Mise à jour le 04/05/2008
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San Finna N°460 du 21 au 27 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

FALLAIT-IL OU NON SUBDIVISER OUAGADOUGOU
EN 10 ARRONDISSEMENTS ?

Le ministre Clément Sawadogo de l'Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD), par lettre datée du 18 mars 2008, a saisi le maire de la commune de Ouagadougou Simon Compaoré de ses inquiétudes par rapport aux problèmes que pose l’évolution de la population de la capitale. Il fallait agir face à la complexification des difficultés qui en résultait. Il est donc apparu la nécessité de revoir le découpage de la commune de Ouagadougou en des entités qui puissent permettre aux maires et aux conseillers municipaux d'offrir des prestations de meilleure qualité aux populations. Mais si certains se réjouissent de ce que cette augmentation en nombre des arrondissements de la ville va décongestionner et beaucoup aider les citoyens, il y en a d’autres qui pensent que ce ne sont là que de pures manoeuvres politiques et pour se faire de gros sous sur le dos des citoyens.

YOUPI POUR LES POPULATIONS !

Nul n’est besoin d’être un géographe ou un urbaniste attitré pour se rendre compte que Ouagadougou se développe à vue d’œil et qu’il n’en découle pas que des seuls problèmes de circulation. Il y a aussi des difficultés à faire face aux obligations communales. Le besoin de réformes s’impose et on sait que la réforme ne roule jamais comme une balle sur une table de billard. Simon Compaoré est bien placé pour en savoir quelque chose : « Quand on veut travailler, on ne se fait pas remorquer sur des considérations du genre, avons-nous les moyens. Si tel était le cas, telle que la ville de Ouagadougou est, elle ne le serait pas de nos jours. Nous avons vu la physionomie de la ville en 1985. C’est parce que nous avons osé déplacer les anciennes bornes. Quand on est un gestionnaire, il faut prendre son courage à deux mains, parce que pour changer, c’est difficile, mais pour rester dans le statu quo, il n’y a rien de plus facile. Si vous êtes responsable et que vous vous plaisez dans le statu quo, c’est l’histoire même qui vous condamnera ». On se souvient de cette fameuse phrase lâchée par le maire central dans le Sidwaya du vendredi 11 avril 2008. On pourrait traduire cela par les mots bien connus « qui n’avance pas, recule » ou « pour vaincre, il faut savoir oser » ! La proposition sortie de ses cogitations et de celles de son staff est la suivante : un arrondissement, pour être gérable, doit avoir une population allant de 50 000 à 150 000 habitants. Et comme on estime la population de Ouagadougou de nos jours, à près 1,5 million, si on prend 150.000 par arrondissement, cela fait 10 arrondissements. Mais si on se réfère à la borne inférieure, nous pouvons avoir plus d'arrondissements à Ouagadougou. Cela va bien sûr permettre aux administrés d’être à coté de l’administration et c’est aussi l’avis de monsieur Guiguendé Oumar Président du PAREN : «Je suis catégorique. L’administré doit être proche de l’administration. Et c’est aussi tant mieux pour les partis de faible envergure. La nouvelle subdivision de la capitale va permettre à tous les partis politiques de se retrouver dans une arène réduite. Alors nous pourrions nous battre sérieusement pour le bonheur de nos populations à la base. A priori je ne suis pas contre parce que ce sera une bonne chose ». Comme quoi, les grincheux, tous ceux qui critiquent la décision, ne verraient que le diable partout. Qu’ils aillent donc se rhabiller. Et Youpi pour cette réforme qui va changer la vie des populations qui suent sang et eau à longueur de journée pour tel ou tel acte d’état-civil à obtenir !



TOMI.

HARO SUR CETTE SUBDIVISION

Le plan aménagement de Ouagadougou nécessite qu’une étude globale soit diligentée afin de ne pas se retrouver de nouveau avec un découpage à courte vue, lacuneux. Outre les aspects socio économiques et politiques, il y a aussi par exemple à prendre en considération les aspects culturels, environnementaux pour que l’aménagement de la ville de Ouagadougou tienne la route. Les frontières de la capitale ont tellement reculé que le Ouagalais lui-même a du mal à en définir véritablement de nos jours les contours et il y a ces espaces que des gens fortunés occupent et bornent à tour de bras sans contrôle approprié. 1983 est loin derrière nous mais il faut reconnaître qu’à l’époque, les révolutionnaires avaient eu une vision plus vaste de ce que la ville pouvait être en 2000. Au moment où ils découpaient la capitale en 30 secteurs, les nostalgiques qui ne parvenaient pas à se défaire du découpage en quartiers, avaient la larme à l’œil. Et même si par ailleurs les révolutionnaires ont dû faire avec des zones inhabitées voire même marécageuses, ils n’ont pas manqué d’anticipation ; leur fameux découpage en 30 secteurs nous aura bien accompagné dans le deuxième millénaire. C’est précisément ce manque de perspectives aujourd’hui qui ne plaît pas à El Hadj Mamadou Kabré, sankariste bon teint, qui affirme que le projet « est un faux truc dans la mesure où il n’obéit à aucun critère. Ils se sont partagés les terrains dans les villages. Quels plans d’aménagement auraient les arrondissements qui vont hériter de ces villages ? Prenons par exemple les habitants qui sont sur la route de Pô. Il y a plus de châteaux d’eaux à construire, le barrage est ensablé et les questions d’ouvrages vont poser un vrai problème. Il aurait fallu que l’on laisse les CVD asseoir leurs plans de développements ou leurs orientations avant de poser les bases de ces aménagements. Il y a beaucoup de questions que l’on se pose quand on regarde comment les secteurs périphériques regorgent de nombre de citoyens. Ces secteurs sont en réalité des banlieues-dortoirs sans véritablement de pôles de développement. Il fallait aussi que l’on aborde la question de l’environnement». Si presque tout a été dit par Kabré, il n’en demeure pas moins qu’il en est aussi à penser que ce découpage aurait d’autres visées : permettre à des politiciens véreux, toujours les mêmes, de se remplir les poches en refilant les secteurs à problèmes aux partis de l’opposition qui auront alors tous les soucis du monde à gérer les 1000 et 1 histoires de lotissement. Il est donc nécessaire d’ouvrir le débat afin de ne pas voir Ouagadougou tomber dans la pagaille et le désordre parce que les populations ne s’y retrouveraient plus.



TOZI.

Citation de la semaine

«Il doit y avoir de la rationalisation au niveau des Etats. Les ressources sont limitées et nous devons mettre en commun les moyens .»

Tertius Zongo






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