Mise à jour le 03/02/2008
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San Finna N°449 du 04 au 10 Février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

AUTOUR DU PROGRAMME DE DEVELOPPEMENT INTEGRE
DE LA VALLEE DE SAMANDENI
ON S’EXALTE MAIS ON S’INQUIETE AUSSI

On n’en a que pour Samandéni et c’est bien normal. Le projet, au coût faramineux de plus de 260 milliards de fcfa, provoque des sentiments contrastés. Et il fallait s’y attendre.

D’aucuns disent que c’est époustouflant, qu’il fallait oser le faire et qu’on l’a fait, que ça va retenir les gens au pays au lieu de les amener à quitter le Burkina pour aller en Côte d’Ivoire, que la sécurité alimentaire sera enfin assurée avec la construction du barrage et de la centrale hydroélectrique qui aidera à plus de productivité sans oublier que seront pris en compte la transformation, la commercialisation des produits du cru sur place, le développement d’un pôle agro-industriel, du tourisme et de l’hôtellerie. Ils disent aussi que c’est le plus grand projet jamais initié par un pouvoir au pays, qu’on y a mis tout son cœur, qu’on a pris toutes les précautions pour que les gens déguerpis soient bien dédommagés….On dit aussi que le pouvoir va accepter les quotas sur le riz afin que le riz local se vende mieux, que l’électricité y coûtera moins cher qu’ailleurs et que donc, les prix seront compétitifs.

Mais d’aucuns disent qu’on a mis la charrue avant les bœufs, qu’on a eu les yeux plus gros que le ventre car il fallait s’assurer préalablement que les paysans allaient se bousculer au portillon pour pouvoir s’y installer. Et la réponse de Salif Diallo à la question de notre confrère du journal Le Pays (N° 7060 du 30 janvier 2008) (« Mais si les opérateurs privés pour X ou Y raisons ne répondent pas, vous faites quoi ? » : « Si les privés n’investissent pas, ce qui m’étonnerait, ce serait une perte pour eux ») a troublé plus qui estiment que ce serait plutôt l’Etat qui serait fautif si les investisseurs ne venaient pas car gouverner, c’est prévoir ! Ceux-là disent aussi que la facture est trop lourde pour un pays aussi pauvre qui n’arrête pas de s’endetter, qu’il n’est pas certain qu’on ait pu trouver les financements pour boucler les 195 milliards restants pour les prochaines tranches. Ces derniers ajoutent que Bobo va souffrir de Samandéni, que la capitale économique sera encore plus délaissée et qu’on aurait mieux fait de développer des pôles agricoles dans plusieurs régions au lieu de tout concentrer à Samandéni, qu’il y aurait eu moins de risques et plus de développement partagé. Et ce n’est pas tout : on dit que les meilleures places sur le lieu du projet de même que les tracteurs -au coût subventionné en partie par l’Etat- sont déjà prévus pour tomber dans l’escarcelle des proches du pouvoir…

On dit vraiment beaucoup de choses sur Samandéni. Encore une fois, c’était à prévoir au regard du montant des enjeux de ce projet. Si qui risque trop, peut perdre, qui ne risque rien, ne gagne rien. Alors, San Finna dit : suivons et voyons !

CY





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