Mise à jour le 23/12/2007
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San Finna N°445 du 24 Décembre 2007 au 13 Janvier 2008
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

SORTIE DE CRISE EN COTE D’IVOIRE
L’ADIEU A LA LIGNE DE FRONT
ON CROISE LES DOIGTS

Bien que de nombreuses décisions et de nombreux signes indiquent que la sortie de crise est sur une voie de non-retour (en témoignent les appréciations positives de l’ONUCI), il n’en reste pas moins que les inquiétudes subsistaient en raison des lenteurs (vite assimilées à des opérations de freinage) que l’on sentait dans l’activation du DDR. Et on ne pourra plus dire depuis le samedi 22 décembre 2007 que c’est le statut quo vu que le processus de désarmement vient de s’amorcer. Mais il faut garder les doigts croisés.

C’est donc le samedi 22 décembre que le Désarmement-Démobilisation-Réinsertion (DDR) a officiellement démarré. Si l’on s’en tient au programme annoncé, tout semble se passer comme sur du papier à musique. A Tiébissou (côté loyalistes) et Bjébonoua (côté Forces nouvelles), le pré regroupement a démarré sans problèmes.

Mais comment ignorer totalement les craintes qui subsistent d’un côté comme de l’autre ?


Gbagbo, Blaise, Soro
Accord de Ouagadougou
Au niveau des Forces Nouvelles (FN), il n’est pas de bon ton de parler de division, de contestation de leadership mais il n’y a pas de fumée sans feu. L’Accord de Ouagadougou, manifestement, dans ce camp, ne fait pas l’affaire de tout le monde. En témoigne l’attentat de Bouaké par rapport auquel nous observons un de ces silences les plus extraordinaires et pour lequel on a pour le moment d’autres explications que celle tenant à la volonté de ne pas réveiller le chat qui dort, de ne pas mettre le couteau dans la plaie au
moment où au dehors comme au-dedans de la Côte d’Ivoire, chacun semble engagé vers la paix. En témoignent aussi les petites « piques » entre responsables des Forces Nouvelles, les luttes d’influence qui confinent au schisme et le dernier coup de gueule des éléments armés des Forces de Défense et de Sécurité des FN à Bouaké.



Du côté du pouvoir, une certaine exaspération est visible devant les hésitations, les lenteurs à mettre en œuvre la mesure la plus convaincante et la plus urgente du retour à la paix : le désarmement. Cela n’est pas sans susciter des interrogations, des crispations au sein du pouvoir FPI, Mamadou Koulibaly n’ayant jamais du reste, jusqu’à la signature de Ouaga II, fait mystère de son incrédulité par rapport à Ouaga I qui à son sens ne faisait pas la place qu’il fallait au désarmement. L’indication par le président Gbagbo que les élections pourront effectivement être lancées dès lors qu’après avoir constaté que l’administration est redéployée sur toute l’étendue du territoire, que le désarmement a eu lieu, il en aura informé le Conseil constitutionnel et demandé qu’il prenne les dispositions sur la base du constat du retour à la normalité républicaine pour ouvrir la voie à des élections, participe aussi du souci de ne pas jouer à cache-cache avec le désarmement.

Comment ne pas relever également la contradiction de la communauté internationale qui jure sa fidélité à l’Accord de Ouagadougou et qui ne bouge pas le petit doigt, malgré les engagements pris, lorsqu’il s’agit de financer le DDR pour amorcer concrètement le dernier virage de sortie de crise ?

Mais on peut dire, toutes choses bien considérées, qu’il y a plus de raisons d’espérer que de désespérer au vu de la très large adhésion des Ivoiriens au processus puisque c’est cette donne qui finalement impose le rythme du retour à la paix en décourageant l’action de tous les francs-tireurs déclarés ou non.

V.T




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