LES ENTREPRENEURS POURRAIENT PASSER A LA CAISSE
Depuis
le 25 janvier 2008, Julien S. Ouédraogo, Président
de l’Association des entrepreneurs du Faso et
ses camarades passeraient à la caisse pour percevoir
un premier traitement assez conséquent. Une mobilisation
qui paye quand on sait que les entrepreneurs étaient
à bout de leurs attentes. Une situation qui nous
rappelle l’importance de la lutte à travers
les organes légaux.
Voici
ce que nous a confié le jeudi 24 janvier, Julien
S. Ouédraogo, président de l’Association
des entrepreneurs du Faso (AEF).
San
Finna : Est-ce que depuis le 21 janvier, vos démarches
ont porté fruits ?
Julien S. Ouédraogo : |
|
«
En ce qui concerne nos démarches, nous
sommes satisfaits et remercions les autorités
de ce pays pour leur disponibilité. En
effet, elles ont entrepris de nous aider à
rentrer dans nos droits. Nous sommes à
notre troisième rencontre aujourd’hui
(NDLR : entretien réalisé le 24
janvier) mais celle d’aujourd’hui
n’est qu’une rencontre d’information
parce que nous avons certains indices qui nous
permettent d’affirmer que les autorités
vont commencer à nous payer ». |
San
Finna : Les médias avaient fait cas de vos sautes
d’humeur. A la date d’aujourd’hui,
quel message rassurant avez-vous à donner ?
Julien S. Ouédraogo : Ce mécontentement,
nous le savons, intéresse plus d’un et
c’est vrai. Mais les travaux que nous avons entrepris
depuis 2005 devraient nous permettre d’avoir quelque
chose afin de continuer à travailler pour la
réalisation des routes dans les provinces et
les contrées éloignées de notre
pays. Mais si nous ne rentrons pas en possession de
l’argent qu’on nous doit, même si
nous soumissionnons à des marchés, nous
n’allons pas pouvoir travailler.
Aujourd’hui, beaucoup de chantiers sont à
l’arrêt tels les hôpitaux, les écoles
et autres. Nous attendons cet argent afin de respecter
aussi nos contrats ailleurs. Donc, en ce moment, si
rien n’est fait, c’est tout le pays qui
va prendre un coup de rhum. Ce ne serait pas seulement
nous. Donc, si l’on nous paye, tout ira bien pour
le développement du Faso.
San
Finna : Vous avez accusé des lenteurs dans le
traitement. Dites-nous combien on prévoit vous
payer dans les jours à venir.
Julien S. Ouédraogo : Nous savons qu’il
est assez difficile de payer aux entrepreneurs la totalité
des 11 milliards d’un coup mais au cours de nos
démarches, nous avons constaté que certains
n’étaient pas à jour dans leurs
documents, et tout est mis en œuvre pour y remédier
afin qu’on puisse payer. Ce qui est prêt
aujourd’hui tourne autour de 6 milliards mais
on envisage payer 1.175.000.000 fcfa (NDLR : à
la date du 25 janvier, on commencerait à payer).
Mais tout ça, ce ne sont que des prévisions.
Aristide
Ouédraogo
oudera@yahoo.fr
EPOPEE
« SANDRA BAUER » DU LTO
LE PROCUREUR DU FASO DEJA SAISI
Dans
un premier temps, l’opinion a été
prise de court par toute cette affaire rocambolesque
tournant autour d’images pornographiques réalisées
par le biais de téléphones portables,
mettant en scène de jeunes élèves
de lycées à Ouagadougou. La nouvelle a
d’autant plus défrayé la chronique
que ces films X continuaient à parcourir les
portables via le systèmes Bluetooph, infrarouges
et autres SMS… Certains journaux en parleront
et Canal 3 est allé jusqu’au LTO recueillir
des avis.
Parlant du LTO, sachez bien que c’est ce lycée
que fréquente la première actrice de ces
vidéos. Sa vidéo à elle portait
un nom : « Sandra Bauer » et a été
tournée en plusieurs séquences que les
gens ont tout de suite appelé des « saisons
» : 6 « saisons » donc, du «
Sandra Bauer » circulaient, et circulaient encore
aujourd’hui sur les portables.
Nous avons rencontré aussi des vidéos
encore plus graves qui sont l’œuvre de trois
jeunes gens. Renseignements pris, nous saurons que la
fille qui s’y trouve est élève au
Lycée de la Jeunesse. Dans cette vidéo,
elle est seule face à deux garçons, et
tenez-vous bien, dans l’enceinte du Parc urbain
Bangr Weogo. Ils y pratiquent avec aise un porno qui
pourrait plaire aux plus grands réalisateurs
de films du genre. D’autres vidéos circuleraient
encore dans la capitale, certaines dans le but de venir
en soutien à la première fille épinglée
dans cette vilaine histoire.
Au
LTO, où nous nous sommes rendus, nous avons pu
rencontrer le surveillant général Monsieur
Sawadogo Amadou, qui nous a raconté ce que l’école
a vécu ces derniers temps à cause de cette
affaire.
Tout a commencé, selon lui, il y a une dizaine
de jours quand un membre de la direction (le chef des
travaux) est venu lui rapporter que les élèves
faisaient du porno et que les images circulaient dans
les portables.
Le surveillant général a donc convoqué
une réunion avec tous les surveillants du lycée
pour tenter de retrouver les coupables s’il y
en a dans le lycée, mais une semaine après,
les coupables n’ont pas été démasqués,
malgré le soutien entre temps du délégué
général des élèves de l’établissement.
Ce dernier avait néanmoins apporté la
preuve que la fille de la vidéo se trouvait dans
l’établissement et soupçonnait une
fille qui ne ressemblait aucunement à celle qui
se trouvait dans les images incriminées.
Malgré l’aide des professeurs, la fille
n’a pu être démasquée et le
surveillant général avait même conclu
qu’il s’agirait peut-être d’une
entreprise à but lucratif et pensait à
classer le dossier quand vint le mercredi dernier, un
agent de la Brigade des mœurs et stupéfiants
de la Gendarmerie nationale pour enquêter sur
l’affaire. Ce jour, la fille sera démasquée
avec l’aide toujours, du délégué
général des élèves.
Comment a-t-elle pu se cacher longtemps ? Le surveillant
général dira que cela a été
fait avec la complicité des autres élèves
de sa classe qui la protégeaient et déviaient
les esprits des surveillants en indiquant d’autres
filles loin de ressembler à « l’actrice
» recherchée.
Le surveillant, après avoir entendu qu’il
s’agissait de K.S., n’en revenait pas. Il
a même dit au gendarme qu’il ne pouvait
s’agir de cette dernière parce qu’il
la connaissait et connaissait particulièrement
son tuteur, qui est un homme d’église.
En tout cas, quand il la vit entrer dans son bureau,
il la reconnut immédiatement. Il lui dit : «
Est-ce bien toi sur cette vidéo ? ». La
jeune fille répondit : « Oui, c’est
bien moi ». Pour le surveillant, elle fit preuve
de courage.
Pour l’histoire, elle dira avoir réalisé
ce film X avec son fiancé et ils l’ont
tourné parce qu’elle voyageait beaucoup
en ce moment (on se demande bien pourquoi !) et voulait
laisser un souvenir au fiancé pour le cas où
elle lui manquerait… Et selon elle, ce n’est
que le 31 décembre dernier qu’elle a appris
que les images circulaient à travers des portables.
Depuis ce temps, elle est l’objet d’intimidations,
de menaces de la part d’élèves de
l’école, de petits commerçants surtout
qui la guettent au sortir du lycée pour se moquer
d’elle. Selon le surveillant général,
il a été fait en sorte qu’elle soit
protégée et sa famille fut prévenue
de l’affaire.
4 élèves furent par la suite convoquées
par la gendarmerie pour s’expliquer sur le vol
des images à l’insu de K.S. et leur divulgation
à grande échelle.
A notre arrivée au LTO, l’établissement
se préparait à envoyer du pain aux élèves
de l’établissement qui y étaient
entendus, peut-être parce qu’ils étaient
en garde à vue.
Le dossier se trouverait aujourd’hui entre les
mains du Procureur du Faso.
Avec beaucoup de chance, nous avons aussi rencontré
le monsieur qui a recommandé K.S au LTO. Ce dernier
nous a parlé entant qu’éducateur
(il est professeur et dirige un lycée), et oncle
de la fille.
Il serait lié à elle par sa mère.
C’est lui qui actuellement veille sur elle et
lui procure de la sécurité. Il rassure
qu’elle se porte bien et qu’elle est en
lieu sûr, à l’abri des regards.
La scène filmée, pour lui, met en évidence
toute la naïveté de sa nièce. La
manière d’utiliser le portable ne montre
pas qu’elle a fait tourner ce film pour autre
chose que ce qu’elle a expliqué, à
savoir qu’elle laissait juste un peu de souvenir
à son copain parce qu’ils ne se voyaient
pas à tout moment.
Concernant la plainte qui aurait été déposée
par la famille, il dira que la famille n’a pas
encore envisagé ce cas de figure et qu’elle
attendait la fin des enquêtes de la Brigade des
mœurs et des stupéfiants. Ce qui vient contredire
ce que nous avions appris au niveau du L.T.O.
La famille se préoccuperait plus actuellement
d’accompagner S.K dans ces « moments difficiles
pour elle ».
Notons que le cas du LTO est bien moindre que la vidéo
qui montre une fille du Lycée de la Jeunesse
en pleine pornographie avec deux jeunes garçons.
Nous n’avons pas pu avoir des informations les
concernant mais le quotidien Sidwaya du vendredi nous
apprenait que la fille en question s’est inscrite
sur la base d’un faux bulletin dans cet établissement
et qu’elle aurait de très mauvaises fréquentations.
Contrairement à la première vidéo,
celle-ci serait totalement volontaire. On y entend même
la jeune fille dire : « Filmes tous ceux qui ont
participé ». Ce qui pourrait démontrer
que l’objectif était bien de divulguer
ces images par la suite.
Voilà une affaire qui ne met pas seulement sur
la brèche les services de police, les parents,
les éducateurs, les confessions religieuses et
coutumières ; elle interpelle aussi l’Etat
dont la responsabilité est patente dans la chute
vertigineuse des valeurs sociales, morales !
Thierry
Nabyouré