Mise à jour le 13/01/2008
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San Finna N°446 du 14 au 20 Janvier 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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CLARA ROJAS ET CONSUELO GONZALEZ
DES HEUREUSES LIBERATIONS AUX ARRIERE-GOUTS TROUBLANTS

Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), après une tentative manquée, ont libéré, après 6 ans de captivité, Consuelo Gonzalez (ancienne parlementaire) et Clara Rojas (avocate et ancienne directrice de campagne d’Ingrid Betancourt). Le fait premier qui doit dominer et qui domine en la circonstance, c’est la joie, la joie de la libération de ces femmes qui ont brûlé tant d’années précieuses de leurs vies, dans la jungle, la joie de retrouver leurs familles, de renaître à la vie comme l’a si bien dit le président vénézuelien Hugo Chavez. Et c’est dans un concert mondial de contentement et de félicitations que leur libération a été accueillie. Il n’est jusqu’aux Américains, même avec des termes voilés, édulcorés, qui ne se soient réjouis de l’évènement.

Mais tout de suite, succèdent à la joie, des interrogations voire même des inquiétudes.

La toute première porte sur le sort d’ Ingrid Betancourt. On s’attendait à avoir d’elle des nouvelles fraîches et sûres, des témoignages de vie de la part des deux anciennes captives. Mais il faut déchanter : il y a trois ans que Clara Rojas n’a pas vu son ancienne compagne de captivité. Dans quel état de santé se trouve-t-elle ? Les images très troubles de cette vidéo diffusée il y a un mois et la montrant découragée et amaigrie, sont-elles fiables ? Est-elle même en vie ? Voilà les questions qu’on ne peut s’empêcher de se poser.


Consuelo Gonzalez qui retrouve sa
Petite-fille après 7 ans de captivité
(Photo Le Figaro)

Ensuite, viennent les exploitations politiques, médiatiques, diplomatiques… de cette affaire. Déjà, Hugo Chavez apparaît comme le bénéficiaire principal de cette opération. Plus que Carla Rojas et Consuelo Gonzales, c’est lui qui se trouve sous les feux de la rampe, suscitant des inquiétudes quant à sa tentation de vouloir en profiter pour remonter le handicap électoral qu’il vient de connaître et remettre au goût du jour ses ambitions monarchiques déjouées par le peuple.

Un autre bémol se trouve dans l’exploitation que pourraient faire les FARC de cette situation. Voilà justement que Chavez demande qu’on les raye de la liste des organisations terroristes. Négocier avec une organisation qui se spécialise dans les prises d’otages, dans l’industrie de la drogue, etc., est en soi un aveu de défaite de la communauté internationale et un mauvais signal pour la sécurité mondiale. Aller jusqu’à donner des certificats de moralité à de telles organisations, ce serait donner une prime à l’injustice contre la justice.

On peut à cet égard regretter que le président colombien soit acculé à jouer les mauvais rôles, celui du méchant qui n’en fait pas assez pour que les otages soient libérés, même en sortant un peu du cadre légal et constitutionnel. C’est un monde en effet de l’obliger quasiment à des concessions vis-à-vis de rebelles sécessionnistes que bien peu de gouvernements accepteraient. C’est vrai que la priorité encore une fois ici doit être au sort de ceux qui sont en captivité depuis tant d’années mais de là à soutenir politiquement, financièrement, diplomatiquement, militairement les FARC, il y a certainement un pas à ne pas franchir. Alors, attention à ne pas trop céder à Cuba et au Venezuela ; cela pourrait donner des envies à bien de rébellions de par le monde !

CY






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