San
Finna N°451 du
18 au 24 Février 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
APPUI
A LA SOTRACO
L’ETAT VA L’AIDER MAIS ON SE POSE DES QUESTIONS
Le
dernier Conseil des ministres du 13 février 2008
a prévu l'acquisition de cent (100) bus et un appui
financier de l'Etat à ce qu’on pourrait appeler
la restructuration de la Société de transport
en commun de Ouagadougou (SOTRACO). Cette venue de 100
bus voire plus est une chose louable quand on sait à
quel point les Burkinabé ont besoin de transports
en commun eu égard à la flambée des
hydrocarbures et de la vie chère d’une manière
générale, mais des questions demeurent.
Voilà
d’abord les décisions prises par le gouvernement
en ce 13 février : « Pour assurer
une viabilité de la SOTRACO, l'Etat s'engage
au regard de sa mission de
service public à maintenir son appui financier
à la société, à lui
rétrocéder par l'entremise de la Mairie
de Ouagadougou trente (30) bus et à l'accompagner
dans l'acquisition de cent (100) nouveaux bus pour
un montant de treize milliards neuf cent soixante
six millions huit cent quatre vingt douze mille
neuf cent vingt trois (13 966 892 923) F CFA provenant
de don, subvention et prêt concessionnel
».
C’est
bien qu’on annonce l’arrivée de bus
quand on sait comment c’est la galère pour
circuler dans notre capitale et nous avons cherché
à rencontrer les gens du secteur pour en savoir
plus.
Nous apprendrons, même si ce fut très difficile
de glaner des informations, que l’acquisition des
bus se fera par lots et s’étalera sur toute
l’année 2008 et probablement jusqu’en
2009. On parle de 100 bus neufs de marque DAF qui pourraient
être livrés dès le deuxième
trimestre 2008. Ces bus seront affectés au «
renforcement des lignes existantes et à l’extension
du réseau pour la couverture totale de la commune
urbaine de Ouaga », nous confie une source
proche de la SOTRACO.
Poussant plus loin, nous avons cherché à
savoir si les tarifs n’allaient pas diminuer compte
tenu de la cherté de la vie. Cette augmentation
des bus ne peut pas, selon la même source, entraîner
de diminution systématique des tarifs du ticket
et de l’abonnement, vu l’augmentation du prix
du carburant, le nécessaire entretien des bus et
surtout compte tenu de « la qualité des
services qui seront offerts à la clientèle
», sans qu’on en sache plus sur ces services
de qualité.
Nous avons également voulu être plus éclairé
sur cette bénéfique subvention annuelle
forfaitaire de cinq cents millions (500.000.000) de francs
CFA accordée par l’Etat à la société
pour assurer le transport de personnes indigentes, dont
a fait état le rapport en Conseil des ministres
(et dont nous nous félicitions, pensant que la
liste des personnes indigentes amenées à
voyager à tarif réduit, allait augmenter).
Malheureusement là aussi, nous avons dû déchanter
car il nous a été dit que ce geste de l’Etat
risque plutôt d’aller à la SOTRACO
en tant que telle car la société a déjà
des tarifs sociaux pour les élèves, étudiants
et les personnes handicapées…, ceci sans
compter que la boîte fonctionne à perte.
Donc, c’est plutôt dans le but de permettre
à la société de bien remplir sa mission
de service public que l’Etat a prévu de l’accompagner
à travers cette subvention. Alors, à ce
niveau, rien de nouveau sous le soleil, comme qui dirait
!
Les questions et les non-dits, il y en a encore et toujours.
Pour ce qui est du montant de près de 14 milliards
FCFA, on aurait aimé qu’on nous dise à
nous citoyens, au titre de la transparence, quels seront
les montants précis en don, subvention et prêt
concessionnel !
Par ailleurs, et c’est une question capitale, l’Etat,
qui s’est engagé à contribuer à
hauteur de 750 millions de FCFA au titre de la recapitalisation
de la société, ne se lance-t-il pas là
dans un cycle infernal puisque, quelque soit Alpha –en
tout cas jusqu’à présent- la SOTRACO
n’est pas rentable ? Faut-il alors revenir sur cette
privatisation bizarre puisqu’on sait que la mairie
est actionnaire de la SOTRACO et re-confier le secteur
à l’Etat et à lui seul puisque ça
n’a pas marché ou ouvrir le marché
pour une privatisation totale et saine pour voir ce que
ça donne ?
Pour
finir, si on peut dire « Vivement ces bus »,
il faut aussi espérer que Tertius Zongo qui s’est
annoncé comme un vrai Zorro, suive de près
ce dossier pour éviter les pots de vin et autres,
qui risquent d’être hélas au rendez-vous
vu le montant élevé de l’opération
!