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Mise à jour le 13/04/2008
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San Finna N°459 du 14 au 20 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

LES OGM DIVISENT LA MAJORITE EN FRANCE

Mise en cause par les députés UMP et désavouée par le Premier ministre lors de la discussion du texte sur les OGM, Nathalie Kosciusko-Morizet dénonce « un concours de lâcheté ».

La secrétaire d'Etat à l'écologie en a « marre d'être confrontée à une armée de lâches ». Nathalie Kosciusko-Morizet a fait part de son exaspération, mardi, en s'asseyant sur les bancs de l'Assemblée nationale, pour assister à la fin de la discussion en première lecture du projet de loi sur les OGM.

Cibles de son invective et de son agacement : Jean-Louis Borloo, son ministre de tutelle à l'écologie et Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée. Depuis que tous les deux accusent la secrétaire d'Etat d'être « à l'origine des problèmes » que rencontre le texte devant l'Assemblée.

Ils reprochent en fait à la secrétaire d'Etat son silence quand, dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 avril, a été adopté un amendement de l'opposition limitant la culture OGM, défendu par André Chassaigne (Parti communiste). Face à un amendement accusé de « déséquilibrer le texte », la secrétaire d'Etat s'en était remis à la « sagesse » de l'Assemblée. Mais trois élus de l'UMP et le député du Nouveau centre avaient joint leurs voix à celles de la Gauche pour faire basculer la majorité.
Nathalie Kosciusko-Morizet a donc décidé de riposter aux reproches qui lui sont faits. Obligeant le Premier ministre François Fillon à un ferme recadrage lors de la réunion du groupe. « L'amendement Chassaigne n'aurait pas dû être voté », a précisé le chef du gouvernement, s'engageant à faire en sorte qu'il soit supprimé en deuxième lecture au Sénat, le 16 avril.

Nathalie Kosciusko-Morizet
(Photo Gala)

Il n'empêche, la secrétaire d'Etat ne décolère pas. « Il y a un concours de lâcheté et d'inélégance entre Jean-François Copé, qui essaie de détourner l'attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et Jean-Louis Borloo, qui se contente d'assurer le minimum. Si le travail de préparation préalable avait été fait dans le groupe, cela ne se serait pas produit. Ce n'est pas normal qu'il y ait eu si peu de députés dans la majorité en séance. Manifestement, Copé n'arrive pas à tenir le groupe. Quant à Jean-Louis Borloo, j'attends avec impatience qu'il vienne exprimer la parole unique du gouvernement dans l'Hémicycle. Quand il veut, il vient ».

La secrétaire d'Etat a le soutien de Greenpeace et France nature environnement, qui dénoncent « le procès en sorcellerie » instruit contre elle. En attendant, Nathalie Kosciusko-Morizet ne participera pas au voyage au Japon. Au gouvernement aussi, on inflige des punitions.

Le texte adopté en première lecture

L'Assemblée nationale a adopté mercredi de justesse, en première lecture, le projet de loi sur les OGM. Déjà approuvé le 8 février par les sénateurs, il a été adopté par 249 voix contre 228, soit 21 voix d'écart, lors d'un scrutin solennel demandé par les groupes PS et GDR (PCF-Verts). La majorité requise était de 238 voix. Selon une source parlementaire, il s'agit de la plus courte majorité obtenue sur un texte de loi depuis l'arrivée au pouvoir de la Droite en 2002.

A titre de comparaison, le projet de loi sur l'immigration, incluant le très controversé dispositif sur les tests ADN, avait été adopté en octobre dernier par 282 voix contre 235. Là, une centaine de députés se sont abstenus ou n'ont pas pris part vote, une proportion très importante pour un scrutin solennel. Qualifié « d'imparfait » par le gouvernement, le texte vise à clarifier les conditions de mise en culture de plantes transgéniques et de leur coexistence avec les productions conventionnelles, dans le respect d'une directive européenne de 2001 que la France aura longtemps tardé à transcrire en droit national. Le projet de loi doit poursuivre sa navette au Sénat et compte parmi ses dispositions phares, « la liberté de consommer ou de produire avec ou sans OGM ».

 

Matthieu Herault





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