San
Finna N°448 du
28 Janvier au 03 février 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
MARION
JONES VA TATER DE LA PRISON
MEME AVEC LES STARS
LA JUSTICE AMERICAINE NE BADINE PAS !
Marion
Jones est tombée. La chute fait beaucoup
de bruit parce qu’elle était montée
très haut, parce qu’elle était
très sympathique, bien de sa
personne
et semblant avoir passé contrat durable
avec la victoire facile et propre. La super championne
du 100 mètres reconnaît s’être
dopée et elle a avoué sa faute publiquement,
en larmes, et devant les médias. Oui, elle
a été atteinte par le vice du dopage
: prise de stéroïdes hormones, narcotiques,
et ceci, tout au long de sa carrière. Comme
un couperet, la décision
est alors tombée : perte de ses trois médailles
d’or et deux de bronze, jugement et condamnation
à 6 mois de prison ferme, peine qu’elle
exécutera à partir de la mi-mars.
Il y en a ici et là qui se posent des questions,
certains qui se lamentent et crient à la persécution
quand d’autres disent que ce n’est que la
juste réparation d’une faute très
lourde qui déshonore, au-delà d’elle,
le sport et son pays.
Qu’en disent les défenseurs de la championne
déchue ? Ils ne manquent pas d’arguments
pour soutenir qu’elle n’est qu’une
victime. Le dopage, disent-ils, fait partie intégrante
de la civilisation américaine. Dès la
naissance, l’accoutumance est créée
par la culture au niveau du petit Américain.
Il est un être exceptionnel, enseigne-t-on. De
lui, dépend l’avenir du monde, il doit
réussir à tout prix. C’est ainsi
que parlait Madeleine Albright, l’ex secrétaire
d’Etat aux affaires étrangères lorsque,
dans sa rhétorique terrible, elle disait : :«
we are the indispensable nation (…) we stand tall
and hence see further than other nations » (nous
sommes la nation indispensable (…) nous sommes
haut et voyons donc plus loin que les autres). Quand
on vous parle comme ça à cet âge,
vous grandissez avec la ferme résolution de porter
haut l’étoile de votre pays, dans tous
les domaines.
Les défenseurs de Marion Jones disent que l’Etat
américain doit lui-même balayer devant
sa propre porte avant de chercher à faire la
leçon de morale aux Américains et au monde.
Qui plus que les gouvernants américains se dopent
aux armes de la puissance, à l’énergie
? Sous prétexte de sauver les valeurs démocratiques
du monde et pour maintenir leurs zones d’influence,
ils soutiennent des dictateurs, envahissent des pays..
Ca aussi, ça devrait être passible de poursuites
et de condamnations.
Mais il y a aussi ceux qui n’admettent pas le
comportement de la belle athlète au sourire éclatant
et qui estiment qu’elle doit payer.
Elle doit d’abord payer parce qu’il y va
de la cohérence et de l’équilibre
de la justice. Il ne saurait y avoir une justice à
deux vitesses, ayant la main lourde pour les plus démunis,
les moins connus, et la main légère pour
les nantis et les célébrités.
Elle doit payer pour la beauté, la propreté
du sport. Ce qui caractérise le sport depuis
Athènes, c’est l’honnêteté
dans la victoire.
Marion Jones doit aussi payer pour des soucis sanitaires
: le dopage est mauvais. Il détraque, détruit
la santé, crée des dépendances
comme la drogue qui peuvent nuire au développement
des individus qui en sont « accrocs ».
Elle doit aussi subir les conséquences de son
acte parce qu’elle porte atteinte à l’image
de son pays qui aime bien mettre les valeurs au-devant
de son action et qui, pour cela, engage sur les terrains
de bataille, la vie des Américains.
C’est pour cela notamment que les USA se sont
portés aux avant-postes des combattants durant
les deux guerres mondiales. C’est pour cela notamment
que les USA sont un pays où, bien que la puissance
et la gloire donnent le sentiment d’intouchabilité
à ceux qui en sont gratifiés, cela ne
les exempte pas de répondre, comme tout citoyen,
devant la justice pour les fautes qu’ils viendraient
à commettre, et de purger leurs peines en cas
de condamnation. La liste d’exemples du genre
est longue aux USA de ceux, célèbres,
qui ont fait de la prison : les boxeurs Cassius Clay,
Mike Tyson, l’acteur Kiefer Sutherland, l’actrice
Britney Spears...
Voilà en tout cas une affaire qui, plus que toutes
les autres affaires qui ont caractérisé
le dopage, connaît des développements jusqu’au
dehors des frontières américaines.
Pour
ce qui nous concerne, nous autres Africains, comme nous
devrions faire notre profit de cette pratique américaine
bien vivante : que vous soyez artiste, homme politique,
homme d’affaires, homme de science, haut placé,
si vous tombez dans les mailles de la justice pour avoir
enfreint la loi, vous connaîtrez les affres de
la prison. Ce pourrait même être là
un critère de bonne administration de la justice
et pour tout dire de bonne gouvernance, qui devrait
être accepté au niveau des standards internationaux.
Pour sûr, ce ne sont pas les peuples africains
qui s’en plaindront !