|
POUR
OU CONTRE LE NOUVEAU SYSTEME DE NOTATION DES FONCTIONNAIRES
ET AGENTS CONTRACTUELS ?
Conformément
à la loi n° 13/98/AN du 28 avril 1998
en ses articles 78 (pour les fonctionnaires) et
192 (pour les agents contractuels), tous les agents
de l’Etat doivent faire l’objet d’une
évaluation annuelle. Les résultats
chiffrés de cette évaluation sont
censés exprimés leur rendement dans
le service où ils travaillent. Alors, chaque
année, on attribue à tout agent, une
note qui varie de 1 à 10. Si les agents qui
ont la qualité de supérieur hiérarchique
immédiat sont notés et même
évalués uniquement sur la base du
taux de réalisation de leurs programmes d’activités,
il en est autrement pour les agents de la Fonction
publique qui n’ont pas la qualité de
supérieur hiérarchique immédiat.
Ainsi, leur rendement s’évalue sur
la base d’une fiche d’indication des
attentes, des critères de compétence
professionnelle, de conscience professionnelle,
de sens du service public et de comportement social.
Un système de notation que certains n’approuvent
pas pour son côté pervers et pernicieux
pendant que d’autres applaudissent parce que
l’administration a besoin de performance,
donc d’agents compétents et travailleurs.
|
| LE
SYSTEME DE LA NOUVELLE NOTATION A ETE AMELIORE ET
EST BON : L’AGENT EST MEME NOTE EN SA PRESENCE
Il
est important d’adapter notre administration
pour la rendre à même de mieux maîtriser
les lignes budgétaires. Des pays comme le
nôtre doivent avoir des travailleurs conscients,
honnêtes et qui ont le sens du bien public
pour s’inscrire très vite dans le club
des pays émergents. Mlle Djibo Alimata, Secrétaire
de direction au Comité national de la Concurrence
et de la consommation, pense quant à elle
que « C’est une bonne chose du point
de vue de l’approche. Je pense que noter les
fonctionnaires du point de vue de leur rendement
va permettre une certaine performance de l’administration.
Cela va aussi résoudre le problème
des retards, des absences non justifiées
et même du délaissement des bureaux.
Peut être que c’est ce qui va permettre
à l’administration d’être
efficace et de répondre aux attentions des
populations ». Mr Bakari Diéni,
Directeur des Etudes et de la Planification du Ministère
Chargé des Relations avec le Parlement, dira
pour sa part : « L’administration
tout comme tout système à des objectifs
à atteindre et ces objectifs ne peuvent pas
être atteint si ceux qui sont chargés
pour son animation n’agissent pas conformément
aux missions et aux résultats qui sont attendus
d’eux. Pour alors avoir une administration
efficace, il faut quand même un système
quelconque d’évaluation et le gouvernement
à trouvé que la notation est un système
dévaluation. C’est un choix qui a été
fait et peut être pourrait amener les fonctionnaires
à être performants ». Et
comme l’agent est noté et évalué
en sa présence, cela lui permet de faire
éventuellement appel de sa note. Au total,
le pouvoir a fait des améliorations dans
le nouveau système de notation Alors, arrêtons
de tirer à boulets rouges sur tout et sur
cette mesure en particulier !
TOMI. |
L’AVANCEMENT
AU MERITE NE DOIT PAS ETRE RETENU CAR IL RISQUE
DE SE FAIRE SUR LA BASE POLITIQUE
Parmi
ceux qui sont remontés contre ce système
de notation, figurent en bonne place les enseignants
du primaire et le corps de la santé. Ainsi,
à travers une cinglante déclaration,
le syndicat national des travailleurs de l’éducation
de base (SYNATEB) dénonce le système
de notation qui a été concocté
sans avoir été consultés ni
associé à leur phase d’élaboration.
Le syndicat pense que les enseignants sont les dindons
de la farce. « Les tenants du pouvoir
de la 4ème République que sont les
présidents d’institutions publiques,
les membres du gouvernement, les personnalités
ayant rang de ministre, les députés,
les ambassadeurs, les consuls généraux
ayant qualité de fonctionnaire ou de contractuel
de l’Etat, ont décidé de s’octroyer
eux-mêmes, de façon automatique, une
note de 9/10, et cela pendant la durée de
leur mandat », martèle le SYNATEB.
On ne peut que le croire sur parole, ce syndicat,
et être alors outré par cette décision
tout à fait arbitraire pour ne pas dire hallucinante,
du pouvoir ! Par ailleurs, le syndicat pense que,
contrairement aux anciens systèmes de notation,
les bases et les critères de notation du
nouveau système sont disparates selon que
l’on soit notateur ou noté et selon
les emplois. Et le syndicat de s’indigner
: « Les travailleurs sont en droit de
s’inquiéter pour leur évaluation
par des premiers responsables dont la carrière
n’est pas exempte de tout reproche ».
Mais le plus grave dans ce système d’avancement
dit de mérite, c’est qu’il est
totalement injuste, qu’il conduira à
l’institutionnalisation de la délation
alors que nous sommes censés être dans
un Etat de droit. Des militants de contre-pouvoirs
le disent haut et fort : ce système leur
nuira en priorité car il sera l’occasion
de règlements de comptes qui ne diront pas
leur nom. Comme quoi, le gouvernement gagnerait
véritablement en revoyant la copie de ce
système de notation !
TOZI.
|