Mise à jour le 27/01/2008
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San Finna N°448 du 28 Janvier au 03 Février 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

LES ENTREPRENEURS POURRAIENT PASSER A LA CAISSE

Depuis le 25 janvier 2008, Julien S. Ouédraogo, Président de l’Association des entrepreneurs du Faso et ses camarades passeraient à la caisse pour percevoir un premier traitement assez conséquent. Une mobilisation qui paye quand on sait que les entrepreneurs étaient à bout de leurs attentes. Une situation qui nous rappelle l’importance de la lutte à travers les organes légaux.

Voici ce que nous a confié le jeudi 24 janvier, Julien S. Ouédraogo, président de l’Association des entrepreneurs du Faso (AEF).

San Finna : Est-ce que depuis le 21 janvier, vos démarches ont porté fruits ?

Julien S. Ouédraogo :
« En ce qui concerne nos démarches, nous sommes satisfaits et remercions les autorités de ce pays pour leur disponibilité. En effet, elles ont entrepris de nous aider à rentrer dans nos droits. Nous sommes à notre troisième rencontre aujourd’hui (NDLR : entretien réalisé le 24 janvier) mais celle d’aujourd’hui n’est qu’une rencontre d’information parce que nous avons certains indices qui nous permettent d’affirmer que les autorités vont commencer à nous payer ».

San Finna : Les médias avaient fait cas de vos sautes d’humeur. A la date d’aujourd’hui, quel message rassurant avez-vous à donner ?

Julien S. Ouédraogo :
Ce mécontentement, nous le savons, intéresse plus d’un et c’est vrai. Mais les travaux que nous avons entrepris depuis 2005 devraient nous permettre d’avoir quelque chose afin de continuer à travailler pour la réalisation des routes dans les provinces et les contrées éloignées de notre pays. Mais si nous ne rentrons pas en possession de l’argent qu’on nous doit, même si nous soumissionnons à des marchés, nous n’allons pas pouvoir travailler.
Aujourd’hui, beaucoup de chantiers sont à l’arrêt tels les hôpitaux, les écoles et autres. Nous attendons cet argent afin de respecter aussi nos contrats ailleurs. Donc, en ce moment, si rien n’est fait, c’est tout le pays qui va prendre un coup de rhum. Ce ne serait pas seulement nous. Donc, si l’on nous paye, tout ira bien pour le développement du Faso.

San Finna : Vous avez accusé des lenteurs dans le traitement. Dites-nous combien on prévoit vous payer dans les jours à venir.

Julien S. Ouédraogo :
Nous savons qu’il est assez difficile de payer aux entrepreneurs la totalité des 11 milliards d’un coup mais au cours de nos démarches, nous avons constaté que certains n’étaient pas à jour dans leurs documents, et tout est mis en œuvre pour y remédier afin qu’on puisse payer. Ce qui est prêt aujourd’hui tourne autour de 6 milliards mais on envisage payer 1.175.000.000 fcfa (NDLR : à la date du 25 janvier, on commencerait à payer). Mais tout ça, ce ne sont que des prévisions.

Aristide Ouédraogo
oudera@yahoo.fr


EPOPEE « SANDRA BAUER » DU LTO
LE PROCUREUR DU FASO DEJA SAISI

Dans un premier temps, l’opinion a été prise de court par toute cette affaire rocambolesque tournant autour d’images pornographiques réalisées par le biais de téléphones portables, mettant en scène de jeunes élèves de lycées à Ouagadougou. La nouvelle a d’autant plus défrayé la chronique que ces films X continuaient à parcourir les portables via le systèmes Bluetooph, infrarouges et autres SMS… Certains journaux en parleront et Canal 3 est allé jusqu’au LTO recueillir des avis.

Parlant du LTO, sachez bien que c’est ce lycée que fréquente la première actrice de ces vidéos. Sa vidéo à elle portait un nom : « Sandra Bauer » et a été tournée en plusieurs séquences que les gens ont tout de suite appelé des « saisons » : 6 « saisons » donc, du « Sandra Bauer » circulaient, et circulaient encore aujourd’hui sur les portables.

Nous avons rencontré aussi des vidéos encore plus graves qui sont l’œuvre de trois jeunes gens. Renseignements pris, nous saurons que la fille qui s’y trouve est élève au Lycée de la Jeunesse. Dans cette vidéo, elle est seule face à deux garçons, et tenez-vous bien, dans l’enceinte du Parc urbain Bangr Weogo. Ils y pratiquent avec aise un porno qui pourrait plaire aux plus grands réalisateurs de films du genre. D’autres vidéos circuleraient encore dans la capitale, certaines dans le but de venir en soutien à la première fille épinglée dans cette vilaine histoire.

Au LTO, où nous nous sommes rendus, nous avons pu rencontrer le surveillant général Monsieur Sawadogo Amadou, qui nous a raconté ce que l’école a vécu ces derniers temps à cause de cette affaire.

Tout a commencé, selon lui, il y a une dizaine de jours quand un membre de la direction (le chef des travaux) est venu lui rapporter que les élèves faisaient du porno et que les images circulaient dans les portables.

Le surveillant général a donc convoqué une réunion avec tous les surveillants du lycée pour tenter de retrouver les coupables s’il y en a dans le lycée, mais une semaine après, les coupables n’ont pas été démasqués, malgré le soutien entre temps du délégué général des élèves de l’établissement. Ce dernier avait néanmoins apporté la preuve que la fille de la vidéo se trouvait dans l’établissement et soupçonnait une fille qui ne ressemblait aucunement à celle qui se trouvait dans les images incriminées.

Malgré l’aide des professeurs, la fille n’a pu être démasquée et le surveillant général avait même conclu qu’il s’agirait peut-être d’une entreprise à but lucratif et pensait à classer le dossier quand vint le mercredi dernier, un agent de la Brigade des mœurs et stupéfiants de la Gendarmerie nationale pour enquêter sur l’affaire. Ce jour, la fille sera démasquée avec l’aide toujours, du délégué général des élèves.

Comment a-t-elle pu se cacher longtemps ? Le surveillant général dira que cela a été fait avec la complicité des autres élèves de sa classe qui la protégeaient et déviaient les esprits des surveillants en indiquant d’autres filles loin de ressembler à « l’actrice » recherchée.

Le surveillant, après avoir entendu qu’il s’agissait de K.S., n’en revenait pas. Il a même dit au gendarme qu’il ne pouvait s’agir de cette dernière parce qu’il la connaissait et connaissait particulièrement son tuteur, qui est un homme d’église. En tout cas, quand il la vit entrer dans son bureau, il la reconnut immédiatement. Il lui dit : « Est-ce bien toi sur cette vidéo ? ». La jeune fille répondit : « Oui, c’est bien moi ». Pour le surveillant, elle fit preuve de courage.
Pour l’histoire, elle dira avoir réalisé ce film X avec son fiancé et ils l’ont tourné parce qu’elle voyageait beaucoup en ce moment (on se demande bien pourquoi !) et voulait laisser un souvenir au fiancé pour le cas où elle lui manquerait… Et selon elle, ce n’est que le 31 décembre dernier qu’elle a appris que les images circulaient à travers des portables. Depuis ce temps, elle est l’objet d’intimidations, de menaces de la part d’élèves de l’école, de petits commerçants surtout qui la guettent au sortir du lycée pour se moquer d’elle. Selon le surveillant général, il a été fait en sorte qu’elle soit protégée et sa famille fut prévenue de l’affaire.

4 élèves furent par la suite convoquées par la gendarmerie pour s’expliquer sur le vol des images à l’insu de K.S. et leur divulgation à grande échelle.

A notre arrivée au LTO, l’établissement se préparait à envoyer du pain aux élèves de l’établissement qui y étaient entendus, peut-être parce qu’ils étaient en garde à vue.

Le dossier se trouverait aujourd’hui entre les mains du Procureur du Faso.

Avec beaucoup de chance, nous avons aussi rencontré le monsieur qui a recommandé K.S au LTO. Ce dernier nous a parlé entant qu’éducateur (il est professeur et dirige un lycée), et oncle de la fille.

Il serait lié à elle par sa mère. C’est lui qui actuellement veille sur elle et lui procure de la sécurité. Il rassure qu’elle se porte bien et qu’elle est en lieu sûr, à l’abri des regards.
La scène filmée, pour lui, met en évidence toute la naïveté de sa nièce. La manière d’utiliser le portable ne montre pas qu’elle a fait tourner ce film pour autre chose que ce qu’elle a expliqué, à savoir qu’elle laissait juste un peu de souvenir à son copain parce qu’ils ne se voyaient pas à tout moment.
Concernant la plainte qui aurait été déposée par la famille, il dira que la famille n’a pas encore envisagé ce cas de figure et qu’elle attendait la fin des enquêtes de la Brigade des mœurs et des stupéfiants. Ce qui vient contredire ce que nous avions appris au niveau du L.T.O.

La famille se préoccuperait plus actuellement d’accompagner S.K dans ces « moments difficiles pour elle ».

Notons que le cas du LTO est bien moindre que la vidéo qui montre une fille du Lycée de la Jeunesse en pleine pornographie avec deux jeunes garçons. Nous n’avons pas pu avoir des informations les concernant mais le quotidien Sidwaya du vendredi nous apprenait que la fille en question s’est inscrite sur la base d’un faux bulletin dans cet établissement et qu’elle aurait de très mauvaises fréquentations. Contrairement à la première vidéo, celle-ci serait totalement volontaire. On y entend même la jeune fille dire : « Filmes tous ceux qui ont participé ». Ce qui pourrait démontrer que l’objectif était bien de divulguer ces images par la suite.

Voilà une affaire qui ne met pas seulement sur la brèche les services de police, les parents, les éducateurs, les confessions religieuses et coutumières ; elle interpelle aussi l’Etat dont la responsabilité est patente dans la chute vertigineuse des valeurs sociales, morales !

Thierry Nabyouré





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