LE
PRESUME ASSASSIN DE DAOUDA OUEDRAOGO
ABBAS DAMEN SERA JUGE AU LIBAN
QU’EN PENSE-T-ON AU FASO ?
Si
l’affaire du cambiste Daouda Ouédraogo,
contrairement à d’autres, est perçue
par beaucoup de Burkinabé comme ayant été
réglée avec plutôt de doigté,
il n’en reste pas moins que beaucoup de questions
restent en suspens qui pourraient, si on n’y
prend garde, provoquer des tensions à l’avenir,
si elles n’étaient pas résolues,
notamment en ce qui concerne l’impossibilité
de juger Abbas Damen à Ouagadougou. Voilà
ce qu’en pensent des Burkinabé et un
expatrié.
Ido
Babou Parfait, journaliste : « Lorsque
j’ai appris l’information par le biais
de la télévision nationale, j’ai
été personnellement touché en
tant que citoyen. Je pense que dans toute société,
ce genre de crimes est inadmissible quel que soit
le degré de l’erreur. C’est bien
dommage que ce soit ainsi, et ce que le Libanais a
posé comme acte est vraiment crapuleux parce
qu’il ne s’imaginait pas qu’il allait
être arrêté aussitôt. J’ai
été véritablement surpris de
la rapidité avec laquelle celui-ci a été
arrêté par Interpol. Cette diligence
pouvait aussi se manifester sur d’autres crimes,
mais hélas ! Il y a eu un communiqué
de presse du ministère en charge de la Sécurité
invitant les populations à la retenue. Je pense
que la population a compris et les citoyens ont observé
une réserve, permettant ainsi aux forces de
l’ordre de faire leur travail. Il faut quand
même être très prudent quand il
s’agit de ce genre de transactions même
avec des nationaux. Je pense qu’il aurait dû
se faire accompagner afin de s’assurer qu’il
y aura une entourloupe à l’horizon. L’impression
que laisse la communauté libanaise dans notre
pays n’est pas à leur honneur, et l’argent
semble être au-dessus de tout chez eux. Dans
certains pays tels que la Côte d’Ivoire,
les gens critiquent leur comportement, que ce soit
de façon professionnelle ou sociale. Il faut
poursuivre les enquêtes, il ne doit pas être
le seul, peut-être y avait-il tout un groupe.
Il faut que ça s’arrête et que
la communauté libanaise revoie sa copie si
elle veut vivre en bonne intelligence avec les Burkinabé
».
Un
juriste burkinabé ayant requis l’anonymat
: « Pour pouvoir faire une extradition
d’un pays à un autre, il faut d’abord
qu’il existe un accord entre les deux pays,
c’est-à-dire le pays requérant,
celui qui demande l’extradition et le pays requis,
généralement dans lequel se trouve l’individu
recherché. Maintenant, s’il n’y
a pas un accord ou un traité d’extradition,
il y a des Etats qui ont des lois relatives à
l’extradition. Par exemple, la France qui a
une loi de 1927 sur l’extradition des étrangers,
et c’est la même loi qui est en vigueur
au Burkina.
Maintenant, s’il n’y a aucun traité,
il faudrait peut-être passer par une phase de
coopération. Les différentes polices
peuvent collaborer mais ce ne serait pas une collaboration
textuelle. Peut-être que de façon diplomatique,
les polices peuvent collaborer entre elles, mais maintenant
il faut admettre qu’il y a un principe qui fait
que peu d’Etats acceptent extrader leur national.
Ca au moins, c’est un principe en droit international,
et il est rare d’Etats qui le font. Ils préfèrent
juger leur national chez eux par peur que dans le
pays requérant, à cause de la pression,
que ses droits ne soient pas respectés. Plusieurs
facteurs encouragent les Etats à ne pas le
faire de peur que les droits de la défense
ne soit pas assurés, qu’il y ait une
décision avant même le procès
».
Maurice
Tapsoba, juriste : « Moi, je n’arrive
pas à comprendre qu’on ne trouve pas
dans l’arsenal des traités internationaux
et des ficelles de la diplomatie, un moyen de faire
juger Abbas Damen à Ouagadougou. S’il
s’agissait d’un pays comme la France ou
les USA, je suis sûr qu’on aurait trouvé
la solution. Même dans le cas des touristes
français assassinés en Mauritanie, il
n’y avait pas d’accord d’extradition
entre la Guinée Bissau (où se trouvaient
les fugitifs) et la Mauritanie, mais en fouillant,
on a trouvé un traité que les deux pays
avaient signé, et cela a permis de régler
la difficulté de l’extradition. De toute
façon, il serait plus sage, compte tenu de
l’importante communauté libanaise au
Faso et de la récurrence des délits
qui les impliquent, que le pouvoir prenne les dispositions
pour trouver une solution juridique pour l’avenir
car si cette fois-ci, à supposer même
que les Burkinabé laissent passer que le présumé
assassin soit jugé dans son pays (quoi que
beaucoup s’en plaignent), il n’est pas
sûr qu’au prochain crime commis par un
Libanais, l’état d’esprit ne changera
pas. Beaucoup pensent en effet que c’est trop
facile de commettre de tels actes au Faso, de courir
se réfugier au pays pour y être jugé,
étant entendu que non seulement on échappera
aux rigueurs de la prison commune à tous les
délinquants au Faso mais surtout, qu’on
a bien des chances de ne pas rester longtemps embastillé
dans son pays d’origine. Alors, à bon
entendeur, salut… ».
Jean-Louis
Auguet, Psychothérapeute : En l’absence
de traité d’extradition, c’est
du ressort de la diplomatie et des chefs d’Etat
du Liban et du Burkina de trouver un accord à
l’amiable. Sinon, je considère que tout
crime est odieux, et cela ne doit plus se faire dans
un monde civilisé. Ce genre de crimes met mal
à l’aise les expatriés qui vivent
en parfaite intelligence avec les nationaux. Je ne
m’explique pas un tel crime, et même si
c’est pour l’argent, ce jeune ne répond
pas au profil d’un tueur. C’est peut-être
sous le coup de la folie qu’il a agi ».
Aristide
Ouédraogo
REVOILA
L’EPIDEMIE DE MENINGITE
UNE VINGTAINE DE VICTIMES DEJA RECENSEES A SAPOUY
C’est
à Sapouy que l’épidémie
de méningite s’est déclarée
cette année. 119 cas suspects de méningite
ont été recensés qui ont déjà
fait 19 décès, ainsi que l’a reconnu
le ministère de la santé. Les autorités
vont envoyer immédiatement une mission à
Sapouy pour une campagne de vaccination réactive
afin d’interrompre la propagation de la maladie.
Le ministère a également fait savoir
que le financement du plan de préparation et
de riposte à l’échelle nationale,
se chiffre à 3,2 milliards de FCFA, qu’il
va renforcer ses stocks de médicaments pour
une « prise en charge précoce, adéquate
et gratuite ». 20.000 cas de méningite
seraient prévus pour 2008.
L’an dernier, la méningite avait tué
officiellement 1.743 personnes.
Quels sont les moyens de prévenir la maladie
ou d’amoindrir ses effets, avons-nous demandé
au docteur Ouédraogo William médecin
chef du district du secteur 30 de Ouagadougou
Voici ce qu’il nous a dit :
« Il est important, surtout que nous sommes
en pleine période d’harmattan, que l’on
s’humidifie les narines avec du beurre de karité
ou tout autre lubrifiant approprié. Mais à
la moindre alerte de céphalées avec
fièvre chez les enfants, et de courbatures
ou de maux de dos chez les adultes, il ne faut pas
hésiter d’aller dans le premier centre
de soins ».
Par ailleurs, nous avons cherché à savoir
si les vaccins bivalent AC et trétavalent AC
+ W 135 étaient en vente en pharmacie. La pharmacie
de l’Hôpital de Ouagadougou nous a fait
savoir que le tétravalent est disponible et
qu’une dose unique ferait 19.835 fcfa mais pour
10 personnes, cela coûterait 100.250 fcfa. Il
serait alors plus judicieux de s’associer à
10 pour en acheter. Pour le bivalent, la pharmacie
n’en avait pas. Il faut savoir que les firmes
n’en fabriquent que sur demande de l’OMS
et pour les cas d’épidémie.
CY/AO