San
Finna N°448 du
28 Janvier au 03 février 2008 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
COMPTE
RENDU
DE LA 9 EME SESSION DU BUREAU POLITIQUE NATIONAL
DU PARTI REPUBLICAIN POUR L’INTEGRATION ET LA SOLIDARITE
« Le vendredi
25 janvier 2008, et de 18 heures à 20 heures, s’est
tenue à la Résidence Passingpinda, 645,
Avenue Joseph Ouédraogo, Ouagadougou, la neuvième
session du Bureau politique national (BPN) du Parti Républicain
pour l’Intégration et la Solidarité
(PARIS).
Cette session était placée sous la direction
de Monsieur Cyril Goungounga, président du
parti.
Après
la présentation des vœux de nouvel an
2008, le BPN a tenu à réaffirmer son
adhésion au « progrès continu
pour une société d’espérance
» du Président du Faso avant de procéder
à l’analyse de la situation nationale
et internationale et à l’appréciation
des changements intervenus dans notre pays depuis
les dernières élections législatives
du 05 mai 2007.
Ainsi, le BPN du Paris tient à se féliciter
que la 4ème législature du Parlement ait
démarré le 04 juin 2007 dans les règles
de l’art et se réjouit que depuis l’avènement
de la IVè République en 1991, l’Assemblée
nationale soit périodiquement mise en place sans
accroc majeur, ce qui constitue une heureuse première
dans l’histoire politique de notre pays.
QUETE
PERMANENTE DE L’EXCELLENCE
De même, le BPN salue l’équipe gouvernementale
conduite par Monsieur Tertius Zongo, Premier Ministre,
dans la nouvelle approche de la gestion de la chose publique,
la quête permanente de l’excellence et de
la transparence, sa volonté de lutter contre le
laxisme et la corruption.
Seulement, le BPN souhaite que cette dynamique puisse
se poursuivre et se consolider dans la cohésion
gouvernementale pour l’intérêt supérieur
de notre peuple.
La tenue du 20ème anniversaire de la Renaissance
démocratique le 15 octobre a été
un moment fort de l’année 2007.
Il a permis au peuple du Burkina de s’arrêter
un instant pour évaluer les acquis et les insuffisances
du combat pour le développement.
Le colloque international « sur la démocratie
et le développement » organisé à
cette occasion, et qui a drainé du monde de tous
les continents a permis au Burkina Faso et à l’ensemble
des pays africains de discuter des problèmes du
continent en vue de prendre leur destin en main.
C’est pourquoi, le BPN adresse ses félicitations
aux organisateurs de ce colloque notamment le Congrès
pour la Démocratie et le Progrès (CDP).
LE
RETOUR DES VIEUX DEMONS
Cependant, cette commémoration a révélé
une véritable dichotomie de notre société
entre d’une part les femmes et les hommes épris
de paix, assoiffés des valeurs républicaines
et d’autre part une certaine jeunesse qui rêve
d’une révolution qu’elle n’a
pas connue et dont elle ignore tout de la facette dramatique
et tragique.
C’est pourquoi, pour qu’elle ne sonne pas
le retour des vieux démons et qu’elle constitue
plutôt le point de départ d’une ère
nouvelle de démocratie et de développement,
le Paris entend apporter sa contribution par un certain
nombre de réflexions et de propositions ayant essentiellement
trait au multipartisme, au rôle du Parlement, à
la problématique de l’alternance, à
la promotion des compétences, à l’exercice
républicain du pouvoir politique, à la clarification
du statut de l’opposition.
LA
PROBLEMATIQUE DE L’ALTERNANCE
En ce qui concerne le changement, le Paris a déjà
eu l’occasion de dire, en s’inspirant des
grandes démocraties de la planète comme
l’Hexagone et le Pays de l’Oncle Sam, ses
réserves sur la prise formelle de textes de loi
tendant à restreindre les initiatives, à
étouffer les compétences, à limiter
les mandats, etc.
Il réaffirme sa foi en la capacité du Peuple
à procéder de façon démocratique
aux changements appropriés à tout moment.
Dans un système démocratique où les
citoyens exercent leur liberté, leurs droits et
leurs devoirs, toute codification est suspecte, superflue
et superfétatoire.
Pour parler terre à terre, le Paris estime qu’une
personne qui n’est pas apte à diriger, ne
devrait même pas bénéficier d’un
mandat, a fortiori de deux.
Par cette position, le Paris souhaite épargner
à notre pays les multitudes de révisions
constitutionnelles qui polluent les Etats du Tiers monde,
et qui constituent des pertes d’énergie,
de temps et de travail.
En lieu et place des changements d’hommes, le Paris
met plutôt l’accent sur celui des méthodes
dans le sens du progrès.
PLAIDOYER
POUR L’AVENEMENT D’UN MULTIPARTISME AU FASO
Le Paris estime que la diversité des opinions est
source de débats francs suivis de décisions
opérationnelles. C’est pourquoi, il déplore
que depuis vingt ans, le Burkina n’ait pas encore
réussi à faire émerger plusieurs
partis consistants d’obédience nationale.
Si cet état de fait est imputable à l’insuffisance
de combativité d’une certaine classe politique,
il est encore plus vrai que les tenants du pouvoir y ont
une plus grande responsabilité.
Pour
y parvenir, le Paris plaide notamment pour :
1°) une révision judicieuse du système
de financement des partis politiques ;
2°) la mise en place d’un mode de scrutin qui
amène au Parlement et dans les Assemblées
élues des hommes et des femmes de divers horizons
politiques et de la société civile, indépendants
et capables de contrôler efficacement l’action
du pouvoir exécutif ;
3°) l’exercice républicain du pouvoir
politique.
Sur ce dernier point, le Paris insiste pour rappeler que,
même présenté par un parti, l’homme
politique élu au suffrage universel, direct et
secret doit exercer son mandat au nom du peuple toutes
tendances confondues.
Le responsable politique doit choisir ses collaborateurs
en fonction de leurs compétences en plaçant
l’homme qu’il faut à la place qu’il
faut.
CLARIFIER
LE STATUT DE L’OPPOSITION
La question de l’opposition reste à préciser
dans la patrie des hommes intègres. Par exemple,
si en période de crise, on conçoit bien
un Cabinet de transition, résultat d’un protocole,
où coexistent majorité et opposition, en
régime normal, il est inexplicable que des hommes
politiques se réclamant de l’opposition puissent
siéger dans un gouvernement.
Là où le bât blesse, c’est dans
la composition de la Commission électorale nationale
indépendante (CENI), et ses démembrements,
structures tripartites – majorité –
opposition – société civile.
La présence en leur sein d’éléments
hybrides se réclamant de l’opposition mais
qui sont de facto dans la mouvance présidentielle
déséquilibre la balance et peut porter atteinte
à la qualité des résultats.
ACCROITRE
ET ELARGIR LE ROLE DU PARLEMENT
La loi fondamentale, adoptée le 02 juin 1991, révisée
successivement le 27 janvier 1997, le 11 avril 2000 et
le 22 janvier 2002, a certes été le creuset
opérationnel de notre démocratie.
Mais de nos jours, force est de reconnaître qu’elle
doit s’adapter de façon profonde à
la dynamique actuelle notamment en ce qui concerne les
mécanismes entre les deux institutions jumelles
de la République, à savoir le Parlement
et le Gouvernement.
Contrairement à ce qui se passe dans la Constitution
de la IIIè République (Article 50), la formation
du Gouvernement sous la IVè République (Article
46) échappe au Parlement, ce qui rend ipso facto
le contrôle parlementaire théorique et apparenté
plutôt à une sensibilisation.
C’est pourquoi, et tout en reconnaissant la pertinence
des choix présidentiels en la matière, le
Paris estime judicieux que la désignation du Gouvernement
soit au préalable soumis du Parlement.
Cette précaution permettrait au Président
du Faso de nommer une équipe gouvernementale légitimée
par la Représentation nationale et responsable
devant elle à qui il confierait la gestion des
affaires intérieures pour mieux se consacrer à
la politique internationale.
MISE
EN PLACE D’UN SENAT
Par ailleurs, considérant l’engouement grandissant
pour la chose politique, et en rapport avec la décentralisation
intégrale qui a induit une méga inflation
des élus locaux, le Paris estime nécessaire
d’élargir conséquemment le Parlement
d’une part en accroissant le nombre de sièges
à l’Assemblée Nationale et d’autre
part en procédant à la mise en place d’un
Sénat dont les membres seront élus.
NECESSAIRE
REFONDATION
Compte tenu des réflexions qui précèdent
et ne constitue qu’un échantillon des multiples
préoccupations du Paris, et dans le cas où
elles seraient partagées, leur mise en œuvre
nécessite une réforme, pour ne pas dire
une mise à plat des institutions, des lois et règlements
en vigueur, en somme une véritable refondation.
Intégration
– Solidarité – Développement
Président du Paris