*
L’Ambassade
de Cuba au Burkina Faso (et sans doute les autres Ambassades
du pays des Castro) enverraient aux partis politiques,
des lettres très personnalisées pour transmettre
des discours et autres documents et avec des formules
de politesse qui ne peuvent que toucher les personnes
qui les lisent. Si c’est le cas, c’est pas
mal joué car du coup, les partis qui n’avaient
pas forcément l’habitude de s’intéresser
aux questions abordées, risquent de le faire
maintenant, ne serait-ce que par la teneur de ces mots
avenants. Serait-ce la nouvelle formule « Raul
Castro » ? Il faut croire !
* Justement,
sur Cuba, même s’il y a encore beaucoup
de choses qui ne vont pas, on note une évolution
positive car des condamnés à mort ont
vu tout récemment leurs peines commuer en peines
de détention à perpétuité
ou à plusieurs années. C’est déjà
un premier pas ! Espérons que le régime
verra avec mansuétude le cas de ces Dames en
blanc qui sollicitent depuis tant de temps la libération
de leurs maris, fils, frères… opposants
! C’est tout de même pas la mer à
boire ! Et Raul Castro sortirait vraiment grandi s’il
le faisait.
* La Poste centrale
de Ouagadougou avance avec son temps : des travaux de
modernisation des bureaux et d’embellissement
à l’extérieur lui donnent un tout
nouveau cachet : elle est devenue un petit bijou dans
sa partie centrale tant à l’entrée
avec ces magnifiques masques qu’à l’intérieur
avec ces bureaux nickels et fonctionnels qui permettront
aux clients mais surtout aux employés, de bien
s’y sentir. Mais il faudrait penser, quand la
galère des Burkinabé sera derrière
eux, à arranger aussi, même petit à
petit, le reste car l’ensemble fait bien dépareillé
!
*
On se souvient
que Blaise Compaoré avait dit, lors de sa conférence
de presse de septembre 2007 à son Palais de Kossyam,
qu’on ne pouvait pas augmenter les salaires qui
grevaient lourdement le budget. La question avait été
la suivante : « Face au pouvoir d’achat
des Burkinabè, qui est bas, certains syndicats
suggèrent que le salaire soit doublé.
Que pensez-vous de tout cela ? ». Réponse
: «Rien du tout. Si avec une recette de 200
milliards, la moitié est utilisée pour
les salaires du personnel de l’Etat et que vous
voulez doubler, c’est de la folie».
Réponse pour le moins sibylline mais qui semblait
bien confirmer que la moitié des recettes était
utilisée pour le paiement des fonctionnaires,
sous entendu «Ah ces vilains qui grèvent
ainsi le budget » ! Or, à l’occasion
de la conférence donnée au Centre de Presse
Norbert Zongo à l’occasion de la Journée
internationale de la liberté de la Presse, le
Professeur Claude Wetta a fait état de ce que
« Avant 1991, l’Etat consacrait 64 %
de ses ressources aux salaires des fonctionnaires. Aujourd’hui,
c’est 37 % des ressources qui vont dans les salaires
des fonctionnaires ». Ce serait donc bien
moins que la moitié dont parlait le numéro
un burkinabé ! Alors, qui faut-il croire ?
* Extraits édifiants
d’un article sur la drogue au Burkina Faso lu
sur le site d’ AgoraVox, sous le titre «
Le Burkina Faso, plaque tournante de la drogue »
:«
On fume des joints à moins de cinquante mètres
de nos commissariats. Aux alentours des salles de cinéma
(tampouy, wemtenga) des repris de justices vendent ces
drogues et ces médicaments de la rue. N’importe
quel nouveau venu du village fait de ce commerce -terme
non adapté- sa première activité.
La lutte anti-drogue au Faso ressemble fort à
une plaisanterie malsaine qui ferrait rire si on ne
pensait pas aux nombreuses victimes. C’est pourquoi,
on est enclin à ne voir que connivence et à
douter de la volonté des autorités d’enrayer
ce mal. La société elle même reste
inconsciemment latente face à ce défi.
Déjà en 1990, une enquête du Dr
Christan Brule révélait qu’au Burkina,
sur 37 élèves de la classe de 5ème
(12 à 14 ans), 27 enfants avaient déjà
fait l’expérience de la drogue et 90 enfants
de la rue sur 100 absorbaient des amphétamines
ou inhalaient de la colle ». Ah, on peut
dire que ça nous en bouche un coin mais quelquefois,
c’est nécessaire pour le sursaut. Espérons
qu’il sera au rendez-vous !
* Le conseiller
de Nicolas Sarkozy, Claude Guéant, a dit sur
RFI le mardi 6 mai 2008, pour justifier le changement
de Jean-Marie Bockel que « ses déclarations
ont suscité de l’émotion en Afrique
». Mais il faut bien se comprendre : de quelle
émotion s’agit-il ? De celle négative
de quelques capitales bien connues ou de l’émotion
positive des millions d’Africains et notamment
de jeunes, qui ont vu une promesse de retour à
la ligne anti françafrique de Cotonou ? C’est
là toute la question. Le même Claude Guéant
déclare qu’à son avis, le problème
pour la diplomatie française, c’est d’augmenter
le nombre de ses amis et pas de les amoindrir. Là
encore, l’appréciation dépend du
plan plan dans lequel on se place : amis dictateurs
ou amis des peuples ? Mais on sait de quel côté
le conseiller en chef se situe ! Il préfère,
contrairement à ce que quelqu’un a dit,
faire 1000 pas avec des dictateurs qu’1 pas avec
un peuple d’Afrique !
* En ce moment
chez nous, le barrage de Mogtedo connaît un assèchement
total de son plan d’eau d’irrigation. Une
des conséquences est que sur la plaine rizicole
de Mogtédo où on espérait près
de 332 tonnes de production, il a été
enregistré 85% de pertes ; sans compter les pertes
pour tous les maraîchers ! Le premier Ministre
réussira-t-il son pari de faire passer la production
annuelle de riz qu’il dit de plus de 120.000 tonnes,
à près de 250.000 tonnes ? Dur, dur !
Il faut en tout cas lutter le plus rapidement possible
contre l’ensablement du barrage de Mogtedo !
* Qu’attendent
les Kadhafi et autres patrons de pays exportateurs de
pétrole pour faire des dons de carburant aux
pays pauvres, ou à tout le moins des ristournes
conséquentes ? Ils s’en mettent plein les
poches, actuellement : alors, c’est le moment
pour eux d’aider les autres qui sont dans le malheur,
surtout si comme le Guide, on prétend aimer l’Afrique
jusqu’à vouloir même les Etats-Unis
d’Afrique !
* Il semble qu’à
peine rentré au Faso, Blaise Compaoré
doive effectuer un nouveau déplacement en Asie
qui doit durer jusqu’à la fin du mois.
Quelles sont les raisons de ce périple ?
* La nouvelle
n’a pas fait grand bruit (et on peut le comprendre
: il ne faut pas que les bonnes choses se sachent au
risque d’entraîner des énervements
voire plus) mais on apprend par une dépêche
qu’au Niger, pour faire face à la flambée
des prix, les agents de la fonction publique ont bénéficié
d’une augmentation allant de 12.500 à 32.000
FCFA sur leurs indemnités salariales !
* A priori, l’hypocrisie
ne semble pas être le fort de Ban Ki Moon. C’est
peut-être aussi ça qui fera sa différence
en tant que Secrétaire général
(SG) des Nations Unies avec les anciens SG. Tenez, au
sujet des relations difficiles avec les autorités
de Birmanie, il n’a pas fait dans la langue de
bois, dans le « diplomatiquement correct ».
Face aux difficultés d’entrer en contact
avec le président birman Than Shwe, ses prédécesseurs
auraient fait dans le nébuleux ou même
auraient évité d’en parler mais
lui, il décide d’en parler comme il le
ferait à un ami ou à son épouse,
avec un naturel et une sincérité renversante
: « J’ai essayé plusieurs fois
de l’appeler au téléphone aujourd’hui.
En vain ! Comme c’était impossible, je
me suis résolus à lui envoyer une lettre
». Ca a l’avantage de ne plus prendre
les citoyens du monde pour des imbéciles, de
leur faire voir les choses telles qu’elles sont
mais surtout, de renvoyer bien de puissants de ce monde
à leur hypocrisie et à leurs responsabilités
!
* Après
Bobo-Dioulasso, les refondateurs étaient à
Kombissiri le week-end écoulé. Ils devraient
continuer en début de semaine sur Koudougou,
Ouahigouya...
* L’opposant
le plus célèbre de Russie, Garry Kasparov,
l’ex-champion du monde d’échecs,
a osé créer un Parlement alternatif au
pays de Staline et malgré un Poutine hyper puissant.
Ce parlement alternatif réunit des opposants
de tout bord y compris les défenseurs des droits
de l'Homme. Ils ont « juré de ne pas
ménager leurs forces et leur vie pour rétablir
en Russie la souveraineté et le pouvoir du peuple
» ! Idée qui a déjà
été prospectée au Burkina Faso
par l’UNDD.
* La virée de Blaise Compaoré
en Israël aurait déplu à certains
de ses amis et en particulier à ce qu’on
dit, à Kadhafi qui, après avoir convaincu,
paraît-il, Faure Eyadema, de ne pas faire le voyage,
aurait échoué à persuader le chef
de l’Etat burkinabé d’en faire de
même. L’émissaire venu à cet
effet serait reparti bredouille.
•
On se serait attendu, suite à
la décision du Comité des droits de l’homme
des Nations Unies au sujet du dossier Thomas Sankara,
assimilée par beaucoup comme un enterrement en
grande pompe, à ce que le ban et l’arrière
ban des Hoirs, des amis et sympathisants de Thomas Sankara
se mobilisent comme jamais, ici et ailleurs, pour dénoncer
l’imposture. Sauf erreur ou omission, on ne sent
pas venir cette réaction. Plus grave, une certaine
polémique semble naître entre ceux qui
estiment que toutes les voies juridiques ne sont pas
fermées (Me Dieudonné Nkounkou, avocat
de la famille Sankara a estiqué sur le site d’un
confrère que « cette affaire est loin
d’être terminée », qu’on
peut saisir à nouveau l’ONU, qu’une
procédure est toujours en cours auprès
de la Cour Suprême, qu’il y a possibilité
de déposer une autre plainte par exemple pour
séquestration…) et ceux qui s’en
remettent dorénavant aux politiques pour sauver
le dossier. Si on sentait un dispositif fiable et crédible
pour forcer cette décision politique, on se dirait
que rien n’est perdu mais la configuration politique
est telle, les préoccupations nationales si sollicitées
par la crise qu’on se demande si l’on ne
court pas tout doucement vers une seconde mort de l’illustre
disparu !
• Emmanuel
Zoma, ancien ministre sous Sangoulé Lamizana,
ancien député sous la IIIème République,
ancien Maire de la ville de Koudougou, est décédé
le vendredi 16 mai 2008. L’enterrement a lieu
le lundi 19 mai dans la matinée à Koudougou.
Condoléances à la famille éplorée.
* Chez nous, le
congrès du CDP annoncé pour le mois de
juin, serait reporté aux 26 et 27 juillet 2008.
* Toujours chez
nous, les populations de Dano et Kopère seraient
plus que mécontentes sur la façon dont
les travaux du bitumage de la route Dano/Kopère
ont été effectués.
Pourtant, l’entreprise aurait empoché un
gros pactole avant de prendre, à ce qu’on
dit, la clef des champs. Décidément, il
semble que le problème des routes mal faites
n’est pas près de finir au Faso ! Le premier
Ministre va-t-il prendre des sanctions à plusieurs
niveaux, si c’est confirmé ? Nous verrons
bien !
* Enfin, réformes
gouvernementales, revendications syndicales ou climat
de refondation aidant, il semble que les jours qui viennent
risquent de voir le pouvoir montrer beaucoup plus de
muscles et d’investigations à l’encontre
de certaines brebis galeuses qui, sous son ombre, ont
commis beaucoup de torts à la bonne gouvernance.