San
Finna N°456 du
24 au 30 Mars 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
LA
CHINE FERAIT-ELLE PEUR A TOUS, JUSQU’AU PAPE ?
A
la manière dont on la courtise, la ménage
et dont on en a peur, la Chine (1 milliard 321 millions
d’habitants en 2007) est incontestablement en position
de leadership mondial. La chose est si nette qu’on
s’est habitué maintenant à voir les
têtes couronnées, les présidents et
candidats présidents y accourir pour rendre leurs
hommages au pouvoir chinois en évitant une fois
sur place, d’avoir des mots déplacés
qui indisposent. Il faut croire que le phénomène
n’est pas près de s’estomper puisque
même des institutions internationales comme l’UNESCO
et des puissances religieuses comme le Saint Siège,
en sont à adopter le même profil bas vis-à-vis
du grand géant qui s’est réveillé.
Trafic
à Pékin
En
effet, ça n’a pas fait grand bruit
et pourtant, ça aurait dû : l’UNESCO,
cette organisation dépendant des Nations
Unies, a retiré son patronage à la
Journée pour la liberté sur Internet
qu’elle organisait conjointement avec Reporters
sans frontières (RSF). C’est la veille
de la manifestation, soit le 11 mars 2008, que l’organisation
mondiale a informé RSF de ce retrait. Un
coup dur pour Robert Ménard et les siens
!
Mais
pourquoi donc ce désistement de l’UNESCO
? Parce que RSF a ajouté à sa liste
des 15 « ennemis d’Internet »
déjà recensés (Arabie saoudite,
Bélarus, Birmanie, Chine, Corée du
Nord, Cuba, Egypte, Ethiopie, Iran, Ouzbékistan,
Syrie, Tunisie, Turkménistan, Vietnam et
Zimbabwe), l’Arabie Saoudite, l’Iran,
la Tunisie et… la Chine. Des protestations
n’ont pas manqué. L’UNESCO aurait
certainement comme on dit, damé sur celles-ci
si la Chine n’avait pas pris la tête
de la contestation. C’est cette colère
qui a amené l’UNESCO à battre
en retraite de la manifestation, à retirer
toutes ses billes sans demander son reste.
RSF
ne s’est pas gêné, et on l’en
félicite, pour dénoncer ce lâchage
honteux et accuser l’organisation d’avoir
« cédé » aux pressions
du pouvoir chinois avant la publication de cette
liste. La France, pour sa part, a mollement "regretté"
le jeudi 13 mars 2008 le fait que l'Unesco ait retiré
son patronage à une journée pour la
liberté sur Internet.
Sa
Sainteté le Pape Benoît XVI
Oui,
avec la Chine, on ne badine pas ! Il semble même
qu’au-delà des Etats et des institutions,
le Saint Siège lui-même aurait fait
son siège de toute critique à l’endroit
de la Chine. C’est ce que pense le journal
italien « La Stampa » qui relève
encore qu’ « Hier encore, il (NDLR :
Le Pape) a lancé un appel pour obtenir la
fin des violences en Irak, mais pas un mot sur celles
en Chine ». Pour cet organe, le Vatican "ne
dérange pas Pékin en échange
de la liberté de gérer l'Eglise catholique
en Chine". Un autre organe de presse, «
La Republica » rapporte que "Le Vatican
est en train de négocier avec Pékin
l'établissement de liens diplomatiques avec
la Chine". Et d’expliquer que pour cela,
« il hésite à adopter une position
sur le Tibet qui puisse compromettre cet objectif
historique».
Là, on peut dire que c’est la fin des haricots,
un blanc seing mondial donné à la Chine
pour continuer à fouler au pied, la démocratie,
les droits de l’homme et des peuples ! La bonne
preuve, comme pour montrer qu’avec elles, qui s’y
frotte s’y pique et qu’on ne fourre pas impunément
son nez dans leurs affaires, les autorités chinoises
viennent de quadriller leur numérique en bloquant
le portail « YouTube » qui montrait de manière
très crue (beaucoup plus que les chaînes
du monde entier) les affrontements très sanglants
entre les forces chinoises et des Tibétains contestataires
qui luttent pour la survie de leur identité et
pour plus de droits. Et à ceux qui menacent de
boycotter les jeux, le pouvoir chinois répond qu’il
va écraser la rébellion tibétaine
! Qui peut mieux que cela jouer de l’équilibre
par la terreur ?