Mise à jour le 09/03/2008
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San Finna N°454 du 10 au 16 Mars 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

POUR OU CONTRE LE NOUVEAU SYSTEME DE NOTATION DES FONCTIONNAIRES ET AGENTS CONTRACTUELS ?

Conformément à la loi n° 13/98/AN du 28 avril 1998 en ses articles 78 (pour les fonctionnaires) et 192 (pour les agents contractuels), tous les agents de l’Etat doivent faire l’objet d’une évaluation annuelle. Les résultats chiffrés de cette évaluation sont censés exprimés leur rendement dans le service où ils travaillent. Alors, chaque année, on attribue à tout agent, une note qui varie de 1 à 10. Si les agents qui ont la qualité de supérieur hiérarchique immédiat sont notés et même évalués uniquement sur la base du taux de réalisation de leurs programmes d’activités, il en est autrement pour les agents de la Fonction publique qui n’ont pas la qualité de supérieur hiérarchique immédiat. Ainsi, leur rendement s’évalue sur la base d’une fiche d’indication des attentes, des critères de compétence professionnelle, de conscience professionnelle, de sens du service public et de comportement social. Un système de notation que certains n’approuvent pas pour son côté pervers et pernicieux pendant que d’autres applaudissent parce que l’administration a besoin de performance, donc d’agents compétents et travailleurs.

LE SYSTEME DE LA NOUVELLE NOTATION A ETE AMELIORE ET EST BON : L’AGENT EST MEME NOTE EN SA PRESENCE

Il est important d’adapter notre administration pour la rendre à même de mieux maîtriser les lignes budgétaires. Des pays comme le nôtre doivent avoir des travailleurs conscients, honnêtes et qui ont le sens du bien public pour s’inscrire très vite dans le club des pays émergents. Mlle Djibo Alimata, Secrétaire de direction au Comité national de la Concurrence et de la consommation, pense quant à elle que « C’est une bonne chose du point de vue de l’approche. Je pense que noter les fonctionnaires du point de vue de leur rendement va permettre une certaine performance de l’administration. Cela va aussi résoudre le problème des retards, des absences non justifiées et même du délaissement des bureaux. Peut être que c’est ce qui va permettre à l’administration d’être efficace et de répondre aux attentions des populations ». Mr Bakari Diéni, Directeur des Etudes et de la Planification du Ministère Chargé des Relations avec le Parlement, dira pour sa part : « L’administration tout comme tout système à des objectifs à atteindre et ces objectifs ne peuvent pas être atteint si ceux qui sont chargés pour son animation n’agissent pas conformément aux missions et aux résultats qui sont attendus d’eux. Pour alors avoir une administration efficace, il faut quand même un système quelconque d’évaluation et le gouvernement à trouvé que la notation est un système dévaluation. C’est un choix qui a été fait et peut être pourrait amener les fonctionnaires à être performants ». Et comme l’agent est noté et évalué en sa présence, cela lui permet de faire éventuellement appel de sa note. Au total, le pouvoir a fait des améliorations dans le nouveau système de notation Alors, arrêtons de tirer à boulets rouges sur tout et sur cette mesure en particulier !

TOMI.

L’AVANCEMENT AU MERITE NE DOIT PAS ETRE RETENU CAR IL RISQUE DE SE FAIRE SUR LA BASE POLITIQUE


Parmi ceux qui sont remontés contre ce système de notation, figurent en bonne place les enseignants du primaire et le corps de la santé. Ainsi, à travers une cinglante déclaration, le syndicat national des travailleurs de l’éducation de base (SYNATEB) dénonce le système de notation qui a été concocté sans avoir été consultés ni associé à leur phase d’élaboration. Le syndicat pense que les enseignants sont les dindons de la farce. « Les tenants du pouvoir de la 4ème République que sont les présidents d’institutions publiques, les membres du gouvernement, les personnalités ayant rang de ministre, les députés, les ambassadeurs, les consuls généraux ayant qualité de fonctionnaire ou de contractuel de l’Etat, ont décidé de s’octroyer eux-mêmes, de façon automatique, une note de 9/10, et cela pendant la durée de leur mandat », martèle le SYNATEB. On ne peut que le croire sur parole, ce syndicat, et être alors outré par cette décision tout à fait arbitraire pour ne pas dire hallucinante, du pouvoir ! Par ailleurs, le syndicat pense que, contrairement aux anciens systèmes de notation, les bases et les critères de notation du nouveau système sont disparates selon que l’on soit notateur ou noté et selon les emplois. Et le syndicat de s’indigner : « Les travailleurs sont en droit de s’inquiéter pour leur évaluation par des premiers responsables dont la carrière n’est pas exempte de tout reproche ». Mais le plus grave dans ce système d’avancement dit de mérite, c’est qu’il est totalement injuste, qu’il conduira à l’institutionnalisation de la délation alors que nous sommes censés être dans un Etat de droit. Des militants de contre-pouvoirs le disent haut et fort : ce système leur nuira en priorité car il sera l’occasion de règlements de comptes qui ne diront pas leur nom. Comme quoi, le gouvernement gagnerait véritablement en revoyant la copie de ce système de notation !



TOZI.

Citation de la semaine

«Il n’est pas donné à n’importe qui d’introduire frauduleusement d’importantes quantités de marchandises au Burkina sans être inquiété. Il faut être politiquement ou économiquement fort ou avoir des accointances avec les tenants du pouvoir »

Boubacar Diawara
(Président de la Coordination des travailleurs des industries pour la lutte
contre la fraude - CTILF)






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