San
Finna N°460 du
21 au 27 Avril 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
*
Le
vendredi 2 mai dernier, en début d’après-midi,
on pouvait voir deux camions de sapeurs-pompiers à
l’ancienne Présidence et une agitation
au-dessus dans les bureaux où s’élevait
de la fumée. Alertés, nous nous sommes
rendus sur les lieux et il a été confirmé
dans les environs qu’effectivement, les sapeurs-pompiers
étaient sur place mais nous n’avons pas
pu en savoir plus.
* Chez nous,
on n’en a que pour ces caisses désespérément
vides du pouvoir qui interdisent notamment toute augmentation
de salaire, comme cela vient d’être dit
par le ministre du Travail à l’occasion
du 1er mai. Alors, si on cherchait, nous les Burkinabé,
le moyen de faire rentrer de l’argent dans les
caisses de l’Etat ? Voici une qui vaut ce qu’elle
vaut : à vous de juger. Nous savons qu’il
y a environ 14 millions de Burkinabé : sur la
base d’environ 8 personnes par famille, cela nous
donne 1.750.000 familles. Si on juge qu’au minimum,
500.000 familles ont une bonne ou un garçon à
tout faire (payé dans les 4 à 12.000 fcfa
par mois selon les lieux, sans un Franc cfa reversé
dans les caisses de l’Etat) on se dit qu’un
impôt annuel par famille ayant une aide familiale
de 10.000 fcfa payable en plusieurs tranches, ferait
engranger à l’Etat 5.000.000.000 fcfa par
an. On sait que jamais ces jeunes ne seront déclarés
car ça reviendrait trop cher mais les familles
pourraient accepter, avec beaucoup de sensibilisation
bien sûr, de payer un faible impôt forfaitaire.
Cette idée fait penser un peu au système
des chèques service en France (où des
gens ne travaillant que quelques heures sont déclarés
et donc, cotisent même si c’est pas énorme,
pour la retraite), système qui fonctionne bien
et qui a remis dans le circuit, des gens qui travaillaient
« au noir ». Chez nous, ce système
pourrait marcher jusqu’à la majorité
du jeune, et une partie de l’argent récolté
pourrait être utilisée pour la création
d’un fonds spécial pour le soin de ces
jeunes. Qu’en pensent les associations de maison
qui devraient être étroitement associées
si l’idée était favorablement accueillie
? Qu’en pensent les autorités ? Nos colonnes
leur sont ouvertes ! Pour les droits d’auteur,
nous verrons après !!!
* Quelle a été
la position du Burkina Faso, membre non permanent du
Conseil de Sécurité, à l’occasion
de la dernière réunion de cette instance
sur le Zimbabwe ? Eh bien, la position défendue
a été celle-ci : pas touche ! Affaire
strictement interne ! Bref, si la nouvelle se confirme,
on peut dire que pour aider Robert Mugabé, le
pouvoir burkinabé ne pouvait pas faire mieux
! Espérons que des opposants se manifesteront
pour cet acte qui n’honore pas le pays des hommes
intègres !
* La Journée
mondiale de l’Eau s’est tenue le 20 mars
passé. A cette occasion, il y a eu toute une
littérature sur le sujet. Nous avons retenu des
extraits d’un article de Marc Laimé, intitulé
« Pourquoi plus d’un milliard d’êtres
humains n’ont-ils pas accès à l’eau
? » et paru dans Le Monde Diplomatique : «
Si rien ne change, la moitié des habitants du
monde risque de manquer d’eau dans 20 à
30 ans… Si les pays du Nord érigent la
lutte contre le réchauffement climatique au rang
de priorité absolue car elle menacerait désormais
la sécurité internationale, et celle de
chacun des pays développés qui n’entendent
pas renoncer à leur modèle de croissance,
comme vient de le proclamer M. Javier Solana devant
le Conseil des ministres de l’Union le 13 mars
2008 à Bruxelles, les égoïsmes nationaux
des pays du Nord réduiront inévitablement
à chiffons de papier les ‘engagements’
de la communauté internationale à promouvoir
l’accès à l’eau dans les pays
pauvres du Sud ». Très pessimiste, bien
sûr mais hélas, il semble que ce monsieur
soit dans le vrai !
* On achète
régulièrement des produits à base
de karité chez nous mais qui pouvait savoir qu’il
s’extrayait de deux façons ? Peu de Burkinabé,
c’est certain. Sur Internet, à l’occasion
d’une quinzaine commerciale au Canada sur le karité
biologique et équitable, on apprend que le karité
extrait à l'aide de solvants chimiques n’est
pas recherché mais que par contre, le karité
extrait par barattage manuel est un véritable
trésor que s’arrachent l’extérieur
pour la confection des crèmes de beauté
et autres. Et on apprend que les coopératives
de Léo notamment fabriquent un beurre 100% végétal
et par barattage manuel. Que le Burkina se lance donc
vraiment dans le bio au niveau de toute sa filière
karité et espérons surtout qu’on
n’entendra jamais parler de karité transgénique
!
* Une fille de
l’ancien président du Nigeria Olosegun
Obasanjo, la Sénatrice Iyabo Obasanjo, a été
accusée de détournements importants de
fonds destinés à la santé publique
mais aussi, elle vient d’être inculpée
vendredi passé de "conspiration criminelle".
Son nom est aussi cité dans une affaire de construction
de centrale électrique par une société
autrichienne, pour un détournement de 21,8 millions
d'euros puisque cette centrale n'est jamais sortie de
terre. Quand on pense que par ailleurs, le fils de l’ancien
numéro un a accusé sa propre femme, d’avec
qui il vient de demander le divorce, d’avoir eu
des relations avec son père Olosogun Obasanjo,
on se dit que quand l’ancien président
finira par être rattrapé par son passé,
le Nigeria risque d’avoir des vapeurs pour cause
de nausées !
* Nicolas Sarkozy
aimait hier dire publiquement que Cécilia était
belle, que ses filles étaient belles. Même
en déplacement, lorsque des fillettes lui offrent
des fleurs, il s’exclame souvent : «Qu’elles
sont belles ! ». Il a décidément
la folie de la beauté ! Il vient en tout cas
de remettre ça à Tunis en disant, dans
un souk où il flânait avec sa belle : «Carla,
ma Carla, est belle, elle peut tout porter ».
Un Internaute de rue 89, énervé, s’est
exclamé après sa visite en Tunisie : «
Deux ambitions se sont rencontrées : celle d'épater
la galerie avec une ‘belle meuf’ et celle
d'épouser le mec le plus puissant de France »
(NDLR : on se souvient que Carla Bruni avait dit dans
certains médias, qu’elle aurait aimé
vivre aux côté d’ un homme qui avait
le pouvoir d’ appuyer sur le « bouton rouge
» !).
* Si on allait
vers de nouvelles habitudes alimentaires chez nous ?
En faisant chuter le prix de la pomme de terre (et c’est
possible puisque les possibilités sont énormes
dans cette filière), on pourrait arriver à
la manger, notamment en ragoût mais aussi en frites.
Des frites vendues en cornets dans des maquis ou autres,
ça pourrait faire un « tabac » !
* La culture du jatropha (cette plante miracle de chez
nous dont l’huile peut être utilisée
en lieu et place du pétrole) va prendre de l’ampleur
et cela aiguise les appétits bien au-delà
de chez nous ! Déjà, on sent que ce sont
des gens de l’extérieur (même si
le Larlé Naaba s’y consacre aussi) qui
vont dominer dans ce milieu grâce à leur
argent. Pensons à demander de réglementer
tout cela pour que les Burkinabé ne soient pas
encore les dindons de la farce et surtout luttons pour
la prise d’un texte interdisant la seule culture
du jatropha sur une parcelle et obligeant donc à
la coupler avec des productions vivrières. Avec
sanctions à l’appui, bien évidemment,
pour les contrevenants !
* Justement,
sur le sujet des bio ou agrocarburants, voici ce qu’ont
décidé les Américains qui se sont
rendus compte que le maïs, c’est bon comme
culture vivrière et non comme carburant : ils
ont trouvé, grâce à la recherche,
comment transformer les tiges de maïs pour faire
de l’agrocarburant et ils vont donc préserver
les épis de maïs pour la consommation humaine
ou animale. Il fallait y penser ! Espérons que
le Brésil se lancera aussi dans des recherches
scientifiques du même type au niveau de ses cultures
vivrières, lui qui est le pays le plus grand
producteur de bio et agrocarburant !
* Des délégués
de partis ouest africains (partis réunis dans
« l'Union des partis africains pour la démocratie
et le développement de l'Afrique de l'Ouest »
(UPAD/AO) venus de cinq pays de la sous région,
ont appelé à Niamey au renforcement, par
des élections libres, du processus électoral
en Côte d'Ivoire et au retour intégral
de la paix dans ce pays. Belle initiative qu’il
faut espérer les voir renouveler à chaque
élection dans les pays connus pour bidouiller
les élections !
* Sur Internet
et même sur les chaînes de télévision
françaises, la nouvelle circule partout : le
NERICA (croisement riz asiatique et riz local du Faso)
est un riz délicieux et nourrissant qui se vend
sur les marchés du Burkina Faso entre 250 et
300 francs CFA le kilo, quasiment moins cher que le
riz importé. Le site IPS-Inter Press Service
relève par exemple pour sa part, que le Dr Zacharie
Segda pédologue agro-économiste en service
à l'Institut de l'environnement et de recherches
agricoles (INERA), a dit que les choses avançaient
bien dans cette filière et qu '' à ce
rythme, le Burkina Faso sera autosuffisant en riz d'ici
à la fin 2009''. N’est-ce pas un peu trop
juste quand on sait que le Burkina Faso peine à
produire 70.000 tonnes par an et que 2009, c’est
quasiment demain ? Par ailleurs, nous avons voulu vérifier
les prix de ce Nerica sur le terrain : après
avoir tourné, comme on dit, dans une dizaine
de magasins, nous avons pu finalement en trouver. Il
y avait deux qualités : la première était
à 400 fcfa le kilo et la seconde, à 450
fcfa. Le sac de 50 kilos était, pour la seconde
qualité, de 21.000 fcfa et pour la première,
de 21.500 fcfa. Loin donc, des 16 ou 17.000 fcfa qu’on
paye actuellement pour le riz importé ! Nous
avons acheté quelques kilos au détail
et San Finna, qui a trouvé ce riz légèrement
jaune et très fin (pas vilain du tout, il faut
le signaler) vous dira la semaine prochaine si dans
la casserole, ce riz made in Faso a tenu toutes ses
promesses !
* Peut-on concurrencer
Coca-Cola, la marque de boisson la plus célèbre
du monde, cette Institution ? On peut jurer que non
mais un jeune entrepreneur cambodgien, Heng Sovathara,
a promis, croix de bois croix de fer, de réussir.
Il a fabriqué un cola « made in Cambodia
» malgré les conseils négatifs de
sa famille, de ses amis qui lui affirmaient qu’il
allait se « planter ». Il a démarré
avec seulement 96.000 euros et aujourd’hui, la
marque qui s’appelle Sovathara, roule et emploie
déjà 28 personnes. La société
a vendu en quelques jours, 240.000 cannettes et espère
bien occuper 10 % du marché des boissons gazeuses
et non alcoolisées au Cambodge. Qui sait ? Et
s’il réussissait ? Bon vent à Sovathara
qui montre que quand on veut, on peut !
* Chez nous,
au Lycée Philippe Zinda Kaboré, une journée
de sécurité routière a été
organisée le 26 avril dernier. Cette journée
entrait dans le cadre d’une campagne de communication
et de sensibilisation sur le respect du code de la route.
Belle initiative quand on pense à toutes les
victimes de la circulation chez nous ! On pourrait aller
même plus loin et envisager que le code de la
route soit enseigné dans les écoles, par
exemple en éducation civique.
*
A la suite de
l’échangeur de Ouaga 2000 qui tarde à
s’ouvrir au public, il y a celui de Gounghin qu’on
a commencé mais les riverains commencent à
élever la voix. Ils ne pensent même plus
aux avantages qu’ils auront avec la fluidité
de la circulation ; ils pestent. Mais pourquoi ? Ils
accuseraient les services techniques chargés
de la construction de ces infrastructures de fermer
leurs portes et leurs commerces avec la fameuse délimitation
en tôles qu’on pose au bord des rues. Si
beaucoup sont à la retraite en ce lieu et vivent
surtout de leurs investissements, aujourd’hui,
ils rasent les murs. Une certaine nervosité est
en train de gagner ces populations qui pensent qu’elles
n’ont pas été associées à
ce plan d’aménagement ! Que les autorités
s’investissent pour calmer les choses sinon, ça
pourrait dégénérer.
Jeux
Olympiques de Pékin
Le Burkina sera à peine représenté
C’est
vrai les Jeux olympiques sont pour bientôt
sur ce sol chinois où les Tibétains
souffrent le martyr, où plus d’un
milliard d’humains bouche bée attendent
des visiteurs, qui pour des affaires, d’autres
juste pour des rapports humains, des échanges
culturels…, le Burkina Faso ne sera pas
totalement absent à cette grande rencontre
de l’Olympisme mondial. Mais presque car
en tout cas, pour l’heure, selon les informations
que nous avons reçues auprès de
quelques personnes ressources au sein du ministère
des sports et des loisirs, une seule athlète
a rempli les minima pour être sélectionnée
comme participante. Les autres attendent de remplir
les conditions et cela tarderait à arriver.
Aux jeux africains, aucun Burkinabé n’a
fait une belle prestation et il y a donc crainte
que cela n’arrive pas. Autrement dit, en
dehors de mademoiselle Soulama Aïssata (400m
haie), aucun autre athlète ne devrait challenger
pour le compte du Faso. A ce qui est dit, notre
sœur serait actuellement en formation intense
du côté de Dakar, la capitale sénégalaise.
En attendant d’être certain sur le
nombre précis de qualifiés, nous
savons déjà que quatre autre athlètes
y seront mais disons-le crûment, rien que
pour la figuration puisqu’ils ne seront
que des invités. Les nageurs par exemple
seront au nombre de deux et leur entraîneur
s’apprêterait à chercher des
sponsors pour leur formation. Les deux autres
athlètes viendront d’autres disciplines.
Ça fait pitié a-t-on envie de dire.
Mais que voulez vous ? Le niveau des loisirs ne
suit-il pas systématiquement le niveau
de développement ? Il faudrait d’abord
travailler à ce qu’il y ait développement
!
B.S.