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FAUT-IL
FELICITER OU NON NICOLAS SARKOZY
POUR SA FRANCHISE DANS LE DOSSIER TCHADIEN ?
A
une question qui lui a été posée
lors du Sommet Europe/Afrique à Lisbonne
sur l’aide qu’apporterait l’armée
française aux troupes d’Idriss Déby,
Nicolas Sarkozy n’est pas passé par
quatre chemins pour dire ce qu’il en est au
juste : « C'est vrai que l'opération
Epervier, d'une façon indirecte, aide le
Tchad, c'est parfaitement exact. Je serais bien
hypocrite de le contester, donc je ne le conteste
pas….En même temps, est-ce que c'est
notre rôle de contribuer à la déstabilisation
d'un Etat, dans une région où il n'y
a vraiment pas besoin de déstabilisation
?".(in Le Monde du 08/12/2007). Aussitôt,
cela a provoqué une sacrée polémique.
Il y en a en effet qui soutiennent que le numéro
un français a eu un langage de vérité
qui tient parfaitement la route et d’autres
qui soutiennent qu’il n’a pas hésité
à fouler aux pieds les conventions qui lient
la France au Tchad et qu’il se comporte comme
un colon de la pire espèce. Deux sons de
cloche.
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| LE
PRESIDENT FRANÇAIS NICOLAS SARKOZY A EU UN
LANGAGE DE VERITE CREDIBLE
Il
y a des chefs d’Etat qui aiment la langue
de bois à vous dégoûter de la
politique. Avec le président français,
on aura au moins, sur ce plan-là, une rupture
sans bavures. Que ce soit dans ses relations avec
la Chine, avec la Libye, avec les USA… ou
en matière de politique intérieure,
il est celui des chefs d’Etat qui pratique
le plus ce qu’il dit. Kadhafi a beau être
ce qu’il est, toiser tout le monde, se considérer
comme « le phoenix des hôtes de ce bois
», si la coopération entre la France
et la Libye peut être bénéfique
pour son pays, il n’y a que ça qui
compte, et si dans ce cas précis, Kadhafi
fait amende honorable en promettant de décrocher
d’avec le terrorisme et la recherche effrénée
de l’arme atomique, ce n’est pas lui
Sarkozy qui fera la fine bouche ; il fera encore
moins la fine bouche lorsque, ventre à terre,
d’autres puissants de ce monde et pas des
moindres, font une cour assidue au numéro
un libyen. Actuellement, il illustre cette franchise
du propos et du comportement avec le Tchad. Eh bien
des opposants et des observateurs tchadiens soutiennent
que l’armée française aide les
forces armées nationales tchadiennes pour
combattre les rebelles, alors que les accords passés
entre le Tchad et la France ne permettraient pas
une telle intervention. Nicolas Sarkozy aurait pu
louvoyer comme on a toujours fait jusqu’à
présent pour ces questions sensibles. Sa
réponse a été claire et nette
: « C'est vrai que l'opération Epervier,
d'une façon indirecte, aide le Tchad, c'est
parfaitement exact. Je serais bien hypocrite de
le contester ». Peut-on lui reprocher d’avoir
un tel langage de vérité ? Pas du
tout. Ca permettra à tout un chacun de prendre
ses responsabilités notamment aux autorités
tchadiennes. Si le gouvernement tchadien décide
qu’il ne veut plus de ce soutien indirect
ni même de la présence des bases militaires
françaises dans son pays, eh bien la France
en tirera toutes les conséquences. Et si
même dans les autres Etats africains, la question
du départ devenait une option des gouvernements
en place, pas de problème, la France retirera
ses billes. Pour le moment, tant qu’on accepte
ces accords qui lient la France et les pays africains
en matière de défense de même
que l’assistance politique que la France apporte
aux pays africains pour les préserver de
certaines menaces notamment de déstabilisation,
il n’y a pas de problème. On le voit,
on ne saurait être plus clair qu’il
l’a été. Et s’il y a à
s’en prendre maintenant à quelqu’un
par rapport à la présence des bases
militaires françaises en Afrique et à
leurs agissements sur le continent, c’est
aux dirigeants de nos Etats qu’il faut s’en
prendre car Nicolas Sarkozy a résolument
et sans complexes, placé la balle dans leur
camp.
TOMI.
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NICOLAS
SARKOZY A ENCORE MONTRE SON DETACHEMENT VIS-A-VIS
DES PEUPLES AFRICAINS
Hors
donc, pour employer une expression chère
aux Ivoiriens, les rebelles tchadiens avaient raison
de dénoncer l’ingérence de l’armée
française dans les combats qui les oppose
à l’armée tchadienne. Nicolas
Sarkozy n’a rien fait d’autre, à
la question qui lui a été posée
à Lisbonne au sujet de cette ingérence,
que de répondre par l’affirmative.
C’est ce qu’il a fait dans le style
qui lui est cher en disant « C’est vrai
que l’Opération Epervier, d’une
façon indirecte, aide le Tchad. C’est
parfaitement exact. Je serai bien hypocrite de le
contester, donc je ne le conteste pas ». Il
ne fait pas que le reconnaître, il se justifie
car lorsqu’il demande « .. Est-ce que
c’est notre rôle de contribuer à
la déstabilisation d’un Etat dans une
région où il n’y a vraiment
pas besoin de déstabilisation ? »,
que fait-il sinon préjuger des intentions
du régime soudanais et prendre partie pour
Idriss Déby dont le pays en la circonstance
est menacé, selon lui, de déstabilisation
? Le président français d’ailleurs
ne fait pas mystère de ses convictions puisqu’il
enchaîne : « Je vous rappelle que de
l’autre côté, c’est le
Darfour ! ». Autrement dit, pour lui Nicolas
Sarkozy, le Soudan de al Béchir est le grand
satan. Les rebelles tchadiens ont beau s’agiter,
ils ne sont que les instruments pour semer le foutoir
dans la région ! Alors, il ne sera pas dit
qu’il restera les bras croisés devant
la déstabilisation de cette région
qui n’en a pas besoin. Mais qui donc l’a
investi de ce droit de décider en dehors
du peuple tchadien, de la meilleure façon
de faire son bonheur ? Décidément,
on reconnaît là Nicolas Sarkozy. C’est
le même qui disait qu’il irait chercher
les membres de l’équipe de Zoé,
quoi qu’ils aient fait. Pour lui en effet,
le Tchad reste une colonie française où
lui, Sarkozy, pourra agir en maître et seigneur.
Mais il y a quelque chose de bon dans cette franchise
dont il fait la pierre angulaire de sa politique
: elle permet de découvrir que les Tchadiens
ne sont pas dupes de son acharnement à faire
venir l’EUFOR au Tchad. La technique est la
même que Jacques Chirac utilisait pour fourguer
le sale boulot aux organisations internationales
africaines et aux Nations Unies. On pourra dire
qu’à quelque chose, malheur est bon
puisqu’avec cette option de franchise, on
pourra le pousser jusqu’à reconnaître
les ingérences françaises dans le
cadre de la France-Afrique, en Centrafrique, en
Côte d’Ivoire… Tant qu’à
refuser d’être hypocrite, il faut aller
jusqu’au bout ce qui permettra aux Etats africains
de juger en toute connaissance de cause et de décider
des nouvelles bases sur lesquelles ils voudraient
éventuellement refonder la relation entre
la France et l’Afrique.
TOZI.
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