CLARA
ROJAS ET CONSUELO GONZALEZ
DES HEUREUSES LIBERATIONS AUX ARRIERE-GOUTS TROUBLANTS
Les
Forces armées révolutionnaires de
Colombie (FARC), après une tentative manquée,
ont libéré, après 6 ans de
captivité, Consuelo Gonzalez (ancienne
parlementaire) et Clara Rojas (avocate et ancienne
directrice de campagne d’Ingrid Betancourt).
Le fait premier qui doit dominer et qui domine
en la circonstance, c’est la joie, la joie
de la libération de ces femmes qui ont
brûlé tant d’années
précieuses de leurs vies, dans la jungle,
la joie de retrouver leurs familles, de renaître
à la vie comme l’a si bien dit le
président vénézuelien Hugo
Chavez. Et c’est dans un concert mondial
de contentement et de félicitations que
leur libération a été accueillie.
Il n’est jusqu’aux Américains,
même avec des termes voilés, édulcorés,
qui ne se soient réjouis de l’évènement.
Mais tout de suite, succèdent à
la joie, des interrogations voire même des
inquiétudes.
La toute première porte sur le sort d’
Ingrid Betancourt. On s’attendait à
avoir d’elle des nouvelles fraîches
et sûres, des témoignages de vie
de la part des deux anciennes captives. Mais il
faut déchanter : il y a trois ans que Clara
Rojas n’a pas vu son ancienne compagne de
captivité. Dans quel état de santé
se trouve-t-elle ? Les images très troubles
de cette vidéo diffusée il y a un
mois et la montrant découragée et
amaigrie, sont-elles fiables ? Est-elle même
en vie ? Voilà les questions qu’on
ne peut s’empêcher de se poser.
Consuelo
Gonzalez qui retrouve sa
Petite-fille après 7 ans de captivité
(Photo Le Figaro)
|
Ensuite,
viennent les exploitations politiques, médiatiques,
diplomatiques… de cette affaire. Déjà,
Hugo Chavez apparaît comme le bénéficiaire
principal de cette opération. Plus
que Carla Rojas et Consuelo Gonzales, c’est
lui qui se trouve sous les feux de la rampe,
suscitant des inquiétudes quant à
sa tentation de vouloir en profiter pour
remonter le handicap électoral qu’il
vient de connaître et remettre au
goût du jour ses ambitions monarchiques
déjouées par le peuple. |
Un autre bémol se trouve dans l’exploitation
que pourraient faire les FARC de cette situation.
Voilà justement que Chavez demande qu’on
les raye de la liste des organisations terroristes.
Négocier avec une organisation qui se spécialise
dans les prises d’otages, dans l’industrie
de la drogue, etc., est en soi un aveu de défaite
de la communauté internationale et un mauvais
signal pour la sécurité mondiale.
Aller jusqu’à donner des certificats
de moralité à de telles organisations,
ce serait donner une prime à l’injustice
contre la justice.
On peut à cet égard regretter que
le président colombien soit acculé
à jouer les mauvais rôles, celui
du méchant qui n’en fait pas assez
pour que les otages soient libérés,
même en sortant un peu du cadre légal
et constitutionnel. C’est un monde en effet
de l’obliger quasiment à des concessions
vis-à-vis de rebelles sécessionnistes
que bien peu de gouvernements accepteraient. C’est
vrai que la priorité encore une fois ici
doit être au sort de ceux qui sont en captivité
depuis tant d’années mais de là
à soutenir politiquement, financièrement,
diplomatiquement, militairement les FARC, il y
a certainement un pas à ne pas franchir.
Alors, attention à ne pas trop céder
à Cuba et au Venezuela ; cela pourrait
donner des envies à bien de rébellions
de par le monde !
CY