Mise à jour le 27/01/2008
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San Finna N°448 du 28 Janvier au 03 février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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MARION JONES VA TATER DE LA PRISON
MEME AVEC LES STARS
LA JUSTICE AMERICAINE NE BADINE PAS !
Marion Jones est tombée. La chute fait beaucoup de bruit parce qu’elle était montée très haut, parce qu’elle était très sympathique, bien de sa
personne et semblant avoir passé contrat durable avec la victoire facile et propre. La super championne du 100 mètres reconnaît s’être dopée et elle a avoué sa faute publiquement, en larmes, et devant les médias. Oui, elle a été atteinte par le vice du dopage : prise de stéroïdes hormones, narcotiques, et ceci, tout au long de sa carrière. Comme un couperet, la décision
est alors tombée : perte de ses trois médailles d’or et deux de bronze, jugement et condamnation à 6 mois de prison ferme, peine qu’elle exécutera à partir de la mi-mars.

Il y en a ici et là qui se posent des questions, certains qui se lamentent et crient à la persécution quand d’autres disent que ce n’est que la juste réparation d’une faute très lourde qui déshonore, au-delà d’elle, le sport et son pays.

Qu’en disent les défenseurs de la championne déchue ? Ils ne manquent pas d’arguments pour soutenir qu’elle n’est qu’une victime. Le dopage, disent-ils, fait partie intégrante de la civilisation américaine. Dès la naissance, l’accoutumance est créée par la culture au niveau du petit Américain. Il est un être exceptionnel, enseigne-t-on. De lui, dépend l’avenir du monde, il doit réussir à tout prix. C’est ainsi que parlait Madeleine Albright, l’ex secrétaire d’Etat aux affaires étrangères lorsque, dans sa rhétorique terrible, elle disait : :« we are the indispensable nation (…) we stand tall and hence see further than other nations » (nous sommes la nation indispensable (…) nous sommes haut et voyons donc plus loin que les autres). Quand on vous parle comme ça à cet âge, vous grandissez avec la ferme résolution de porter haut l’étoile de votre pays, dans tous les domaines.

Les défenseurs de Marion Jones disent que l’Etat américain doit lui-même balayer devant sa propre porte avant de chercher à faire la leçon de morale aux Américains et au monde. Qui plus que les gouvernants américains se dopent aux armes de la puissance, à l’énergie ? Sous prétexte de sauver les valeurs démocratiques du monde et pour maintenir leurs zones d’influence, ils soutiennent des dictateurs, envahissent des pays.. Ca aussi, ça devrait être passible de poursuites et de condamnations.

Mais il y a aussi ceux qui n’admettent pas le comportement de la belle athlète au sourire éclatant et qui estiment qu’elle doit payer.

Elle doit d’abord payer parce qu’il y va de la cohérence et de l’équilibre de la justice. Il ne saurait y avoir une justice à deux vitesses, ayant la main lourde pour les plus démunis, les moins connus, et la main légère pour les nantis et les célébrités.

Elle doit payer pour la beauté, la propreté du sport. Ce qui caractérise le sport depuis Athènes, c’est l’honnêteté dans la victoire.
Marion Jones doit aussi payer pour des soucis sanitaires : le dopage est mauvais. Il détraque, détruit la santé, crée des dépendances comme la drogue qui peuvent nuire au développement des individus qui en sont « accrocs ».
Elle doit aussi subir les conséquences de son acte parce qu’elle porte atteinte à l’image de son pays qui aime bien mettre les valeurs au-devant de son action et qui, pour cela, engage sur les terrains de bataille, la vie des Américains.

C’est pour cela notamment que les USA se sont portés aux avant-postes des combattants durant les deux guerres mondiales. C’est pour cela notamment que les USA sont un pays où, bien que la puissance et la gloire donnent le sentiment d’intouchabilité à ceux qui en sont gratifiés, cela ne les exempte pas de répondre, comme tout citoyen, devant la justice pour les fautes qu’ils viendraient à commettre, et de purger leurs peines en cas de condamnation. La liste d’exemples du genre est longue aux USA de ceux, célèbres, qui ont fait de la prison : les boxeurs Cassius Clay, Mike Tyson, l’acteur Kiefer Sutherland, l’actrice Britney Spears...

Voilà en tout cas une affaire qui, plus que toutes les autres affaires qui ont caractérisé le dopage, connaît des développements jusqu’au dehors des frontières américaines.

Pour ce qui nous concerne, nous autres Africains, comme nous devrions faire notre profit de cette pratique américaine bien vivante : que vous soyez artiste, homme politique, homme d’affaires, homme de science, haut placé, si vous tombez dans les mailles de la justice pour avoir enfreint la loi, vous connaîtrez les affres de la prison. Ce pourrait même être là un critère de bonne administration de la justice et pour tout dire de bonne gouvernance, qui devrait être accepté au niveau des standards internationaux. Pour sûr, ce ne sont pas les peuples africains qui s’en plaindront !

CY





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