San
Finna N°459 du
14 au 20 Avril 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
«
TRAVAILLEZ, PRENEZ DE LA PEINE »
C’EST CE QUI GUIDE LA REALISATRICE MIRIMA T. SAMAKE
Elle
n’est pas un foudre de guerre du milieu, elle
a juste 25 ans mais œuvre déjà dans
bien de domaines qui servent l’humanité.
Elle, c’est mademoiselle Miriam T. Samaké,
réalisatrice et monteuse en cinéma de
profession. Egalement agent commercial dans une entreprise
de la place, elle a depuis bientôt deux ans constitué
le Réseau panafricain de lutte contre l’immigration
clandestine (REPLIC). Elle s’est engagée
depuis que ce phénomène prend de l’ampleur
à tout faire pour que les jeunes Africains n’aillent
pas subir les affres de l’humiliation et de la
souffrance quotidienne loin de leurs pays, loin de leurs
familles, sans repères.
Passionnée
de cinéma, elle s’y est intéressée
juste après son brevet d’études
élémentaires. Elle se formera en
la matière au Bénin avant de revenir
au Burkina avec comme point de chute la société
NDK, production du très grand cinéaste
de chez nous Idrissa Ouédraogo. Mais avant
de s’établir à son propre
compte, cette jeune fille mettra donc sur pied,
comme relevé, le Réseau panafricain
de lutte contre l’immigration clandestine.
Elle avoue qu’elle a aussi a tenté
le trajet mais que son échec a été
des plus cuisants. Mais que depuis, elle a réussi
à franchir en toute légalité
les rideaux de fer entre le continent africain
et européen. Dans l’hexagone, Miriam
Samaké se fera des contacts et explorera
les milieux et la vie des expatriés africains
dans le vieux continent. Elle conclura dès
lors que ce ne sont pas des situations des plus
reluisantes:« C’est après ce
contact avec leurs réalités que
je me suis donné pour
mission d’aller contre l’immigration
de ceux qui pensent que c’est mieux là-bas.
Il n’y a pas de vie dans ces côtés
du monde pour eux, ils n’ont pas de dignité,
ils se cachent même lorsqu’ils souffrent
de maladies. Ils ne méritent pas ça
parce qu’ils sont des hommes et doivent
rester libres et s’ils ne le sont pas là-bas,
c’est qu’ils n’ont rien ! ».
Son souhait, c’est qu’ils reviennent
chez eux et modeler leur avenir parce qu’ils
sont sur la terre qui est la leur.
Miriam
T. Samaké
Son Association ambitionne de tenir un forum de toutes
les sociétés civiles de l’espace
CEDEAO autour de la saignée que provoque l’immigration
et propose des solutions palliatives.
Bien que la jeune femme n’ait quasiment pas de
soutien, elle a déjà réalisé
la première partie de son film documentaire en
6 séries autour de la question de l’immigration
clandestine. « Je serai bientôt à
Paris pour la promotion du film et pour préparer
la suite de cette série de documentaires ».
Dans
son film de 13 minutes, en plus des réalités
crues des « sans papiers » qu’elle
dévoile, des célébrités
africaines tels que Manu Dibango, DJ Awadi, Cheick Fantamadi
Kamara (cinéaste guinéen)… exposent
leurs regards sur la question de l’immigration
clandestine et conseillent tous ceux qui voudraient
y tâter. La jeune fille n’omet pas de conter
les réalités de ce milieu du cinéma
très vorace. Sans passion, dit-elle, je ne serais
pas dans ce domaine.