San
Finna N°458 du
07 au 13 Avril 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
DECLARATION
DU SECRETAIRE NATIONAL CHARGE DES RELATIONS EXTERIEURES
DE L’UNDD REFLETANT LE POINT DE VUE DU PARTI
SUR LE ZIMBABWE
L’opposition
zimbabwéenne a géré avec responsabilité
un processus électoral sur lequel a plané
de bout en bout une double volonté affichée
de Robert Mugabe et de son armée de le prendre
en otage, et cette opposition a remporté les élections
législatives et présidentielles.
L’UNION NATIONALE POUR LA DEMOCRATIE ET LE DEVELOPPEMENT
(UNDD) salue ces hauts faits.
L’opposant
victorieux de la présidentielle,
Morgan TSVANGIRAI,
Photographié après avoir été
tabassé
en mars 2008
(photo http://newsimg.bbc.co.uk/media/
images/42691000/jpg/)
Malgré
les morts, les violences, les humiliations, les
actions de corruption, les fraudes d’Etat…,
l’opposition est restée mobilisée
autour de l’œuvre de salut public de
la deuxième libération du pays. Face
à la volonté des Zimbabwéens,
placés le dos au mur de s’en sortir,
la fraude n’a pas vaincu. Le libérateur
Morgan Tsvangirai a été préféré
au libérateur Robert Mugabe devenu dictateur.
L’UNDD tient à relever que ces victoires
n’ont pas été concédées
du haut de sa magnanimité par le chef de
l’Etat zimbabwéen, désireux
de prouver par ces résultats qu’en
amont, tous les autres scrutins ont toujours été
propres. Ce succès de l’opposition,
en dépit des fraudes plus que jamais constatées
(Mugabe étant on le sait crédité
d’à peine 20 % des intentions de vote
!), est le fait conjugué du soutien de la
communauté internationale aux opposants en
lutte, de la longanimité de ces derniers
et surtout du sursaut du peuple qui, au lieu de
se disperser sous l’effet de la politique
d’appauvrissement d’Etat dont il était
l’objet, s’est rassemblé derrière
le mot d’ordre du changement pour un combat
salvateur commun.
L’UNDD regrette et condamne même le silence
de l’Union africaine (UA) qui jusqu’à
présent se fait lourd alors que depuis l’entame
du processus électoral zimbabwéen, des voix
venues d’Europe, des USA…, ne cessent d’enjoindre
au président sortant de respecter la volonté
de son peuple en abandonnant une charge que celui-ci ne
veut plus le voir assumer. Cette attitude, qui confirme
le soutien complice que l’organisation continentale
n’a jamais cessé d’accorder à
la gouvernance dévastatrice à tous points
de vue de Robert Mugabe. Au moment où le refus
de proclamer les résultats de l’élection
présidentielle fait planer des risques majeurs
sur le pays, il y a de quoi distendre encore plus la confiance
entre les peuples d’Afrique et l’UA et prouver
que, malgré la volonté proclamée
à travers l’ « Opération restauration
de la démocratie » à Anjouan, il y
a peu de chance pour l’affirmation d’une jurisprudence.
Enfin, l’UNDD, qui souhaite que l’opposition
zimbabwéenne maintienne sa volonté d’aménagement
d’une porte de sortie honorable à Robert
Mugabe (héros de l’indépendance nationale)
recommande une solidarité active de la part des
opposants africains à l’endroit de leurs
collègues du Zimbabwe. Alors que Robert Mugabe
est l’objet de pressions de forces conservatrices
refusant de perdre leurs privilèges, il faut se
rappeler que l’Afrique n’a plus besoin de
sacrifier 1.500 de ses fils, comme au Kenya, pour mériter
son droit à la liberté ! C’est maintenant
que les pressions les plus fortes doivent s’exercer
sur le président désavoué qui n’a
pas su abandonner les choses avant que les choses ne l’abandonnent.
Vive
le Zimbabwe libre !
Vive l’opposition démocratique et républicaine
dans une démocratie africaine refondée !
Ouagadougou,
le 03 avril 2008
Deval MILOGO
Secrétaire
national chargé des relations extérieures
de l’UNDD www.undd.org
Dernière
minute :
L'Union
nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique
(Zanu-PF), le parti de Robert Mugabe, vient d’annoncer
qu'il allait contester sa défaite aux élections
législatives du 29 mars (alors qu’il
l’avait reconnue), dans au moins 16 circonscriptions.
Il vient aussi de confirmer qu’il est prêt
à aller avec son candidat Robert Mugabe
au deuxième tour pour y remporter la victoire.
Alors que les Zimbabwéens n'ont qu'une
phrase à la bouche : « Bob must go
» (« Robert doit partir »),
la peur de la guerre civile est présente
dans tous les
Robert
Mugabe
(Photo Alexander Joe AFP/Infographie)
esprits. Le MDC, parti de Morgan Tsvangirai, vient
avec raison d’annoncer sa victoire à
la présidentielle, ce qui suppose qu’il
n’ira pas à un second tour. Il a
aussi appelé les Nations unies à
intervenir afin de prévenir toute violence
dans le pays : "L'ONU doit s'assurer qu'il
n'y a pas de violence (...) Elle ne devrait pas
attendre qu'il y ait du sang dans la rue, du sang
dans les villages".
Dieu aide le Zimbabwe !