*
Le 21 janvier dernier, le premier Ministre recevait,
pour les vœux, le Conseil supérieur de la
communication (CSC). Selon notre confrère du
Sidwaya, Mr Tiao a dit : "Nous nous sommes appesantis
sur la situation de la presse en faisant un tour d'horizon
de l'état des médias dans le pays"
et il a relevé avec satisfaction que «
ceux-ci ont fait des progrès, même s'ils
doivent encore fournir plus d'efforts dans certains
domaines tels que le respect des règles déontologiques,"un
aspect fondamental de la liberté de la presse".
Hélas, il semble bien que la question de la gestion
équilibrée des opinions dans les médias
publics et celle des publicités et annonces dont
nous parlions dans une toute récente édition
–indispensables pour la survie de la presse privée-
n’aient été abordées, ni
par le premier Ministre, ni par le CSC !
* Les biotechnologies agricoles ne mènent pas
toutes aux OGM. En effet, on vient de découvrir
grâce à la biotechnologie agricole, un
maïs enrichi en vitamine A sans avoir recours à
la transgenèse, contrairement à cette
découverte du « riz doré »
riche en vitamine A, transgénique lui, et dont
on dit que beaucoup hésiteraient à le
consommer. Pour ce maïs enrichi sans OGM, les consommateurs
ne seront certainement pas réticents ! La revue
Science, selon Le Monde du 18/01/2008, a expliqué
qu’une méthode (la génétique
d’association) a été mise au point
avec succès. On a donc obtenu un maïs présentant
une proportion importante de provitamines A, des molécules
capables de se transformer en vitamine A une fois ingérées.
Grande découverte car cette culture à
grande échelle lutterait contre la xérophthalmie,
qui est une cécité progressive favorisée
par le manque dans l'organisme de vitamine A, qui affecterait
17 % à 30 % des enfants de moins de 5 ans en
Afrique subsaharienne. Tout cela sans avoir à
faire appel aux OGM. Bravo à cette découverte
de Carlos Harjes, généticien de l'université
Cornell aux USA !
* Chez nous, le plus célèbre prisonnier
du Faso, Naon Babou, vit une situation inadmissible
et incompréhensible : il peut bénéficier
de la liberté provisoire, ayant purgé
la moitié de sa peine, mais le pouvoir ne l’entend
pas de cette oreille. Malgré les demandes émises
pour sa libération, malgré les soutiens
de bien de Burkinabé et malgré sa santé
qui se détériore, le pouvoir opte pour
la fermeté. On ne comprend pas car s’il
arrive malheur (à Dieu ne plaise) au plus célèbre
prisonnier, c’est le pouvoir et lui seul qui en
assumera la responsabilité. On se demande à
ce stade, s’il ne faut pas mettre en place, le
plus rapidement possible, un comité pour sa libération.
San Finna s’y associerait, bien évidemment.
A bon entendeur…
* Le Conseil des Ministres de l'Union Economique et
Monétaire Ouest Africaine vient d’adopter
le projet de Budget Général des Organes
de l'Union pour l'exercice 2008. Montant : 83 688 789
714 FCFA. La chose qui heurte immédiatement,
à la lecture des répartitions, est le
montant de ce budget de fonctionnement et d’équipement
qui à lui seul représente 43,23 % du budget
total !
* Le dernier Hadj a fait couler beaucoup d’encre
et de salive en raison des désagréments
subis par les pèlerins burkinabé : montant
exorbitant pour l’obtention des visas, les frais
d’hébergement… mais il a été
surtout question d’acquisition de « slots
» dont ne disposait pas le transporteur en Arabie
Saoudite. L’Ambassadeur Diawara se serait même
démené comme un beau diable pour résoudre
cette question. Pour le commun des Burkinabé,
la faute incombe à la communauté musulmane
qui a mis en place « un comité d’organisation
cupide dont le seul souci était de se faire du
fric » sur le dos de la religion. Mais peut-on
dire que l’Etat est sauf de toute critique dans
cette affaire ? Rien n’est moins sûr. Des
services compétents d’un ministère
en la matière n’auraient pas été
à la hauteur ou auraient même pris des
initiatives malencontreuses. En tout état de
cause, on murmure qu’on aurait grand besoin d’une
commission d’enquête pour établir
toutes les responsabilités et que le premier
Ministre, féru de bonne gouvernance, serait même
personnellement interpellé pour voir plus clair
dans ce dossier et y mettre bon ordre.
* Chez nous, contrairement à ce qu’on avance,
il y aurait de graves problèmes de mobilisation
de fonds pour les échangeurs en construction.
Le pouvoir, qui tient bon pour ces infrastructures considérées
comme superflues par bien de Burkinabé (on le
lit tous les jours sur les sites Internet) qui estiment
qu’on ferait mieux d’aider le peuple qui
est dans la galère, serait donc en train de faire
appel à des banques pour cette mobilisation urgente
de sous !
* Justement, la galère risque de s’aggraver
: Il y aurait des risques que le prix du pain passe
de 125 f la miche, à 130 f ! Attendons de voir
si la catastrophe aura lieu.
* Quand on ne veut pas dénaturer les choses et
construire une démocratie en trompe-l’œil,
on fait les choses clairement. On établit les
distinctions qui doivent être, entre les deux
acteurs de la démocratie que sont l’opposition
et la majorité. C’est ce que nous ne faisons
pas au Burkina Faso et qui contribue à la corrosion
de la vie politique et de la pratique démocratique.
C’est par contre ce que la RDC, qui fait par ailleurs
face à de nombreuses lacunes en matière
de démocratie, a décidé de faire
pour ce qui concerne les démarcations à
établir entre opposition et majorité.
Voici quelques extraits du Statut de l’opposition
en RDC, qui a été voté en décembre
2007 : Article 3 : Les partis politiques et les regroupements
politiques dans les assemblées délibérantes
font une déclaration d’appartenance à
la majorité ou à l’Opposition politique,
auprès des bureaux respectifs de l’Assemblée
nationale, du Sénat, de l’Assemblée
provinciale, des conseils de ville, municipal, de secteur
ou de chefferie. Article 4 : Est réputé
avoir renoncé au statut de l’Opposition
politique, le parti politique ou le regroupement politique
qui accepte de partager les responsabilités de
l’Exécutif aux niveaux national, provincial,
urbain, municipal ou local. A noter aussi qu’en
RDC, il a été décidé que
le chef de file de l’opposition aura rang de ministre
d’Etat.
* Chez nous, l’Opération saisie des véhicules
fonds rouges continue de plus belle. La rupture, sur
ce point, semble tenir le cap. On nous a fait savoir
que si un véhicule fond rouge est en circulation
sans ordre de mission, il est directement conduit à
la fourrière et même qu’aucune tentative
de corruption n’est tolérée. Le
hic, c’est qu’il y a bien d’autres
ruptures en souffrance qui, si elles n’étaient
pas activées, risqueraient de rendre caduque
celle sur l’utilisation abusive des véhicules
fond rouge. A bon entendeur…
* Les rumeurs sur le départ de Salif Diallo du
gouvernement ont dépassé les frontières
du Faso. Jeune Afrique, dans son n° 2454 du 20 janvier
2008, en a fait état, parlant d’un «
prochain remaniement ». Pour le célèbre
hebdo, qui fait état de mésentente entre
le frère du chef de l’Etat et le ministre
de l’Eau, de divergences techniques de fond, de
lutte d’influence au sein du CDP, « le style
rugueux (NDLR : de Salif Diallo) ne fait plus l’unanimité
» et Blaise Compaoré entendrait bien «
retirer sa confiance à son compagnon de route
».
* Le même hebdomadaire a fait dans le même
numéro, un vrai mini « cocktail flash »,
comme nous d’ailleurs, sur le tout récent
séjour de Kadhafi à Ouaga. Il y aurait
eu un mini scandale entre Kadhafi et le directeur de
Libya Hotel Sofitel Ouaga 2000 car le patron des lieux,
bien que l’hôtel ait été construit
par la Libye, a refusé de se soumettre aux demandes
du « Guide » qui exigeait, arrivé
pourtant à l’improviste, pas moins de 50
chambres : il n’en obtint qu’une dizaine.
Le « Guide », comme en pays conquis, exigea
expressément, pour reprendre en substance Jeune
Afrique, que soient réunies 200.000 femmes dans
un stade et autour, pour leur rendre hommage ! Pas si
facile que ça. Les moyens ont dû être
mis à disposition mais manifestement, on ne put
satisfaire sa lubie et on dut se résoudre à
embarquer les femmes pour le SIAO, mais pas au grand
stade de la capitale !
* Air France chez nous, a modifié ses horaires
d'enregistrement et l’a largement fait savoir
à la presse. Il faut donc savoir que, pour mieux
satisfaire sa clientèle et en raison de l'encombrement
de la salle d'enregistrement, les horaires du pré
enregistrement et de l'enregistrement ont été
modifiés de la manière suivante : 18h30
- 22h30 les lundi, mercredi, samedi et 18h30 - 20h30
les mardi, jeudi, dimanche. Avis aux clients d’Air
France !
* Comme on sait, la semaine écoulée a
vu la tenue du célèbre Forum économique
mondial de Davos en Suisse. Eh bien, sachez que, selon
le site www.rue89.com, « Déclaration de
Berne » et « Pro Natura », deux ONG
suisses, ont remis le 24 janvier dernier, les «
Public Eye Awards » aux bons et aux mauvais élèves
de la mondialisation. Objectif selon l’article
: "Montrer aux acteurs de l’économie
mondiale que les conséquences sociales et environnementales
de leurs pratiques commerciales ne touchent pas que
les victimes de ces préjudices, mais qu’elles
affectent aussi la réputation de leurs entreprises."
Les ONG présentes avaient retenu 40 sociétés
pour "l'Oscar de la honte" de l'entreprise
la plus irresponsable de l'année et c’est
le groupe français AREVA qui a eu droit à
cet oscar dont il se serait bien passé. Mais
pour l’oscar récompensant le bon élève,
il a été remis à l'Allemand Hess
Natur, spécialisé dans le textile biologique,
pour un projet de coton biologique… au Burkina
Faso. Logique, il s’agit de coton biologique mais
comme on sait, il ne s’agit hélas que d’une
petite unité et l’Oscar de la honte risque
bien un jour ou l’autre, de revenir au Faso quand
on sait à quel point on est jusqu’au cou
dans le coton OGM par le biais de Monsanto qui nous
utiliserait, dit-on même, comme entremetteur pour
d’autres pays de la sous région !
* Chez nous, on aurait noté une visite impromptue
pendant la Journée nationale du paysan qui se
tient ce dernier week-end de janvier : un avion spécial
gabonais, avec à son bord des membres du gouvernement,
aurait atterri à Bobo-Dioulasso après
être passé la veille, par la capitale.
Des émissaires visibles de Bongo auraient conféré
longtemps avec le chef de l’Etat. De quoi ont-ils
bien pu parler ? De la venue de Kouchner à Ouagadougou
? Mystère et boule de gomme !
* La méningite a commencé à pointer
du doigt, même à faire des morts et c’est
maintenant que le ministère de la Santé
informe les Burkinabé qu’il va falloir
trouver 3,2 milliards de FCFA pour éviter l’hécatombe.
Pourquoi n’avoir pas prévu en 2007 des
fonds très subséquents pour l’épidémie
qui s’annonçait inéluctable en 2008
? On se le demande bien et ça semble plutôt
irréaliste qu’on en soit encore à
chercher de l’argent auprès des partenaires
pour l’épidémie de cette année
! Sauf à nous d’avoir d’autres informations…
* Un journal de chez nous informait que selon un rituel
maintenant bien établi, les officiels auraient
eu recours aux coutumiers pour sacrifier un taureau
avant les travaux de réhabilitation de l’aéroport
de Ouagadougou, espace consacré en son temps
à des rites et censé donc toujours comporter
des fétiches. Alors qu’une certaine contestation
se fait jour par rapport à cette autre forme
d’intrusion des coutumiers dans les affaires de
la République, des rumeurs font état qu’en
fait, le taureau n’aurait pas été
sacrifié par les « services » du
Mogho Naaba mais par ceux d’un ministère.
Il n’en a pas fallu plus pour qu’une délégation
de la Cour se rende auprès des responsables dudit
ministère pour savoir au nom de quoi et de qui,
une telle usurpation avait pu s’effectuer.
* Le Général indonésien Suharto
est décédé ce dimanche 27 janvier
à Djakarta. Il a régné en dictateur
sur l’Indonésie pendant 32 ans, a fait
plus de 800.000 victimes parmi ses opposants, s’est
enrichi de plus de 35 milliards de dollars, tout en
étant tout de même le bon élève
du FMI et de la Banque mondiale. Hélas, il n’aura
pas répondu sur terre, de tous ses crimes !
* Et pour finir, notons cette rencontre hebdomadaire
des militaires retraités qui s’est tenue
comme prévu, le dimanche 27 janvier. Au cours
de celle-ci, un émissaire du chef d’Etat
major est venu leur demander de surseoir à leur
rencontre parce qu’il tenait à les rencontrer
le lundi 28 janvier. Les militaires ont dit oui pour
la rencontre mais ont continué à tenir
leur réunion. On attend donc de voir les conclusions
de la rencontre du lundi.