Mise à jour le 16/03/2008
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San Finna N°455 du 17 au 23 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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LA VIE CHERE VECUE PAR UNE TRANSFORMATRICE DE CEREALES
« ÇA AMENE VRAIMENT A CHANGER NOS HABITUDES ALIMENTAIRES
ET TOUT »

Comment les ménagères et les transformatrices des céréales réagissent fasse à la montée vertigineuse des prix des produits de première nécessité ? C’est ce que nous avons voulu savoir. La Présidente du Réseau des Transformatrices de Céréales du Faso (R.T.C.F.), Madame Djama DADJOARI, a accepté se confier à nous.
Lisez plutôt !

San Finna: Comment ressentez vous le problème de la vie chère vous qui êtes aussi transformatrice ?

La vie chère frappe tout le monde, et en tant que ménagère, il y a certains mets que je ne fais plus. Par exemple, je n’utilise plus l’huile dans toutes mes sauces. Il y a aussi des savons que j’ai abandonnés pour prendre d’autres de moindre qualité. Ça amène vraiment à changer nos habitudes alimentaires et tout.

San Finna : Et sur les produits que vous transformez, avez-vous augmentez les prix ?

En tant que transformatrice, j’ai constaté aussi que mes clients ont abandonné certains produits. Je ne vends plus comme avant. Les ventes ont vraiment baissé.
Si j’achète la matière première plus chère que d’habitude, je suis obligée d’augmenter les prix pour avoir quelque chose puisque c’est le bénéfice que je cherche. Si je n’augmente pas le prix, comment je pourrais encore acheter la matière première et continuer à travailler ?

San Finna : Avez-vous été satisfaite des mesures que le gouvernement vient de prendre ?

Je ne suis pas satisfaite parce que les commerçants n’ont pas accepté baisser les prix. J’ai suivi dans une radio des commerçants se prononcer et refuser de baisser les prix. Et il y a quelques jours ils avaient refusé de vendre le sac de riz de 50 kg. Dans ces conditions, le client est contraint de négocier. Donc depuis ce temps je n’ai pas acheté quelque chose d’autre.

San Finna : Avez-vous des exemples de denrées qui n’ont pas baissé ?

En ce qui concerne les céréales, ça n’a pas changé. Le prix du riz n’a pas changé comme le gouvernement l’a souhaité. Quant au sucre, le prix plutôt augmenté. J’achetais le carton à 17.000 FCFA, on me l’a vendu à 20.000 FCFA.

San Finna : Avez-vous une solution miracle pour le gouvernement ?

Y a pas de miracle puisque les gens achètent avec pour objectif de faire des bénéfices. Si les prix sont chers ils vont vendre cher, mais c’est aux autorités de voir, de se concerter avec toutes les parties prenantes, tous les acteurs pour trouver une solution. C’est un problème d’ensemble dont seul, le gouvernement ne pourra rien résoudre.

Il faut rencontrer tous les acteurs, peut-être les concerter séparément et ensuite les réunir pour faire une synthèse afin de dégager des pistes pour une solution durable.

San Finna : Et si on sanctionnait ceux qui refusent de baisser les prix ?

La sanction ne marchera pas. Comment sanctionner un commerçant ? Est-il sous l’autorité du gouvernement ? Je crois que ça ne marchera pas. Ça va même aggraver la situation. Les commerçants vont encore sortir manifester peut être violemment.

L’Etat doit négocier il ne doit pas imposer. Avec la négociation, on aboutit toujours à de bons résultats et cela a fait ses preuves partout.

Lamine Koné / Aristide Ouédraogo





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