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YOUPI POUR LES POPULATIONS !
Nul
n’est besoin d’être un géographe
ou un urbaniste attitré pour se rendre compte
que Ouagadougou se développe à vue
d’œil et qu’il n’en découle
pas que des seuls problèmes de circulation.
Il y a aussi des difficultés à faire
face aux obligations communales. Le besoin de réformes
s’impose et on sait que la réforme
ne roule jamais comme une balle sur une table de
billard. Simon Compaoré est bien placé
pour en savoir quelque chose : « Quand on
veut travailler, on ne se fait pas remorquer sur
des considérations du genre, avons-nous les
moyens. Si tel était le cas, telle que la
ville de Ouagadougou est, elle ne le serait pas
de nos jours. Nous avons vu la physionomie de la
ville en 1985. C’est parce que nous avons
osé déplacer les anciennes bornes.
Quand on est un gestionnaire, il faut prendre son
courage à deux mains, parce que pour changer,
c’est difficile, mais pour rester dans le
statu quo, il n’y a rien de plus facile. Si
vous êtes responsable et que vous vous plaisez
dans le statu quo, c’est l’histoire
même qui vous condamnera ». On se souvient
de cette fameuse phrase lâchée par
le maire central dans le Sidwaya du vendredi 11
avril 2008. On pourrait traduire cela par les mots
bien connus « qui n’avance pas, recule
» ou « pour vaincre, il faut savoir
oser » ! La proposition sortie de ses cogitations
et de celles de son staff est la suivante : un arrondissement,
pour être gérable, doit avoir une population
allant de 50 000 à 150 000 habitants. Et
comme on estime la population de Ouagadougou de
nos jours, à près 1,5 million, si
on prend 150.000 par arrondissement, cela fait 10
arrondissements. Mais si on se réfère
à la borne inférieure, nous pouvons
avoir plus d'arrondissements à Ouagadougou.
Cela va bien sûr permettre aux administrés
d’être à coté de l’administration
et c’est aussi l’avis de monsieur Guiguendé
Oumar Président du PAREN : «Je suis
catégorique. L’administré doit
être proche de l’administration. Et
c’est aussi tant mieux pour les partis de
faible envergure. La nouvelle subdivision de la
capitale va permettre à tous les partis politiques
de se retrouver dans une arène réduite.
Alors nous pourrions nous battre sérieusement
pour le bonheur de nos populations à la base.
A priori je ne suis pas contre parce que ce sera
une bonne chose ». Comme quoi, les grincheux,
tous ceux qui critiquent la décision, ne
verraient que le diable partout. Qu’ils aillent
donc se rhabiller. Et Youpi pour cette réforme
qui va changer la vie des populations qui suent
sang et eau à longueur de journée
pour tel ou tel acte d’état-civil à
obtenir !
TOMI. |
HARO
SUR CETTE SUBDIVISION
Le
plan aménagement de Ouagadougou nécessite
qu’une étude globale soit diligentée
afin de ne pas se retrouver de nouveau avec un découpage
à courte vue, lacuneux. Outre les aspects
socio économiques et politiques, il y a aussi
par exemple à prendre en considération
les aspects culturels, environnementaux pour que
l’aménagement de la ville de Ouagadougou
tienne la route. Les frontières de la capitale
ont tellement reculé que le Ouagalais lui-même
a du mal à en définir véritablement
de nos jours les contours et il y a ces espaces
que des gens fortunés occupent et bornent
à tour de bras sans contrôle approprié.
1983 est loin derrière nous mais il faut
reconnaître qu’à l’époque,
les révolutionnaires avaient eu une vision
plus vaste de ce que la ville pouvait être
en 2000. Au moment où ils découpaient
la capitale en 30 secteurs, les nostalgiques qui
ne parvenaient pas à se défaire du
découpage en quartiers, avaient la larme
à l’œil. Et même si par
ailleurs les révolutionnaires ont dû
faire avec des zones inhabitées voire même
marécageuses, ils n’ont pas manqué
d’anticipation ; leur fameux découpage
en 30 secteurs nous aura bien accompagné
dans le deuxième millénaire. C’est
précisément ce manque de perspectives
aujourd’hui qui ne plaît pas à
El Hadj Mamadou Kabré, sankariste bon teint,
qui affirme que le projet « est un faux truc
dans la mesure où il n’obéit
à aucun critère. Ils se sont partagés
les terrains dans les villages. Quels plans d’aménagement
auraient les arrondissements qui vont hériter
de ces villages ? Prenons par exemple les habitants
qui sont sur la route de Pô. Il y a plus de
châteaux d’eaux à construire,
le barrage est ensablé et les questions d’ouvrages
vont poser un vrai problème. Il aurait fallu
que l’on laisse les CVD asseoir leurs plans
de développements ou leurs orientations avant
de poser les bases de ces aménagements. Il
y a beaucoup de questions que l’on se pose
quand on regarde comment les secteurs périphériques
regorgent de nombre de citoyens. Ces secteurs sont
en réalité des banlieues-dortoirs
sans véritablement de pôles de développement.
Il fallait aussi que l’on aborde la question
de l’environnement». Si presque tout
a été dit par Kabré, il n’en
demeure pas moins qu’il en est aussi à
penser que ce découpage aurait d’autres
visées : permettre à des politiciens
véreux, toujours les mêmes, de se remplir
les poches en refilant les secteurs à problèmes
aux partis de l’opposition qui auront alors
tous les soucis du monde à gérer les
1000 et 1 histoires de lotissement. Il est donc
nécessaire d’ouvrir le débat
afin de ne pas voir Ouagadougou tomber dans la pagaille
et le désordre parce que les populations
ne s’y retrouveraient plus.
TOZI.
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