Mise à jour le 20/01/2008
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San Finna N°447 du 21 au 27 Janvier 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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LE PRESUME ASSASSIN DE DAOUDA OUEDRAOGO
ABBAS DAMEN SERA JUGE AU LIBAN
QU’EN PENSE-T-ON AU FASO ?

Si l’affaire du cambiste Daouda Ouédraogo, contrairement à d’autres, est perçue par beaucoup de Burkinabé comme ayant été réglée avec plutôt de doigté, il n’en reste pas moins que beaucoup de questions restent en suspens qui pourraient, si on n’y prend garde, provoquer des tensions à l’avenir, si elles n’étaient pas résolues, notamment en ce qui concerne l’impossibilité de juger Abbas Damen à Ouagadougou. Voilà ce qu’en pensent des Burkinabé et un expatrié.

Ido Babou Parfait, journaliste : « Lorsque j’ai appris l’information par le biais de la télévision nationale, j’ai été personnellement touché en tant que citoyen. Je pense que dans toute société, ce genre de crimes est inadmissible quel que soit le degré de l’erreur. C’est bien dommage que ce soit ainsi, et ce que le Libanais a posé comme acte est vraiment crapuleux parce qu’il ne s’imaginait pas qu’il allait être arrêté aussitôt. J’ai été véritablement surpris de la rapidité avec laquelle celui-ci a été arrêté par Interpol. Cette diligence pouvait aussi se manifester sur d’autres crimes, mais hélas ! Il y a eu un communiqué de presse du ministère en charge de la Sécurité invitant les populations à la retenue. Je pense que la population a compris et les citoyens ont observé une réserve, permettant ainsi aux forces de l’ordre de faire leur travail. Il faut quand même être très prudent quand il s’agit de ce genre de transactions même avec des nationaux. Je pense qu’il aurait dû se faire accompagner afin de s’assurer qu’il y aura une entourloupe à l’horizon. L’impression que laisse la communauté libanaise dans notre pays n’est pas à leur honneur, et l’argent semble être au-dessus de tout chez eux. Dans certains pays tels que la Côte d’Ivoire, les gens critiquent leur comportement, que ce soit de façon professionnelle ou sociale. Il faut poursuivre les enquêtes, il ne doit pas être le seul, peut-être y avait-il tout un groupe. Il faut que ça s’arrête et que la communauté libanaise revoie sa copie si elle veut vivre en bonne intelligence avec les Burkinabé ».

Un juriste burkinabé ayant requis l’anonymat : « Pour pouvoir faire une extradition d’un pays à un autre, il faut d’abord qu’il existe un accord entre les deux pays, c’est-à-dire le pays requérant, celui qui demande l’extradition et le pays requis, généralement dans lequel se trouve l’individu recherché. Maintenant, s’il n’y a pas un accord ou un traité d’extradition, il y a des Etats qui ont des lois relatives à l’extradition. Par exemple, la France qui a une loi de 1927 sur l’extradition des étrangers, et c’est la même loi qui est en vigueur au Burkina.
Maintenant, s’il n’y a aucun traité, il faudrait peut-être passer par une phase de coopération. Les différentes polices peuvent collaborer mais ce ne serait pas une collaboration textuelle. Peut-être que de façon diplomatique, les polices peuvent collaborer entre elles, mais maintenant il faut admettre qu’il y a un principe qui fait que peu d’Etats acceptent extrader leur national. Ca au moins, c’est un principe en droit international, et il est rare d’Etats qui le font. Ils préfèrent juger leur national chez eux par peur que dans le pays requérant, à cause de la pression, que ses droits ne soient pas respectés. Plusieurs facteurs encouragent les Etats à ne pas le faire de peur que les droits de la défense ne soit pas assurés, qu’il y ait une décision avant même le procès ».

Maurice Tapsoba, juriste : « Moi, je n’arrive pas à comprendre qu’on ne trouve pas dans l’arsenal des traités internationaux et des ficelles de la diplomatie, un moyen de faire juger Abbas Damen à Ouagadougou. S’il s’agissait d’un pays comme la France ou les USA, je suis sûr qu’on aurait trouvé la solution. Même dans le cas des touristes français assassinés en Mauritanie, il n’y avait pas d’accord d’extradition entre la Guinée Bissau (où se trouvaient les fugitifs) et la Mauritanie, mais en fouillant, on a trouvé un traité que les deux pays avaient signé, et cela a permis de régler la difficulté de l’extradition. De toute façon, il serait plus sage, compte tenu de l’importante communauté libanaise au Faso et de la récurrence des délits qui les impliquent, que le pouvoir prenne les dispositions pour trouver une solution juridique pour l’avenir car si cette fois-ci, à supposer même que les Burkinabé laissent passer que le présumé assassin soit jugé dans son pays (quoi que beaucoup s’en plaignent), il n’est pas sûr qu’au prochain crime commis par un Libanais, l’état d’esprit ne changera pas. Beaucoup pensent en effet que c’est trop facile de commettre de tels actes au Faso, de courir se réfugier au pays pour y être jugé, étant entendu que non seulement on échappera aux rigueurs de la prison commune à tous les délinquants au Faso mais surtout, qu’on a bien des chances de ne pas rester longtemps embastillé dans son pays d’origine. Alors, à bon entendeur, salut… ».

Jean-Louis Auguet, Psychothérapeute : En l’absence de traité d’extradition, c’est du ressort de la diplomatie et des chefs d’Etat du Liban et du Burkina de trouver un accord à l’amiable. Sinon, je considère que tout crime est odieux, et cela ne doit plus se faire dans un monde civilisé. Ce genre de crimes met mal à l’aise les expatriés qui vivent en parfaite intelligence avec les nationaux. Je ne m’explique pas un tel crime, et même si c’est pour l’argent, ce jeune ne répond pas au profil d’un tueur. C’est peut-être sous le coup de la folie qu’il a agi ».

Aristide Ouédraogo


REVOILA L’EPIDEMIE DE MENINGITE
UNE VINGTAINE DE VICTIMES DEJA RECENSEES A SAPOUY

C’est à Sapouy que l’épidémie de méningite s’est déclarée cette année. 119 cas suspects de méningite ont été recensés qui ont déjà fait 19 décès, ainsi que l’a reconnu le ministère de la santé. Les autorités vont envoyer immédiatement une mission à Sapouy pour une campagne de vaccination réactive afin d’interrompre la propagation de la maladie. Le ministère a également fait savoir que le financement du plan de préparation et de riposte à l’échelle nationale, se chiffre à 3,2 milliards de FCFA, qu’il va renforcer ses stocks de médicaments pour une « prise en charge précoce, adéquate et gratuite ». 20.000 cas de méningite seraient prévus pour 2008.

L’an dernier, la méningite avait tué officiellement 1.743 personnes.

Quels sont les moyens de prévenir la maladie ou d’amoindrir ses effets, avons-nous demandé au docteur Ouédraogo William médecin chef du district du secteur 30 de Ouagadougou
Voici ce qu’il nous a dit :

« Il est important, surtout que nous sommes en pleine période d’harmattan, que l’on s’humidifie les narines avec du beurre de karité ou tout autre lubrifiant approprié. Mais à la moindre alerte de céphalées avec fièvre chez les enfants, et de courbatures ou de maux de dos chez les adultes, il ne faut pas hésiter d’aller dans le premier centre de soins ».

Par ailleurs, nous avons cherché à savoir si les vaccins bivalent AC et trétavalent AC + W 135 étaient en vente en pharmacie. La pharmacie de l’Hôpital de Ouagadougou nous a fait savoir que le tétravalent est disponible et qu’une dose unique ferait 19.835 fcfa mais pour 10 personnes, cela coûterait 100.250 fcfa. Il serait alors plus judicieux de s’associer à 10 pour en acheter. Pour le bivalent, la pharmacie n’en avait pas. Il faut savoir que les firmes n’en fabriquent que sur demande de l’OMS et pour les cas d’épidémie.

CY/AO





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