtout simultanées impliquant tous les pays concernés :

les pays côtiers où l’essentiel de la marchandise est chargée, les pays de transit comme le Burkina Faso et les pays de destination finale comme le Niger et le Mali. Le souci aussi était de promouvoir la concertation des acteurs étatiques, incluant les forces de l’ordre et de sécurité, la douane,

les collectivités locales, les parties ayant un intérêt financier à défendre…

Dans son discours M. Amos Tincani, Ambassadeur, chef de la délégation de la Commission Européenne au Burkina Faso, dépeindra une situation chaotique de nos routes. S’appuyant sur une étude menée en 2008, Monsieur Amos dira que ‘‘l’étude réalisée au Burkina Faso a montré que le phénomène de surcharge s’est généralisé. Les camions semi-remorque qui montent des ports vers les pays de l’intérieur sont en moyenne en surcharge de 27 tonnes. Cette problématique de surcharge s’aggrave d’année en année’’. Tout en exhortant les experts, à l’ouverture des travaux, à trouver des solutions par la voie concertée, il prévient tout de même : ‘‘la situation actuelle est intenable vis-à-vis de nos institutions de contrôle et de nos contribuables. Les bailleurs ne peuvent plus continuer sur la voie d’hier. Il faut changer de comportement et changer les résultats…Nous avons besoin d’une perspective claire de changement en vue’’.

Le ministre des Infrastructures et du Désenclavement Mr Seydou Kaboré, avant de déclarer ouvert l’atelier régional consacré à la charge à l’essieu, n’a pas manqué d’attirer l’attention des experts sur les enjeux de cette concentration : ‘‘La tenue de cet atelier constitue à mes yeux une rare opportunité… Il est donc naturel, que soient attendues, des experts que vous êtes, des résolutions et décisions concrètes qui vont concourir à alléger rapidement le fardeau qu’est pour nos infrastructures, leur fréquentation par les véhicules poids lourd surchargés’’.

Une telle rencontre, même si elle est tardive, doit être félicitée quand on connaît l’état actuel de nos routes et les accidents que cela occasionne. Mais il faudrait aussi réagir en mettant en place une politique communautaire et volontariste non seulement des  infrastructures routières mais de celles ferroviaires. Cela amoindrirait les coûts de transport de certaines marchandises tel le carburant, le ciment, les voitures et les pièces de recharge, etc.

 

Aristide Ouédraogo






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