San
Finna N°460 du
21 au 27 Avril 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
MARCHE
MEETING DU 1ER MAI
UN RITUEL EN ATTENDANT LA VIREE PROMISE SUR KOSSYAM
Pour
dire vrai, ils n’étaient pas quantité
négligeable ce jeudi 1er mai à arpenter
les artères de la ville pour commémorer
le 1er mai 1889 et aller remettre leur cahier de doléances
au Ministre du travail et de la sécurité
sociale. Plusieurs observateurs et participants ont relevé
qu’ils auraient pu être plus nombreux.
Tout au long de la marche, les explications sur ce sujet
n’ont pas manqué. Tour à tour, on
a évoqué l’action dissuasive du soleil,
les contributions aux vivres mal dispatchées et
d’autres petits problèmes de prestation médiatique.
Mais lorsque le cortège s’est ébranlé
aux environs de 09 heures, l’honneur était
sauf, les cœurs plutôt hauts surtout qu’on
avait annoncé que, pour la prochaine marche en
cas de non-acceptation des revendications syndicales,
on sortirait du train-train habituel en allant dire un
petit mot au locataire de Kossyam.
A la vérité, c’est cette annonce qui
aura le plus entretenu la conversation pendant qu’on
battait le macadam sous un soleil de plomb.
Après
avoir pris la direction au Rond Point des Cinéastes
et exécuté un petit détour
vers la Caisse nationale de sécurité
sociale, on s’est retrouvé
Le
ministre Jérôme Bougouma avec son staff,
à l’ombre, attendant les marcheurs
devant la délégation gouvernementale.
S’il y en avait qui espéraient voir
au nombre des accueillants, Blaise Compaoré
comme on a vu Faure Eyadema le faire au Togo en
assistant à la lecture du Cahier de doléances,
eh bien, ils en auront été pour leur
déception. Ils auront eu droit au Ministre
Jérôme Bougouma et à ses collaborateurs,
bien confortablement assis sur la terrasse du bâtiment.
Une fois à l’entrée, les leaders des
syndicats ont remis au ministre un cahier de doléances.
Dans un speech super bref, il promettra de rendre fidèlement
compte à qui de droit.
Le parcours repris et direction fut prise vers le rond-point
des nations unies. Là, une petite discussion eu
lieu entre les leaders syndicaux et les forces de l’ordre.
Les seconds refusaient le droit aux premiers de contourner
le rond-point pour aller vers le nord. Mais après,
la tolérance fut de mise et les marcheurs purent,
comme on dit, continuer leur route. Plus rien d’extraordinaire
jusqu’à leur retour à la bourse du
travail où tour à tour les chefs de syndicats
prendront la parole pour donner leurs appréciations
sur les différentes actions entreprises contre
la vie chère et le relèvement du niveau
de vie des travailleurs. Se sont succédés
à la tribune, les sieurs Tolé Sagnon, Laurent
Ouédraogo, Joseph Tiendrébéogo, El
Hadj Mamadou Nama et Etienne Ilboudo. Plus loquace, El
Hadj Nama a émerveillé le public qui l’a
longuement applaudit. Il a fustigé les «
partis politiques en perte de vitesse qui essaient d’infiltrer
le mouvement syndical » et promet de les chasser
sans complaisance. Là-dessus, beaucoup d’anges
ont volé au-dessus des têtes pendant qu’on
cherchait à identifier les partis qui grenouillaient
à l’intérieur du milieu syndical pour
tirer leurs marrons du feu.
Et puis, comme ses camarades, il a fait comprendre que
si le relèvement des salaires ne se faisait pas,
la prochaine marche se dirigera vers le palais présidentiel
de Kossyam.
Le message du 1er Mai quand à lui a été
lu par Mr Mathias Liliou président du mois des
centrales syndicales. Un message qui rappelle les grands
moments de la lutte des ouvriers américains en
1889 qui leur ont permis de bénéficier pour
tous de 08 heures journalier de travail et plus de liberté.
Dans ce message, hommage fut aussi rendu « aux camarades
militants et responsables qui ont quitté le mouvement
syndical depuis le 1er Mai de l’an dernier, les
armes à la main ». Dans ce même esprit,
une pensée pour « les camarades du continent
et d’ailleurs, notamment ces 55 morts brûlés
dans une fabrique de matelas au Maroc le samedi 26 avril
dernier ».
Le message épluche par la suite la situation qui
prévaut dans le monde au triple plan économique,
social et culturel. De l’analyse, les syndicats
observent que sous l’emprise de l’impérialisme,
la situation en Afrique est particulièrement marquée
par une crise multidimensionnelle : une crise politique,
une crise économique et sociale et une crise éthique.
La situation au niveau national à été
bien évidemment auscultée. Faisant le rappel
des actions entreprises depuis 2002 contre la vie chère,
les syndicats constatent que rien a changé sinon
au pire, du fait de la quasi indifférence du pouvoir
face aux revendications. Par conséquent les syndicats
soumettent à nouveau une plate forme minimale en
six points (lire encadré) au gouvernement. Ils
prévoient aussi une marche meeting les 13,14 et
15 mai prochains. Serait-ce réellement l’occasion
d’une virée vers Kosyam ? Qui vivra, verra
mais pour faire le plein, peut-être faudrait-il
penser à étoffer la plateforme de revendications
beaucoup plus globales, faire du mouvement le véritable
mouvement populaire qu’il devrait être !
Les six points de la Plate-forme minimale
1. Le relèvement des salaires et pensions des agents
des secteurs public parapublic et privé sans distinction,
au taux de 25% pour compter de janvier 2001 ;
2. La réduction significative et effective des
prix et contrôle des prix et de la qualité
des produits de 1ère nécessité ;
riz, mil, maïs, haricot, huile, sel, sucre, lait,
etc.
3. La réduction des taxes sur les produits pétroliers,
de l’IUTS, des taxes qui frappent les petits commerçants,
les artisans, les prestataires de services et de la suppression
de la TVA sur les prêts bancaires ;
4. Le relèvement des premières tranches
de l’ONEA et de la SONABEL respectivement à
10m3 et à 75 KWH ;
L’application immédiate des points d’accord
issus des négociations Gouvernement/Syndicats de
novembre 2007 ;
6. L’examen diligent de la plate forme d’action
de la coalition nationale contre la vie chère.