San
Finna N°455 du
17 au 23 Mars 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
LA
VIE CHERE VECUE PAR UNE TRANSFORMATRICE DE CEREALES
« ÇA AMENE VRAIMENT A CHANGER NOS HABITUDES
ALIMENTAIRES
ET TOUT »
Comment
les ménagères et les transformatrices
des céréales réagissent fasse à
la montée vertigineuse des prix des produits
de première nécessité ? C’est
ce que nous avons voulu savoir. La Présidente
du Réseau des Transformatrices de Céréales
du Faso (R.T.C.F.), Madame Djama DADJOARI, a accepté
se confier à nous.
Lisez plutôt !
San
Finna: Comment ressentez vous le problème de
la vie chère vous qui êtes aussi transformatrice
?
La
vie chère frappe tout le monde, et en tant que
ménagère, il y a certains mets que je
ne fais plus. Par exemple, je n’utilise plus l’huile
dans toutes mes sauces. Il y a aussi des savons que
j’ai abandonnés pour prendre d’autres
de moindre qualité. Ça amène vraiment
à changer nos habitudes alimentaires et tout.
San
Finna : Et sur les produits que vous transformez, avez-vous
augmentez les prix ?
En
tant que transformatrice, j’ai constaté
aussi que mes clients ont abandonné certains
produits. Je ne vends plus comme avant. Les ventes ont
vraiment baissé.
Si j’achète la matière première
plus chère que d’habitude, je suis obligée
d’augmenter les prix pour avoir quelque chose
puisque c’est le bénéfice que je
cherche. Si je n’augmente pas le prix, comment
je pourrais encore acheter la matière première
et continuer à travailler ?
San
Finna : Avez-vous été satisfaite des mesures
que le gouvernement vient de prendre ?
Je
ne suis pas satisfaite parce que les commerçants
n’ont pas accepté baisser les prix. J’ai
suivi dans une radio des commerçants se prononcer
et refuser de baisser les prix. Et il y a quelques jours
ils avaient refusé de vendre le sac de riz de
50 kg. Dans ces conditions, le client est contraint
de négocier. Donc depuis ce temps je n’ai
pas acheté quelque chose d’autre.
San
Finna : Avez-vous des exemples de denrées qui
n’ont pas baissé ?
En
ce qui concerne les céréales, ça
n’a pas changé. Le prix du riz n’a
pas changé comme le gouvernement l’a souhaité.
Quant au sucre, le prix plutôt augmenté.
J’achetais le carton à 17.000 FCFA, on
me l’a vendu à 20.000 FCFA.
San
Finna : Avez-vous une solution miracle pour le gouvernement
?
Y
a pas de miracle puisque les gens achètent avec
pour objectif de faire des bénéfices.
Si les prix sont chers ils vont vendre cher, mais c’est
aux autorités de voir, de se concerter avec toutes
les parties prenantes, tous les acteurs pour trouver
une solution. C’est un problème d’ensemble
dont seul, le gouvernement ne pourra rien résoudre.
Il faut rencontrer tous les acteurs, peut-être
les concerter séparément et ensuite les
réunir pour faire une synthèse afin de
dégager des pistes pour une solution durable.
San
Finna : Et si on sanctionnait ceux qui refusent de baisser
les prix ?
La
sanction ne marchera pas. Comment sanctionner un commerçant
? Est-il sous l’autorité du gouvernement
? Je crois que ça ne marchera pas. Ça
va même aggraver la situation. Les commerçants
vont encore sortir manifester peut être violemment.
L’Etat doit négocier il ne doit pas imposer.
Avec la négociation, on aboutit toujours à
de bons résultats et cela a fait ses preuves
partout.