LES
RETRAITES MILITAIRES SONT FACHES
ILS VEULENT LA LIBERATION DE CLEMENT OUEDRAOGO
A
la suite de l’arrestation et de l’incarcération
de Clément Ouédraogo militaire retraité
et président de l’Alliance des retraités
militaires (AREMI) en création, nous avons
reçu une lettre ouverte adressée à
M. le Ministre de la défense à travers
laquelle, les compagnons du suscité expliquent
les objectifs de leur association et demandent par
la même occasion, un élargissement de
leur camarade de lutte. Un véritable cri de
cœur que ceux-ci lancent à l’endroit
du patron de l’armée burkinabé.
Lettre
ouverte
A monsieur le Ministre de la Défense du Burkina
Faso
«
L’honneur
nous revient de vous adresser la présente lettre
ouverte. Force est de reconnaître que les militaires
du Burkina Faso vivent une situation difficile. Quand
ils étaient en active ou non, leurs droits
n’ont pas toujours été respectés.
Malgré leurs multiples actions judiciaires
et de protestations sur le terrain, ils n’ont
pas pu obtenir pleinement satisfaction.
Soucieux de continuer la lutte pour nos droits bafoués
dans le cadre des institutions républicaines
et soucieux de contribuer comme citoyens ordinaires
au développement du pays, nous avons décidé
de nous constituer en association .C’est dans
ce contexte que nous avons initié une conférence
de presse dans l’après-midi du 05 mars
2008 à la maison des retraités sise
au Secteur 9 pour susciter la nécessité
d’une déclaration de nos ambitions.
L’Alliance des retraités militaires se
veut apolitique à caractère non lucratif
et le regroupement des militaires et gendarmes retraités
sans distinction de grade. L’Alliance des retraités
militaires aura pour objectifs et missions principales,
entre autres :
-
de défendre les acquis et promouvoir les droits
des militaires retraités
- de lutter pour l’épanouissement du
militaire retraité
- participer activement au développement socioéconomique
et culturel du pays dans toutes ses sphères
- protéger les veuves et orphelins des militaires
décédés des violences faites
à leur endroit et de la marginalisation socioéconomique
et culturelle
- œuvrer pour la réinsertion du militaire
retraité à l’activité nationale
dans le millénaire.
Pour
ne citer que cela. Nous estimons que le militaire
retraité doit recouvrer ses droits de citoyenneté
ordinaire comme tous les Burkinabé. Nous ne
comprenons pas pourquoi au-delà du chemin légal
que nous empruntons, contrairement affiche des perversités
démesurées aux yeux des gouvernants.
Pensez-vous normal que nous soyons enclavé
à ce point dans nos libertés dans un
Etat républicain ? Il est urgent qu’ensemble,
nous respections le guide sacré qui régie
notre patrie : la constitution. La simulation démocratique
n’est pas la solution du moment. C’est
la raison de plus qui incite notre volonté
de nous constituer dans la légalité
et dans le strict respect des lois républicaines.
En
tout état de cause, nous considérons
que jeter spontanément le Sergent Clément
OUEDRAOGO à la MACO traduit un abus du
pouvoir, truffé d’inégalités
et d’ambiguïtés. Si le Sergent
Clément OUEDRAOGO n’a pas volé,
frappé ni tué, s’il n’a
pas commis le moindre outrage à l’endroit
des ténors gouvernants et s’il
est seulement arrêté à cause
de sa volonté de s’organiser légitimement
avec ses camarades au sein d’une association
pour défendre les intérêts
des |
Clément
Ouédraogo |
militaires
retraités, et des citoyens, nous exhortons
humblement les instances décisionnelles
à plus de réalisme. Indépendamment
de tout ce qui précède, vous conviendrez
avec nous, Monsieur le Ministre, que notre camarade
de lutte est un citoyen ordinaire à part
entière. Il est en droit de se conférer
un choix individuel à tout compte fait
dans un parti politique, que ce soit de la mouvance
présidentielle ou de l’opposition.
Ses initiatives personnelles individuelles n’ont
pas toutefois de relations ou d’entrave
aux objectifs et caractère fondamental
de l’AREMI. Il est indispensable que les
ténors gouvernant redorent leurs blasons
en s’impliquant dans un réajustement
logique dans la gestion gouvernementale. Nous
n’avons aucune prétention ni intention
ni de loin à livrer le régime
à la vindicte populaire. Du reste, nous
ne souhaitons pas vivre les malaises et crises
que tant de pays en voie de développement
traversent ou ont traversés. Par contre,
notre volonté est d’intercéder
autour des concessions pour accéder véritablement
à la paix et le bien être social
des citoyens au sein d’une patrie que
nos ancêtres nous ont dignement légué.
Si le Burkina Faso se proclame une terre ou
un pays des hommes intègres, il nous
incombe collectivement de préserver cet
acquis légendaire. |
Monsieur le Ministre de la Défense, c’est
le lieu indiqué pour nous de vous prier humblement
d’examiner le sort de notre camarade incarcéré
à la MACO dans l’équité
et délicatesse. Nous considérons en
outre que notre cri de cœur retiendra votre attention
et bienveillance dans les brefs délais. Nous
en cernons l’opportunité pour lancer
un vibrant appel à l’opinion nationale.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, nos
sincères sentiments distingués.
Vive le dialogue pour que vive le Burkina Faso !
Pour
acquis
Alliance des Retraités militaires en constitution
Ouagadougou »
Aristide
Ouédraogo
Dernière
minute
La
décision des militaires retraités de
se constituer en association continue de faire grand
bruit. Lorsqu’ils se sont réunis à
Antoine Nanga pour lancer l’AREMI, cela n’est
pas passé inaperçu. Quand ils se sont
également retrouvés au CBC avec d’autres
associations, intellectuels, pour lancer un Appel
à la refondation, dans une salle comble, leur
présence a marqué. Depuis, les commentaires
vont bon train. Pour les uns, c’est bien que
les militaires retraités aient choisi cette
forme civilisée pour la défense de leurs
intérêts avec un cadre citoyen. Il y
aura moins de pressions et d’anxiété
pour les Burkinabé de voir leurs nuits agitées
par des coups de feu. Pour les autres, il peut y avoir
anguille sous roche : des militaires qui s’organisent
de quelque façon que ce soit, ça n’est
pas à prendre à la légère.
Est-ce cette interprétation qui a conduit à
l’arrestation de Clément Ouédraogo
? Il n’en manque pas pour le penser, surtout
lorsque le bruit court que l’ordre serait venu
du ministre de la Défense en personne. Alors,
pour montrer leur solidarité à Clément
Ouédraogo, réaffirmer leur liberté
de se constituer en association et même en tant
que simples citoyens, d’avoir leurs opinions
politiques et de se préoccuper de la gouvernance
de leur pays, ils ont convoqué une conférence
de presse au Central Hôtel ce samedi 22 mars
2008. Comme conférenciers, il y avait Malo
Arjouma, Sergent à la retraite avec à
ses côtés Bigtogo Wandagoo Kaboré
Augustin et Koadié Bamouni. Plaisant échange
au cours duquel ils ont informé les journalistes
qu’ils ont introduit une demande d’audience
auprès du Ministre de la Défense et
que parallèlement à leurs démarches
pour savoir quelles sont les bases juridiques de l’arrestation
de leur camarade et obtenir sa libération,
ils préparent une assemblée générale
constitutive de laquelle sortiront les textes définitifs
de leur association à déposer au MATD.
A la fin de la conférence, le Sergent Malo
Arjouma a été assailli par les journalistes,
ce qui montre l’intérêt qu’on
porte à l’activité de ces militaires
retraités.
Aristide
Ouédraogo
ERRATUM
Dans
notre précédent numéro (n°
455 du 17au23 mars 2008), nous avons écrit
par inadvertance que « l’UNIR/ MS, qui
dénonce l’arrestation des personnes et
la relaxe de Nana Thibaut… » . Nous regrettons
cette erreur car il ne nous vient pas à l’esprit
de supposer que l’UNIR/ MS s’oppose à
une quelconque relaxe de Nana Thibaut. Toutes nos
excuses à Me Sankara et aux militants de son
parti.