*
Lors des émeutes, toutes les données de
l’Etat-civil de la mairie de Bobo-Dioulasso ont
brûlé. On rage contre les vandales qui
ont ainsi mis nombre de Burkinabé dans les problèmes
mais au fond, la mairie n’est-elle pas quelque
part coupable de négligence ? N’aurait-elle
pas dû dupliquer les données pour les garder
en sécurité ? D’ailleurs, cette
précaution, à ce qu’il paraît,
a bien été prise par la mairie de Ouagadougou.
Sait-on jamais, un avis n’est pas de trop par
les temps qui courent, pour les autres mairies !
* Le très controversé Mécanisme
africain d’évaluation par les pairs (MAEP)
s’est fait signaler ces derniers jours au Burkina
Faso. S’il est peu probable, compte tenu de la
désaffection profonde qui ronge le NEPAD et plus
généralement l’Union africaine (son
maître d’œuvre) que le mécanisme
connaisse une meilleure fortune, il faut relever que
le souci d’associer par-delà la société
civile, l’opposition, aux échanges, a été
bien apprécié. Cela est venu un peu corriger
la petite surchauffe que l’évènement
a connu pour l’invitation oubliée de la
Région du Centre qui a provoqué plus que
des grognements, pour beaucoup qui ont vu passer une
occasion de paraître ou de profiter.
* Les chiffres de la plus grosse usine américaine
de construction de véhicules, la « General
Motors », sont terribles : elle vient de perdre
39 milliards de dollars et envisage de reconvertir ou
de mettre en retraite anticipée, 74.000 de ses
salariés. L’explication de cette perte
est intéressante : les Américains ne veulent
plus de grosses voitures qui consomment de l’essence
à tout va. Même si on regrette évidemment
pour les salariés qui eux vont payer le prix
fort, il est bon que l’environnement joue ainsi
sur la demande et influence l’offre ! Vivent les
petites voitures pas chères et qui consomment
peu !
* Ca a fait la Une des médias chez nous : «
Ils ne manifesteront plus sur la voie publique !».
Mais de qui parlait-on ? Des 33 nouveaux futurs conseillers
du Département des affaires étrangères,
qui contrairement aux agents du SAMAE (qui avaient manifesté
dans la rue et ont été sanctionnés
comme on sait), promettent eux, d’être sages.
C’était à l’occasion de leur
cérémonie d’accueil dans la grande
maison. Voici la phrase in extenso qu’y a prononcé
Djibril Bassolet : «Monsieur le premier Ministre,
dites au président du Faso qu’ils ont pris
l’engagement de ne plus manifester sur la voie
publique. Ils ont ajouté une doléance,
ils demandent l’appui du gouvernement pour s’habiller
décemment en costume cravate, tailleur ou en
Faso Dan Fani ». Et il s’en serait suivi
des applaudissements à tout rompre. Il appartiendra
prioritairement aux mouvements de droits de l’homme,
aux syndicats, aux partis politiques, d’apprécier
dans toutes leurs conséquences, ces propos et
les conditions dans lesquelles ils ont été
prononcés. Mais d’ores et déjà,
on peut dire que le crédit d’un Etat ne
se mesure pas au degré de soumission, de servitude
de ses citoyens envers l’Etat mais en la capacité
de celui-ci à faire face aux demandes des citoyens.
Au demeurant, les serments d’allégeance
sous cette forme se faisaient intuitu personæ
entre seigneurs et féaux au Moyen Age ! Aujourd’hui,
dans le cadre de la république, s’il y
a nécessité de serment, il ne peut être
porté que sur la Bible, le Coran ou la Constitution.
* On n’arrête vraiment pas le progrès.
Des véhicules sont de plus en plus équipés
d’un éthylotest anti-démarreur.
Mais c’est quoi ça ? Ce n’est pas
l’appareil dans lequel les policiers sur les routes
européennes ou américaines, contraignent
les conducteurs à souffler pour voir le degré
d’alcoolémie dans le sang et éventuellement
retirer le permis de conduire du conducteur qui a abusé
d’alcool ; c’est un appareil du même
genre mais qui empêche les conducteurs qui s’adonnent
à la boisson d’utiliser leurs véhicules
en état d’ébriété
: avant tout démarrage du véhicule, le
conducteur doit souffler dans l'éthylotest électronique
installé dans sa voiture et s’il est «
nickel », le moteur démarche ; s’il
n’est pas «nickel », le moteur ne
démarre pas. Il fallait y penser ! L'éthylotest
est déjà disponible comme option sur certains
véhicules et est facturé à environ
800 euros (environ 500.000 fcfa) ; cher, c’est
vrai mais ne dit-on pas que la sécurité
n’a pas de prix ? Pensez à toutes les vies
humaines qui seront sauvées grâce à
cet appareil ! Ah si on pouvait seulement en équiper
les autobus chez nous, ce serait déjà
très bien mais c’est pas pour demain, c’est
sûr !
* Ca va faire bientôt un an qu’a eu lieu
chez nous au Faso, le double assassinat suivi d’actes
de barbarie de Maré Bambo et Bancé Sampandé.
Mais où en est-on dans ce dossier qui a tant
fait de bruit ? Mystère et boule de gomme !
* Un article d’un professeur de fiscalité
au Burkina Faso, paru dans la presse, fait beaucoup
de bruit en ce moment. Mr Séni M. Ouédraogo,
puisque c’est de lui qu’il s’agit,
explique dans cet intéressant point de vue, qu’il
ne comprend pas qu’on puisse en arriver, dans
un Etat de droit, à décider de recouvrements
par voie réglementaire alors que la loi est seule
habilitée à décider des taxes.
Il explique également que la patente véhicule
et la taxe sur l’électrification (toutes
deux taxes de développement) qu’on vient
d’instituer sont des impôts de nature identique
et qu’ « il est incohérent de faire
cohabiter deux prélèvements qui ont la
même nature ». En tout cas, espérons
que le pouvoir reviendra sur ces deux mesures dont les
Burkinabé entendent de plus en plus parler et
qu’ils commencent à dénoncer. L’électricité
a déjà augmenté en 2006 et, ne
l’oublions pas, elle est l’une des plus
chères de la région ! Pour ce qui est
de la patente remise au goût du jour avec une
autre appellation, les Burkinabé n’apprécient
pas la manière sans compter qu’elle tombe
au plus mal en ces moments de galère généralisée.
Alors, à bon entendeur…
* Dans la rubrique « Confidentiels » du
quotidien « Le Point », on peut lire ceci,
daté du 19/02/2008 sur la situation militaire
au Tchad : « La France va livrer des hélicoptères
armés de canons au Tchad À la suite d'une
demande très récente d'Idriss Déby
pour des hélicoptères d'attaque armés
de canons de 20 mm, le gouvernement français
a demandé aux armées de trouver le plus
discrètement possible des appareils d'occasion
qui pourraient convenir. Deux Écureuil AS355F
de l'Armée de l'air, autrefois déployés
en Guyane et stockés à Châteaudun,
ont d'ores et déjà été recensés,
ainsi que plusieurs Gazelle SA341F dont l'Armée
de terre est en train de se séparer ».
Voici ce qu’en dit dans le même organe,
un Internaute : « Décidément les
relations entre la France et le Tchad sont au beau fixe.
Que va-t-on proposer après les hélicoptères
au dictateur tchadien, peut-être des armes bactériologiques
pour éliminer tous les rebelles et leurs proches
? ».
* Chez nous, le site aurifère « Epara 2
» à Kyon a été fermé
sur instruction du gouverneur de la région du
Centre Ouest, Baworo Seydou Sanou. On sait que des éboulements
avaient fait un mort le 31 janvier passé et un
autre le 7 février. On ne peut que féliciter
cette mesure car il est temps que les gens comprennent
qu’il faut respecter la réglementation
en vigueur dans ce domaine. Les autorités ont
été fermes et ont annoncé qu’en
plus d’une permanence sur le site afin que la
loi soit respectée, il y aura des contrôles
inopinés et que la loi sera appliquée.
* C’est l’Organisation mondiale de la santé
(OMS) qui vient de rendre publique, la nouvelle : le
lancement en fin 2009 d’un nouveau vaccin plus
efficace contre la méningite. Les essais ont
été très concluants : le vaccin
est « sûr » et assure une forte immunité.
Son nom ? Le minafrivac. La durée de l’immunité
? 10 ans ; à noter que l’ancien immunisait
les individus pendant seulement 2 à 3 ans. D’où
nous vient-il ? Du laboratoire indien Serum institut
for India. Protégera-t-il tout le monde ? Oui,
alors que les vaccins précédents ne protégeaient
pas les enfants de moins de 2 ans. Son prix ? Une misère
: 200 FCFA la dose ! Il va falloir donc être patient
encore quelque temps. A ce prix, en tout cas, si les
choses sont bien faites, on ne devrait quasiment plus
entendre parler de méningite !
* La cour d'appel du Tribunal spécial pour la
Sierra Leone (TSSL) a confirmé le 22 février,
la condamnation de 3 anciens chefs rebelles –
Brima, Kanu, Kamara- à des peines allant de 45
à 50 ans d'emprisonnement pour crimes de guerre
et crimes contre l'humanité. Il étaient
inculpés depuis 5 ans, convaincus d’appartenir
au terrible Conseil des forces armées révolutionnaires
(CFAR), un groupe rebelle responsable de nombreuses
atrocités, notamment des viols, des meurtres
et des mutilations de civils ; groupe soutenu par l'ex-président
libérien Charles Taylor. Si eux ont eu droit
à 50 ans de prison, on se demande à combien
aura donc droit Taylor ? 75, 80 ans ?
* C’est le dernier conseil des ministres qui nous
l’a appris : « Suite aux graves dysfonctionnements
constatés dans certains conseils municipaux et
malgré les efforts de médiation entrepris
par l'Association des municipalités du Burkina
(AMB) et du ministère de tutelle, le blocage
s'est installé amenant les autorités à
prononcer leur dissolution. Ainsi les conseils municipaux
de Gounghin dans le Kourittenga, Bané dans le
Boulgou, Yondé dans le Koulpélogo et Nasséré
dans le Bam sont dissous. Conformément aux dispositions
du Code général des collectivités
territoriales, de nouvelles élections seront
organisées dans un délais de quatre vingt
dix (90) jours ». Avec le code électoral
que nous avons et les habitudes déloyales qu’on
sait pour la tenue des scrutins, pas sûr que ces
élections passionnent !
* Dominique Strauss Khan, le patron du FMI, sera dans
notre pays du 24 au 26 février 2008. Le directeur
général du Fonds monétaire international
(FMI) fait une tournée africaine pour discuter
avec les dirigeants africains des défis auxquels
ils devront faire face cette année, surtout avec
le ralentissement de l'économie mondiale. Ne
risque-t-il pas de lâcher un peu du lest compte
tenu des dernières émeutes ? Cela traverse
l’esprit des Burkinabé car on l’imagine
mal venir dire que le FMI va encore plus resserrer l’étau
sur les pays africains !
* On se souvient du Prix « Doing Business »
qui avait récompensé le Burkina Faso.
Il était l’objet de critiques sur son bien-fondé
et sur ses critères d’attribution. Eh bien,
il refait parler de lui au niveau de son Programme «
Doing Business Better in Burkina Faso » dont on
entend intéresser les Honorables burkinabé.
Ce programme sera-t-il adoubé jusqu’aux
députés de l’opposition chez nous
? On le dit, on l’écrit ! C’est clair
qu’on mettra le prix qu’il faut notamment
au niveau des perdiems, mais tout de même !
* Le jeudi 21 février à 16 h, au siège
du CDP à Bobo-Dioulasso, c’était
dit-on la grande veillée d’armes. Dans
l’optique d’aller casser du militant comme
au bon vieux temps de l’ARDC/CFD, un ministre
aurait contribué pour un montant de 500.000 fcfa
et une brochette de députés pour des montants
variant de 75.000 à 100.000 fcfa. Un maire serait
aussi allé à hauteur de 500.000 f mais
un sage coup de fil venu de Ouagadougou aurait ramolli
les ardeurs de ces va-t-en guerre, conscients que la
situation commandait des attitudes moins instinctives
et belliqueuses et qu’en tous les cas, à
d’autres temps, il faut d’autres mœurs.
* La Suisse envisage de porter plainte contre le Tchad
parce qu’un avion d'entraînement Pilatus
du type PC-9 qu’elle a livré au Tchad a
été équipé du système
d'accrochage nécessaire à son armement,
que l'appareil a probablement été armé
et que l'appareil incriminé aurait été
régulièrement impliqué dans des
combats livrés le long de la frontière
entre le Tchad et le Soudan, selon le Département
fédéral de l'économie. Pas étonnant
mais au fait, depuis quand la Suisse, ce pays neutre
et si pacifiste, vend-elle des armes ? La dépêche
suisse précise qu’il n’est toutefois
pas question « de soutenir l'initiative populaire
visant à interdire la vente à l'étranger
de ce genre d'équipement ». Qui est fou
? Quand on dit que l’armement rapporte, c’est
que ça rapporte vraiment !
* Le président Laurent Gbagbo, arrivé
le 24 février à Ouagadougou, a bénéficié
encore une fois d’un accueil haut en couleurs
au cours duquel la présence de ses Amis («
Amis de Laurent Gbagbo ») aura été
très remarquée.
* Décidément, Nicolas Sarkozy est en train
de passer, dans le domaine des gaffes, dans la postérité.
A l’occasion d’une visite au Salon de l’agriculture,
il s’est laissé aller à son péché
mignon, le bain de foule, et il a tendu la main à
un homme d’âge mûr qui lui a dit ceci
: « touche-moi pas car tu me salis ». Pas
du tout démonté, le président français
lui a répondu « alors casse-toi, pauvre
con ». Il ne savait pas qu’il y avait à
l’affût, un micro espion qui depuis, régale
le monde de cette sortie épicée. S’il
y en a qui disent que ce président est finalement
un président pur jus français et lui passent
son dérapage, d’autres plus nombreux malheureusement,
en reviennent toujours à cette question de plus
en plus lancinante : est-il fait pour le « job
» ?
* Chez nous, le ministre d’Etat Safif Diallo séjournerait
en Afrique du Sud, et on extrapole sur cette visite
à n’en plus finir, au pays des hommes intègres.
* Et pour finir, on vient d’apprendre chez nous
que le célèbre commerçant Madi
Porgo, qui avait été arrêté
suite aux troubles qu’a connus la ville, a été
libéré dans la matinée du 24 février.