Mise à jour le 17/02/2008
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°451
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope
PUBLICITES

Galerie de photos

 
 
LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni

RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°451 du 18 au 24 Février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

MAMADOU KOULIBALY REMET SUR LE TAPIS
LA QUESTION DU DECROCHAGE D’AVEC LE FCFA
UNE SORTIE QUI FAIT DES VAGUES, ET POURTANT !

Depuis que lors d’un meeting, le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Mamadou Koulibaly, est revenu sur son idée de décrochage d’avec le FCFA, l’émotion de certains perle par-delà les frontières ivoiriennes. Il n’en manque pas pour considérer que cette saillie est une espèce de bravade que justifie la période préélectorale ; d’autres la tiennent tout simplement pour une hérésie qui n’ira pas bien loin parce qu’elle sera combattue jusque dans le propre camp de son défenseur.

Mais qu’a dit au juste le président Mamadou Koulibaly ? Le « 24 heures » reprend

Mamadou KOULIBALY
quelques-uns de ces propos, en ces termes : « …on ne peut pas continuer avec un franc CFA surévalué qui nous appauvrit. On a une monnaie digne de l’Allemagne d’aujourd’hui, alors que nous sommes une économie pauvre d’Afrique…. Ca peut être dur mais le Ghana a sa monnaie, le Nigeria a sa monnaie, la Guinée a sa monnaie, le Libéria a sa monnaie, l’Afrique du Sud a sa monnaie, la Tanzanie a sa monnaie. Mais pour nous là, on dit que non la France dit, elle ne veut pas. Il faut qu’on arrête de dire ce que la France veut avant qu’on fasse. Le gouvernement français n’a qu’à gérer la France, c’est son droit et laisser les Africains gérer l’Afrique, c’est tout.

Pour dire vrai, il y a quand même de l’étonnement dans cette espèce de déchaînement que l’on sent par endroits.

Tout d’abord, ce n’est pas la première fois que l’agrégé en économie met sur le tapis, cette question. Au plus fort de la crise, alors même qu’il n’y avait pas de perspective électorale à l’horizon, il en a parlé comme étant un des passages obligés pour la Côte d’Ivoire de recouvrer sa souveraineté et de mettre son économie au service de l’intérêt national.

Il faut reconnaître d’ailleurs qu’il est arrivé de temps en temps au président Laurent Gbagbo lui-même, soit par calcul, soit par conviction, de laisser perler cette éventualité. L’idée du reste est loin d’être aux yeux de nombreux experts du continent et d’ailleurs, assimilable à une incongruité. Nombre d’entre eux en effet estiment que ce franc CFA arrimé à l’euro par le canal du Trésor français avec toutes les prestations et les sujétions qui en découlent pour l’indépendance des pays de la zone CFA, est trop lourd à supporter.

Pour dire vrai, cette idée paraît si normale aux yeux de certains économistes que l’on en voit ces temps-ci qui préconisent un décrochage au profit d’une monnaie africaine qui reposerait sur les matières premières essentielles dont regorge l’Afrique : café, coton, or, pétrole…

Le trader vedette Mostafa Belkhayate, dans un entretien au journal « Les Afriques », explique par exemple que l’or « va monter avec force ». Pour lui, une once d'or (NDLR : 31.035 grammes d’or, au cours d’environ 900 dollars) va monter à 1450 dollars US en décembre 2008 et même à 2.000 dollars US en 2009. L’or « va quitter sa dimension de matière première pour la dimension devise ». Et ce n’est pas tout puisque, pour notre spécialiste, «le pétrole se dirige vers 150 USd le baril sur les 2 prochaines années… ». La conclusion pour lui est simple : « étudier sérieusement la problématique de créer une devise africaine, non pas basée sur une autre devise étrangère, mais sur un panier de matières premières typiquement africaines, comme l'or, le pétrole, le café, le cacao, le coton. Je suis convaincu que la solution du développement africain passe par cette véritable indépendance monétaire ».

Tout cela pour dire que si Mamadou Koulibaly remet cette question en jeu, on s’en étonnera d’autant moins que le contexte s’y prête avec en France un président élu qui, après avoir prôné la rupture, esquisse un glissement vers une Françafrique qu’il semble vouloir servir avec plus de conviction que son devancier, Jacques Chirac.

Par ailleurs, le fait que Nicolas Sarkozy ne montre pas des signes tangibles qu’il veut la réconciliation avec la Côte d’Ivoire peut convaincre des hommes comme le président de l’Assemblée nationale qui ont été échaudés qu’il ne faut en aucun cas relâcher l’étreinte et qu’au-delà des échéances électorales à venir, la bataille qu’il importe de gagner, c’est celle de la souveraineté monétaire.

Enfin, il ne faut pas occulter que l’intégration est une entreprise collective, puisant ses forces dans l’esprit de solidarité. Un pays comme la Côte d’Ivoire, même gouverné par des panafricanistes convaincus, peut par moments sentir l’exacerbation de jouer du violon pour faire danser les autres et caresser l’idée de se retrouver quelque temps avec elle-même pour refaire ses forces avant de revenir avec plus de force dans l’intégration. Elle peut d’autant plus le faire que pendant la crise qu’on lui a imposée et dont elle a tant souffert, on n’a pas beaucoup senti de solidarité à son endroit. Et puis, à ce qu’on sache, l’Angleterre n’est pas encore dans l’Euro mais elle ne participe pas moins à la construction européenne.

V.T

 





Site réalisé par Come Tell The World