Mise à jour le 06/04/2008
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San Finna N°458 du 07 au 13 Avril 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

LES ETUDIANTS DE L’UFR/SDS S’INVITENT DANS LA CRISE

« Notre action se résume en quatre points. Nous demandons dans un premier temps que nous soient rendues les copies des évaluations. En second lieu nous exigeons que le ministère de la Santé tienne compte de l’année académique dans l’organisation des concours des internes. Troisièmement, c’est la question même du statut des Etudiants dans les CHU qui nous tient à cœur. Là dessus nous avons demandé l’élaboration de statuts clairs et consensuels. En quatrième position, nous avons placé la codification et la revue à la hausse des indemnités de stage. Nous ajoutons à ces points la question de la vaccination des étudiants ». Ce sont là les mots du délégué des étudiants de l’UFR SDS (Unité de formation et de recherche – Sciences de la santé) à l’issue d’une marche inattendue le vendredi 05 avril dernier.

De très nombreux étudiants en médecine et pharmacie ont participé à cette marche dite de revendication pour fin de satisfaire leur plate-forme. Le boulevard Charles de Gaule de 10 à12 heures était blanc de blouses d’hôpitaux. Objectif de la marche : atteindre le ministère de la Santé et remettre au

Etudiants protestataires
ministre d’Etat Alain Yoda leurs doléances. De l’université, ces messieurs en blouse prendront la direction du building Lamizana. Au carrefour de la Radiodiffusion nationale, ils seront stoppés net pas la Compagnie républicaine de Sécurité (CRS) sous les yeux même des « militaires du conseil ». C’est là aussi que monsieur Baba Hama, ancien délégué général du FESPACO et actuel directeur de cabinet du ministre Yoda les accueillera non sans promettre de transmettre fidèlement les doléances des étudiants.

Le premier Ministre Tertius Zongo était pourtant jeudi, un visiteur mémorable de l’université. Il a même pris le soin de partager un plat « dans les conditions quotidiennes » avec nos jeunes frères au restaurant universitaire.

Pourquoi cette marche ? Est-ce pour désavouer le premier ministre ? Nos futurs médecins diront sur la question que pour eux, le premier Ministre est venu pour l’inauguration d’infrastructures et son arrivée a été super préparée par le CENOU et la présidence de l’UO. Il n’est pas venu pour régler les problèmes de l’UFR SDS. De toutes les manières assurent-ils, cette action était attendue depuis belle lurette et le ministère a été prévenu depuis le 1er avril.

Justement, à propos de cette visite du premier Ministre, d’autres étudiants maugréaient en disant qu’il aurait fallu que l’ANEB organise une espèce de contre-manifestation pour montrer à Tertius Zongo leur engagement à lutter pour de meilleures conditions de vie et d’étude, comme elle l’avait fait lors de la visite du « Guide » libyen et du chef de l’Etat.

 

Bala Sibiri/Swonty Koné


LE PDDEB SERAIT-IL TOMBE DANS UN COMA IRREVERSIBLE ?

Nous faisions récemment état de ce qu’un véhicule appartenant au SP PDDEB aurait été cabossé par un étudiant. Véhicule qui lui aurait été indûment confié par un comptable au sein du Secrétariat permanent du Plan décennal de développement de l’enseignement de base avec un ordre de mission à la clef. Eh bien depuis, de l’avis de plus d’un, on apprend que cette structure traînerait des déceptions qui devrait remettre en cause l’objet même de sa création. Un de nos fidèles lecteurs ayant pignon sur rue dans le milieu de l’enseignement de base nous a confié une correspondance à travers laquelle il s’interroge sur ce plan de développement de l’éducation de base. Il n’y va pas mollo : il taillade le système et essaie de mettre à nu certaines pratiques qui ont fini, pour lui, par prendre racine au secrétariat permanent du PDDEB : magouilles, licenciements abusifs, recrutements illégaux : tout un cocktail explosif.

De l’adoption du décret numéro 99-254/PRES/MEBA du 20 juillet 1999 : le lecteur pense que le PDDEB a été lapidairement appliqué étant donné le fait qu’il n’a été officiellement lancé que 3 ans après son adoption soit en septembre 2002.

Avant d’affirmer que toutes les réformes sur l’éducation au Burkina ont toujours échoué, il fustige le lancement à grand bruit de ce programme censé être la solution aux problèmes de l’éducation de base au Burkina.

Mais le lecteur ne se veut pas trop négatif. Il relève que dans l’exécution de la première phase du plan, des résultats considérables avaient été enregistrés. Et si les chiffres sont exacts (il semble en douter), le Burkina a connu pour la première fois de son histoire un taux de succès de 73% au CEP. Dans un ouvrage intitulé « Bilan de trois ans de mise en œuvre du PDDEB » datant de 2005, notre intervenant dit y avoir lu des raisons d’espérer que le PDDEB pouvait apporter beaucoup plus.

Mais notre lecteur retrouve rapidement son ton critique et sec. Pour lui, après la fin de la première phase en décembre 2005, aucune autre phase ne s’est signalée. Pourtant ajoute-t-il, le PDDEB devrait s’articuler sur trois phases glissantes pour atteindre tous ses objectifs. Que s’est-il donc passé ?

La seconde phase devrait préluder le premier en janvier 2006. Tel n’a pas été le cas car une période transitoire sera observée, allant de cette date au 31 décembre 2006. Et pourtant s’insurge notre lecteur, le peuple n’a pas été tenu informé de ces mesures. Les responsables du PDDEB arguaient à l’époque que cette période transitoire allait servir à l’élaboration de la deuxième phase qui couvrirait l’intervalle 2007-2009.

Puis arriva la première maladie incurable du PDDEB ; celle qui allait semer toutes les gangrènes de sa mort annoncée. Là, notre intervenant explique qu’au lieu de mettre réellement à profit ce temps pour travailler à la reprise des responsables du plan, on s’est mis à gaspiller ses ressources financières. Il reparle de la cour du SP PDDEB qui a été entièrement pavée, des arbres et autres cailloux jouxtant la cour qui ont été peints, des locaux rééquipés et modernisés. En plus de ces dépenses dispendieuses qui étaient faites, pour lui, hors appels d’offre, le lecteur critique le fait qu’à tout moment dans les locaux du MEBA, se tiennent des ateliers organisés par le PDDEB qui ne servent que pour éponger davantage les ressources de l’institution. Il critique beaucoup le fait qu’il y aurait certaines personnes au secrétariat permanent s’usurpant le droit de remettre des véhicules du services avec carburant à l’appui à leurs camarades pour des voyages. En un mot pour lui, cette forme de gestion a eu pour conséquence de faire en sorte que le PDDEB passe à côté de l’essentiel. Conséquence aussi, 2007 s’achèvera sans qu’il ne soit question d’un démarrage de la seconde phase du plan.

Notre lecteur est loin de faire dans l’ironie. Il demande tout simplement que les autorités déclarent la mort du PDDEB et procèdent honteusement (ce sont ses mots) à son enterrement. « Le plan décennal de destruction de l’éducation de base » qui a contribué a faire amasser des milliards au nom du peuple doit rendre compte et Blaise Compaoré gagnerait à être au devant des choses pour que justice soit rendue. Foi de notre lecteur qui a souhaité passé incognito.

Pour finir, ajoutons comme d’habitude que nos colonnes sont ouvertes au PDDEB, où des visites de San Finna pour en savoir plus ont été infructueuses.

Bala Sibiri






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