Mise à jour le 09/12/2007
ACTUALITES

Fleche Accueil
Fleche Sommaire du N°443
Fleche Au courant de la plume
Fleche A vue de pays
Fleche Deux sons de cloche
Fleche Tribune de la femme
Fleche D'une semaine à l'autre
Fleche A vue de monde
Fleche Cocktail flash
Fleche Sites à visiter
Fleche Nos archives

DIALOGUE

 Fleche Ajouter à vos favoris
 Fleche Nous contacter

SERVICES
Fleche E-mail gratuit
Fleche Infos mondiales (AFP)
Fleche Horoscope

PUBLICITES

Galerie de photos

 
 

LIENS UTILES

Fleche cenatrin
Fleche site officiel du Burkina
Fleche fespaco
Fleche siao
Fleche uemoa
Fleche ceni


RECHERCHE SUR INTERNET
 

PARTENAIRES

 


 
Hebdomadaire burkinabè paraissant le Lundi
Bienvenue sur le site de San Finna, votre hebdomadaire burkinabè en ligne!           

San Finna N°443 du 09 au 16 Décembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
  

Tribune de la femme

ENTRETIEN AVEC LES PARENTS DU PLUS CELEBRE PRISONNIER
NAON BABOU

Guel Aya, épouse du Sergent Chef Naon Babou et ses enfants : Eto, Honoré, Marcelline, Viviane et Cédric, n’en finissent pas d’essuyer leurs larmes depuis l’arrestation des militaires en octobre 2003. Ils n’ont rien compris en même temps qu’ils réfutent la thèse du coup d’Etat. Le 11 décembre, c’est pour ce mardi et pour une date aussi importante que celle qui concerne la libération de notre pays du joug colonial, la famille de celui-là à qui San Finna a décerné le titre d’homme de l’année en 2003, demande aussi qu’il soit libéré. Et le 11 décembre, avec le cas de Naon, doit nous rappeler qu’une nation ne peut se construire sans pardon.

En plus de son épouse et de sa fille, nous avons rencontré son neveu (Zakaria Nignan) et son cousin (Bertéo D. Nébié) qui ont bien voulu se prêter à nos questions.

Mme Babou NAON

1) Madame Naon, depuis l’incarcération de votre époux, comment se passe votre vie à la maison ?

Mme Naon : Guel Aya, c’est mon nom. Je suis avec Naon Babou depuis très longtemps. Nous sommes mariés et nous avons eu 5 enfants : 3 filles et 2 garçons.

2) Comment vivez-vous de nos jours l’arrestation de votre mari et dans quelle situation vous vivez, vous et vos enfants ?

Mme Naon : En vérité, rien ne va. Les enfants surtout ont besoin de leur père. Ils souffrent énormément de ce manque. Aussi, comme vous l’imaginez, ils doivent s’alimenter, s’habiller et aller à l’école. Moi, je ne travaille pas et n’ai pas les moyens de faire en sorte qu’ils disposent de tout cela. Nous en avons tous marre. Au début de l’incarcération de mon époux, nous avions des soutiens. De très bonnes volontés nous venaient an aide mais vu l’usure du temps, ils se sont lassés et nous sommes abandonnés à nous-mêmes.

3) Avez-vous un message particulier à l’endroit des autorités de ce pays relativement à ce qu’aujourd’hui, vous vivez ?

Mme Naon : Ce que je voudrais, c’est qu’il libère le chef de cette famille pour qu’il puisse s’occuper de ses enfants. C’est mon seul vrai vœu. Mes enfants sont fatigués, ils ne mangent pas assez. Il y a des gens qui ont parfois pitié de nous et nous viennent en aide mais sans cela, que vont faire mes enfants ? Ce n’est pas moi qui vais les encourager à voler pour manger. Je vis donc avec eux dans cette situation et j’espère de tous mes vœux le retrouver avec nos enfants, pour notre plus grand bonheur.

Eto NAON , fille de Babou NAON
24 ans, Etudiante en anglais à l’Université de Ouagadougou

 

1) Comment avez-vous pris l’arrestation de votre père en octobre 2003 ?

Eto Naon : Vous savez, nous avons tout remis dans les mains de Dieu. Tout ce qui est arrivé ce jour nous a véritablement marqués. Les conditions dans lesquelles il a été traité n’étaient pas des plus intéressantes. De notre côté, on a essuyé le pire. Partant, on était un objet d’attraction. Tout le monde nous regardait d’autant plus qu’on parlait de coup d’Etat. On ne pouvait pas non plus nous exprimer pendant que nous sommes persuadés qu’il n’en était rien.

2) En tant que première fille, comment supportez-vous l’absence du père à tous les niveaux

Eto Naon : Depuis son arrestation, il y a de cela près de 5 ans, nous vivons toutes les difficultés. Auparavant, les gens nous aidaient mais je me dis qu’ils sont fatigués aujourd’hui. On se débrouille. Notre maman ne travaille pas. On comptait donc sur notre papa pour qu’il nous aide à aller à l’école et vivre un peu mieux. Actuellement, tous les enfants ne sont pas à l’école parce que nous n’avons pas de moyens financiers pour les aider. Pour manger, il nous faut souvent l’aide de gens qui remarquent que ça ne va pas dans la famille. On ne fait que prier Dieu pour qu’il continue à nous aider. Notre cursus scolaire est menacé et c’en est autant pour notre vie.

4) Quel est votre plus grand vœu aujourd’hui ?

Eto Naon : On souhaite tout simplement que notre papa soit libéré parce qu’il n’a rien fait. Jusqu’à présent, tous ceux qui ont été incarcérés avec lui ont été libérés, sauf lui. Qu’est-ce qu’il a fait de mal pour n’y ait plus que lui en prison ?

Zakaria NIGNAN, neveu de Naon Babou

Il s’exprime sur les conditions de vie de Naon étant donné qu’il est une des personnes à aller rendre visite à Naon à la MACO chaque semaine.

Naon n’est pas au mieux de sa forme. Au plan moral, il est l’objet de toutes sortes de calomnies tendant à le vilipender et à lui nuire. Au plan physique, il a besoin de soins et c’est très difficile pour lui qu’on le laisse aller se soigner et voir normalement son docteur ou que le docteur vienne le voir à la MACO. Il n’arrive pas à avoir ses produits qu’il prend contre
ses sinusites et il a un scanner qu’il ne peut pas faire, tout ça depuis la fuite de Ouali. Ces derniers temps, il nous est interdit de lui remettre sa nourriture de main à main. Pourtant, au début de son incarcération, c’est ce qui était fait pour éviter les tentatives d’empoisonnement. L’éloignement d’avec sa famille est aussi dur. Même s’il résiste et qu’il ne veut rien montrer, on voit que ça le travaille

Bétéo D. NEBIE, cousin de Naon Babou

Il est beaucoup plus virulent que les autres. Il ne mâche pas ses mots : « Naon doit être libéré ». Il loue tout aussi bien son courage devant toutes les épreuves qu’il traverse.

Depuis octobre 2003, je rencontre l’homme et je vois en lui toujours et de manière décomplexée, le courage. Malgré toutes les injustices, tracasseries et pratiquement les recherches de la bête noire, Naon est resté toujours égal à lui-même Norbert Zongo, qui est mort dans les conditions que nous connaissons, est la cause réelle de la situation aujourd’hui de Naon. Parce que, bien qu’il soit un militaire, il n’a pas approuvé le fait qu’on ait tué quelqu’un de cette manière aussi sauvage et qu’il l’ait dénoncé auprès de qui de droit, à savoir le jeune frère du président.

Il faut chercher les causes de tous les problèmes de Naon à ce niveau précis et pas ailleurs. La preuve est là qu’en fait de putsch dans lequel nous avons vu le jugement qui n’a absolument rien prouvé et dans l’incarcération des 4 militaires, on a vu au fil du temps que finalement l’objectif que le pouvoir cherchait, il l’a atteint puisque tous ceux qui ont été condamnés et qui devraient être plus coupables que lui, ne serait-ce que du point de vue de leurs grades, ont été libérés.

Bayoulou a été libéré, il a été gracié. Bassolet, qui était à peu près au niveau de Naon, a été gracié, Ouali est parti.

Concernant Ouali, mon intime conviction à moi, c’est que Ouali a été aidé pour être là où il est aujourd’hui. Je peux me tromper mais c’est ce que je crois quand j’analyse. Dieu dira un jour si c’est vrai ou faux. Ca fait mal en tout cas de voir qu’il reste seul à la MACO alors qu’il avait eu plusieurs fois l’occasion de partir et qu’il n’est pas parti.

L’objectif, c’était Naon, et ils l’ont atteint. Aujourd’hui, les conditions dans lesquelles il vit, malgré toute sa bonne conduite, sont désastreuses. Je vous rappelle que c’est grâce à lui que la prison n’a pas été brûlée l’an dernier et tout le monde le reconnaît et la police en premier puisqu’elle a fait une enquête.

Maintenant, si on peut pas le remercier, au moins, qu’on ne lui en rajoute pas ! Malheureusement, c’est ce qui se passe. On a l’impression depuis quelque temps qu’on a décidé d’en finir. Pour preuve, il y a une autorité qui lui a dit exactement ces termes : « On va en finir avec toi ! ». Ce que je dis date au plus d’un mois.

Ce que je sollicite surtout, c’est qu’on applique la loi. Il a été condamné dans le cadre de la loi et il faut par conséquent qu’on le détienne strictement dans le cadre de la loi. Pas plus, pas moins ! On ne demande pas un traitement de faveur. Nous demandons tout simplement que la loi soit appliquée dans toute sa rigueur aussi bien par ceux qui l’appliquent que ceux à qui elle est appliquée.

San Finna : Est-ce que vous avez un appel particulier à lancer surtout à cette occasion du 11 décembre 2007 ?

Betéo D. Nébié : Je ne sais pas si je suis l’autorité indiquée mais je rappelle que la famille a publié une lettre ouverte dans la presse il n’y a pas longtemps. Je souhaiterais revenir sur les termes de cette lettre. La famille demande humblement au président de prendre ses responsabilités en tant que chef suprême de l’Etat et de la justice pour faire appliquer la loi dans toute sa rigueur à quelqu’un qui a été condamné dans le cadre de la loi.

Je demande au nom de la famille, à toutes les autorités de notre pays, d’appliquer de façon indifférente la loi, en sachant que chacun d’entre nous est redevable devant la loi. Aujourd’hui, c’est Naon, demain ça peut être quelqu’un d’autre. Nous ne demandons pas un traitement de faveur. Il devait être libéré depuis une année et il ne l’est pas encore. Je demande au Président du Faso, au nom de la famille, de bien vouloir prendre ses responsabilités et de faire appliquer la loi.

TN






Site réalisé par Come Tell The World