Mise à jour le 27/04/2008
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San Finna N°461 du 28 Avril au 04 Mai 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

D'une 
                        semaine à l'autre

Pour des raisons indépendantes de notre volonté, nous ne sommes pas en mesure de publier cette rubrique dans sa facture habituelle, cette semaine. Toutes nos excuses à notre lectorat. En lieu et place, nous vous proposons un article sur la canicule.

LE MOIS D’AVRIL ET LA CANICULE !

S’il y a une partie du monde où le réchauffement climatique est une réalité, ce se serait sans conteste le Burkina Faso. Et en ce début du mois d’Avril, la grande masse des Burkinabé broie du noir. La canicule est lourde et pesante à supporter et nombre de personnes restent dehors jusque tard dans la nuit. Les nattes se vendent comme de petits pains, même si cela ne change rien ou presque pas à la situation du moment. Et pour lutter contre la canicule, certains Ouagalais ont développé des stratagèmes.

Il est 11 heures quand nous mettons pied au sein d’un hôtel de la place du côté de l’avenue Kwamé N’Nkrumah. Le Hall est presque rempli de personnes. Certains sont assis sur les fauteuils luxueux, d’autres regardent les bijoux exposés dans un somptueux décor. Au bar, nous rencontrons Maïga A. Karim qui dit être dans les affaires. Monsieur Maïga avait devant lui deux portables haut de gamme et un verre de limonade. ‘’Je me suis arrêté ici pour me reposer et profiter de la climatisation. Il fait très chaud et ça me fait très mal à la tête’’. Nous lui demandons si beaucoup sont dans sa situation. Il nous répond : ‘’Sans doute et je parie que tous ceux qui sont dans le Hall ne sont là que pour profiter de la climatisation’’. Afin de vérifier les propos de notre monsieur du bar, nous faisons trois tentatives infructueuses. Alors nous allons voir un responsable dont nous tairons le nom. ‘’Pendant les mois de chaleur, nous sommes envahis par des gens qui ne viennent ici que pour profiter de la climatisation. De prime abord on ne peut pas savoir qu’ils viennent pour ça. Mais quand l’attente dure, on n’est pas dupe. Alors on appelle le service de sécurité afin qu’il fasse la police’’. Mais ce n’est pas l’avis de Idrissa SANA qui nous a confié qu’il s’est fait jeter dehors alors qu’il attendait un expatrié. ‘’ C’est vrai qu’on ne voit pas l’heure passer à l’intérieur, mais les gens de l’hôtel exagèrent. Quand tu attends 15 minutes et que ton contact ne descend pas, ils viennent te vider. C’est quoi ça !’’, se confesse-t-il au bas de l’entrée.

A 13 heures, nous sommes à la Maison du Peuple. Là, pas de place et un brouhaha terrible qui s’élève du maquis. On consomme et on mange en ce lieu. ‘’Je préfère venir ici manger et boire un coup en attendant 15 heures pour rejoindre mon service. Et comme il fait chaud, circuler devient un enfer. Les fois où je ne suis pas ici, je me repose au bureau au frais’’, nous dit Ousmane O. qui était en compagnie de ses amis. Un autre nous dira qu’à la maison quand on finit de manger, il n’y a pas de coin pour se reposer et que l’air brassé par le ventilateur est aussi chaud, mais qu’au bar avec la bière fraîche et la compagnie, on supporte mieux la canicule. Donc tous les bars, maquis ou cybercentre sont pris d’assaut à midi afin de profiter, qui des boissons fraîches, qui de la climatisation.

Il n’y en a par contre qui ont choisi de lutter autrement contre la canicule. A la descente, ils vont sous les manguiers aux alentours du barrage n°2 et 3 de Ouagadougou. Munis de nattes et de postes radios, ils viennent profiter de la fraîcheur que dégage le barrage en attendant le soir. Côté Est du barrage n°3, c’est-à-dire derrière l’Hôtel Silmandé où nous avons fait un tour, il y avait foule. ‘’Je suis élève et je viens ici pour bosser. Ce n’est pas à cause de la chaleur que je viens ici, mais c’est vrai que maintenant quand tu ne viens pas tôt il est difficile d’avoir de la place. Les gens viennent passer le temps ici de plus en plus’’, nous a laissé entendre Madina TRAORE, élève en terminale A. Nous avons en effet constaté que sous certains arbres les gens se mettaient à deux ou à trois. A Bangr Weogo, aussi c’était le même scénario. Notre curiosité nous a conduit à Bendogo au marché de dolo (bière de mil traditionnel). Dans un cabaret pris au hasard, nous avons constaté que tous les clients avaient des éventails à la main. Nous n’avons pas eu besoin de poser la question puisque c’était le sujet qui était à l’ordre du jour. ‘’Il va pleuvoir vite cette année. Vous avez vu la chaleur qu’il fait !’’, laisse tomber un monsieur aux cheveux grisonnants. Et malgré l’éventail qu’il tenait, de la sueur continuait de perler sur son front. ‘’ Vous n’avez pas vu le froid qu’on a eu ? C’est à cause de cela que nous subissons cette chaleur’’, dit la vendeuse assez contente de nous voir nous intéresser à son dolo. Le marché de dolo de Bendogo grouillait aussi de monde et la poussière mêlée à la sueur dégageait une odeur particulière. Nous n’en saurons pas plus sauf que c’est à cause de la canicule que tout ce beau monde était au marché. Sinon le débat est vite tombé dans des généralités et des banalités. Alors, nous avons plié bagages.

Mais il n’est pas rare en ce moment de voir en contre bas des routes nombre de personnes dormant sur des bancs en face de la voie. Qui sont ceux qui dorment à la belle étoile ? ‘’Presque tout le monde », nous dira dit Pierre Raoul OUEDRAOGO habitant le secteur 28. « J’ai une maison construite en banco et c’est presque impossible de dormir dedans. Alors je sors ma moustiquaire et je dors sur la terrasse avec ma femme’’ avant d’ajouter que ‘’très tôt le matin on range nos affaires et on rentre’’. Ce n’est pas l’avis de Mathurin BADO qui dit ne pas vouloir dormir dehors ‘’Il y a quelques temps un déséquilibré assommait les gens chez eux et depuis là, j’ai peur de me faire agresser par un fou ou un voleur’’.

Ce qu’on doit dire pour finir, c’est que pendant cette période, il est important de s’hydrater régulièrement, surtout au niveau des personnes âgées, d’avoir une hygiène propre et d’éviter de porter des habits ouverts qui pourraient exposer votre peau au contact direct avec les rayons du soleil. Sinon la canicule est un phénomène naturel dans notre pays qui dure deux mois mais qui évidemment, prend de nos jours une proportion plus ample du fait du réchauffement climatique de la planète.

Aristide Ouédraogo





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