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FAUT-IL
OUI OU NON BOYCOTTER LES JEUX OLYMPIQUES DE PEKIN
?
La question des droits de l’homme se pose
actuellement avec acuité en Chine surtout
après les violentes manifestations au Tibet
suivies de la répression de l’armée
rouge qui a promis, malgré les appels à
la raison venant de toutes parts, d’écraser
la révolte tibétaine. L’opinion
en est à s’interroger sur la question
du boycott ou non des jeux olympiques de Pékin
prévus pour se dérouler à partir
du 08 août de cette année. Si dans
l’Hexagone par exemple, le gouvernement n’est
pas favorable à un boycottage des jeux olympiques
en raison, on le sent bien, des affaires qu’il
ne faut pas gâter avec cette Chine qui représente
un marché si vaste et si attractif, quelques
personnalités et responsables politiques,
comme Jack Lang et le secrétaire général
du PS, François Hollande et aux Etats-Unis
l’acteur Richard Gere penchent sérieusement
pour le boycott desdits Jeux. Bref, la polémique
bat son plein et dans le monde entier. Voici donc
un deux sons de cloche sur la question.
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IL FAUT PARTICIPER À CES JEUX CAR
LA CHINE N’EST PAS L’ALLEMAGNE DE 1936
Ce
n’est pas la première fois que des
Jeux olympiques sont menacés de boycott.
La question s’est posée en 1936 quand
l’Allemagne nazie organisait les Jeux de Berlin
avec comme maître-d’œuvre en chef,
Hitler. Elle est revenue en force dans le contexte
de la guerre froide aux Jeux de Moscou lorsque Brejnev
trônait au Kremlin. On se souvient qu’en
réplique, les pays satellites de l’Union
soviétique boycotteront les Jeux de San Francisco
organisés en 1984 par le pays de l’Oncle
Sam. Mais cette fois-ci, le cœur n’est
pas vraiment à l’ouvrage pour le boycott
des Jeux de Pékin. Même parmi ceux
qui par le passé ont prôné le
boycott des pays organisateurs peu soucieux des
questions de droits humains, il en existe aujourd’hui
par rapport à la Chine qui hésitent
et s’en démarquent même. C’est
le cas spécialement du philosophe français
André Glucksmann qui avait en 1980 soutenu
le boycott des Jeux olympiques de Moscou. Il explique
pourquoi un éventuel boycott de ceux de Pékin
ne servirait à rien : « La protestation
tibétaine est un appel à l’aide
au monde et les jeux sont une occasion pour ébranler
les consciences sur la tragédie d’un
peuple qui risque l’anéantissement.
Mais avant de promouvoir le boycott, il faut se
poser quelques questions : quels serait ses effets
concrets ? Combien de gouvernements sont disposés
à risquer leurs relations économiques
avec la Chine ? Existe-t-il des initiatives plus
efficaces ? Ce boycott ne risque-t-il pas d’avoir
un effet inverse et de renforcer le régime
de Pékin ? (…) Le Tibet ne cherche
pas l’indépendance mais le respect
de son autonomie et de sa culture. L’intellectuel
doit être réaliste, comme le sont les
Tibétains ». Ç’est
clair et il est loin d’être le seul
à le penser. Voici ce qu’un Européen
Mariusz Zawadzki a dit sur la question : «
…Avant de descendre dans la rue et d’appeler
au boycott, avant de condamner les sportifs qui
veulent lutter pour les médailles en dépit
des souffrances des Tibétains, il convient
d’avoir la décence de vérifier
que vous êtes vous-même intègre.
D’abord il faut boycotter votre ordinateur
car il a été vraisemblablement fabriqué
en Chine… ». Si on y pense bien,
c’est depuis 7 ans que les gens auraient dû
dénoncer haut et fort le fait que l'organisation
des Jeux ait été confiée à
une nation coupable de violations graves de droits
de l'homme ; ça n’a pas été
le cas, alors maintenant que le vin est tiré,
il faut le boire. Et puis, comment ne pas penser
à toutes ces sommes qui auront été
investies à pure perte si le boycott avait
lieu et aussi comment ignorer royalement ces sportifs
de haut niveau qui se sont préparés
des années durant et qui vont voir tous leurs
efforts anéantis pour une question qui ne
les regarde même pas ? Mais ce sont eux et
eux seuls qu’on pénaliserait surtout
que boycott ou pas, la Chine ne changera pas. Il
faut donc se calmer et faire en sorte que ces Jeux
se tiennent et réussissent.
TOMI. |
LES
JEUX OLYMPIQUES DE PEKIN DOIVENT EVIDEMMENT ETRE
BOYCOTTES
Le
boycott de ces Jeux olympiques lancera un signe
fort au régime de Pékin et au-delà
à tous les régimes dictatoriaux et
peu soucieux de la question des droits humains.
Le sport ne doit pas être dévoyé
par la classe politique et c'est pourquoi le monde
libre ne doit pas participer à ces Jeux.
En y allant, on cautionnerait le régime inique
chinois qui est en train de faire couler le sang
de ces pauvres Tibétains qui réclament
plus d’autonomie, plus de respect pour leur
identité et donnerait un blanc seing à
toutes les dictatures du monde. A noter aussi qu’il
est tout à fait honteux que les Nations Unies
ne se prononcent pas en faveur du Tibet. Si on applaudit
à l’indépendance du Kosovo,
pourquoi n’applaudirait-on pas à l’indépendance
du Tibet ? Par ailleurs, ces jeux-là, on
peut bien les organiser ailleurs car il y a des
pays qui ont toutes les infrastructures et qui pourraient
en quelques mois, être prêt pour les
accueillir. Ce serait un acte très fort,
très beau. Mais si cela se révélait
impossible, à défaut de boycott des
jeux qui pénaliseraient les sportifs, une
idée géniale est venue de Robert Ménard
: le boycott de la cérémonie d’ouverture
des jeux. Le patron de RSF a souligné qu’il
ne veut pas gâcher les jeux mais avec le boycott
de la cérémonie d’ouverture,
chacun dira son mécontentement face à
ce que la Chine fait subir au Tibet. Il a demandé
au président français Nicolas Sarkozy
et à tous les chefs d’Etats et de gouvernement
de le suivre sur cette voie mais cette idée
ne plaît pas à ceux qui ont peur de
la puissante Chine car ils savent bien que pour
cette dernière, boycotter la cérémonie
d’ouverture serait comme un crime pour le
pays de Mao Tsé Toung qui a mis des années
(et à quel prix !) à préparer
cette cérémonie qui sera diffusée
dans le monde entier. Donc, chacun fait très
attention à la réponse à apporter
à cette question. On note que si Rama Yade
a dit que peut-être elle boycotterait la cérémonie
d’ouverture, le gouvernement quant à
lui ne pipe mot officiellement. Ousmane Nacro président
de la LIDEJEL soutient cette idée : «Je
pense que c’est une affaire politique. Il
y a des gens qui sont convaincus que le sport peu
constituer un cheval de Troie et c’est dans
cet ordre d’idées qu’ils veulent
entraîner tout le monde. Je ne suis pas pour
le boycott systématique des Jeux olympiques
de Pékin, parce qu’au-delà de
la Chine, se sont les athlètes et les sportifs
que l’on va sérieusement pénaliser.
Je ne pense pas non plus que cette position d’extrémiste
pourrait véritablement entraîner un
changement de politique en Chine. Il faudra de mon
point de vue trouver une autre forme pour manifester
son désaccord avec la politique chinoise
en ce qui concerne les droits de l’homme et
une idée fait son petit bonhomme de chemin,
celle de boycotter l’ouverture des jeux olympiques
de Pékin par les présidents des Etats
participants. Je suis pour un tel scénario.
» Boycotter les jeux ou au moins la cérémonie
d’ouverture, c’est là le chemin
à suivre !
TOZI.
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