Mise à jour le 26/04/2009
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San Finna N°512 du 27 Avril au 03 Mai 2009
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus
mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

  

Au courant de la plume

QUESTIONNEMENTS AUTOUR D’UN ARTICLE D’UN JOURNALISTE FRANÇAIS :
« CRISE ALIMENTAIRE : LES ESSAIS DESESPERES DU BURKINA POUR LUTTER CONTRE LA FAIM »

 

L’organe de presse MEDIAPART, vient de publier un article fort remarquable de Mr Ludovic Lamant sur la situation 

alimentaire chez nous. Sans passion, sans verser dans les critiques acerbes ou dans le dithyrambique, le journaliste (qui était sur le terrain) brosse la situation telle qu’il l’a vue. La conclusion est que les choses ne vont pas bien. Retour sur le commentaire du journaliste français avec quelques commentaires et interrogations.

C’est dans l’ouest du pays que Mr Ludovic Lamant a déposé ses pénates pour quelque temps afin d’y toucher du doigt la réalité du pays suite aux émeutes de la faim de l’an passé. Pour lui, la capitale économique ne s’est toujours pas remise desdites émeutes et il signale au passage que sur son parcours, il a pu voir un feu de circulation toujours pas  remplacé mais que surtout


« la frustration des classes moyennes, qui avaient réclamé par milliers l’an dernier la fin de la ‘vie chère’, ne s’est pas apaisée ».

Les raisons de cet énervement (pour ne pas dire plus), il les voit dans  « la vague de licenciements » suite aux privatisations des années 90, l’ « essor économique de Ouagadougou  aux dépens de la province dans les années 2000 » et dans «l’effondrement de l’activité économique pendant la crise ivoirienne ».  Mais aujourd’hui, notre journaliste constate que la vie chère reste « la principale préoccupation ».  Et il parle de ce prix du riz qui a grimpé de 40 % en 12 mois, de ces cas de malnutrition qui se sont multipliés dans tout le pays, et de ces prix qui continuent de monter.

Mr Lamant en a vu et entendu : ainsi, on lui apprendra que les producteurs ont vendu rapidement quantité de leurs récoltes pour rembourser leurs dettes et nourrir leurs familles, ce qui fait que certains n’ont déjà plus rien. Il constatera de visu que si les « autorités n’ont pas ménagé leurs efforts face à la crise », les effets sont bien minces. Pour preuve, l’augmentation des salaires a été si modeste que ça n’a pas permis aux gens d’être plus à l’aise, les boutiques témoin sont difficiles à trouver, la filière coton est au plus mal et le nouveau credo de la production de riz  tout azimut n’a pas donné les résultats escomptés. Si la production a augmenté grâce aux efforts du gouvernement, les producteurs qui devaient revendre une grande partie à l’Etat, ont préféré la vendre à l’extérieur. Conclusion du journaliste : « Pour le consommateur lambda, le bénéfice de l’opération est donc, au mieux, proche de zéro ».

Quant à ce riz Nérica miraculeux, qu’on vante quasiment dans le monde entier, le journaliste constatera que « Les Chinois ont déguerpi », ceci « faute de résultats probants ». On confiera à Mr Lamant que les techniciens taïwanais « étaient découragés »  et qu’ils accusaient les producteurs burkinabé « de ne pas travailler assez ».
Pour finir, notre journaliste d’investigation économique dira que le projet-phare de Samandeni connaît des problèmes car « la rumeur veut que des pays arabes, qui s’étaient engagés dans le financement du projet, se sont retirés in extremis ». Si le journaliste a été impressionné par la maquette du projet qui trône au ministère de l’Agriculture, voici sa conclusion sur place : « Difficile d’imaginer la faisabilité du projet, vu la minceur du filet d’eau en pleine saison sèche… ».

Et pour finir, Mr Lamant a pu constater que les Chinois s’approvisionne, via le Mali, en sésame et cajou, à des « tarifs préférentiels », supputant que « la grande majorité des consommateurs burkinabé ignore tout de ces transactions juteuses ».

A ce stade, on peut interpeller nos autorités pour qu’elles s’expliquent : où en est-on de Samandéni exactement ? Est-ce vrai que des bailleurs de fonds se sont retirés ? Si oui, pourquoi ? Le projet est-il viable ? Quid de cette exploitation indécente de  sésame et de cajou ? Le riz miraculeux Nérica est-il si miraculeux que cela ? Où en est-on de l’achat du riz local avec les producteurs ?

 


La Rédaction





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