MESSAGE
DU DIRECTEUR REGIONAL DE L’OMS POUR L’AFRIQUE,
LE DR LUIS G. SAMBO,
A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LUTTE
CONTRE LE SIDA 2007
MESDAMES ET MESSIEURS,
Nous
commémorons ce jour la dix-neuvième
édition de la Journée mondiale de lutte
contre le Sida, depuis son lancement par l’Organisation
mondiale de la Santé en 1988. Le thème
retenu pour 2007 est «Leadership».
Au cours des cinq dernières années,
des progrès remarquables ont été
réalisés dans l’engagement des
dirigeants de la Région africaine, la mobilisation
des ressources financières et techniques, l’amélioration
de l’accès à l’information,
le dépistage du VIH et le conseil, la prévention
de la transmission de la mère à l’enfant,
et l’accès au traitement antirétroviral
qui permet de prolonger la vie des malades du SIDA.
Toutefois, nous savons qu’il nous reste encore
beaucoup à faire pour réussir à
inverser la tendance de l’épidémie.
En dépit des progrès accomplis dans
l’accélération de la prévention
de l’infection à VIH, les taux d’accès
aux services de dépistage du VIH et de conseil
et aux services de prévention de la transmission
de la mère à l’enfant demeurent
à un faible niveau inacceptable. Selon les
estimations, 12 % seulement des adultes connaissent
leur statut sérologique. En 2005, seules 11
% des femmes enceintes infectées par le VIH
bénéficiaient de la thérapie
antirétrovirale.
En dépit de l’amélioration considérable
de l’accès au traitement antirétroviral
dont la couverture a passé de 1 % en 2003 à
30 % en 2007, il importe de souligner qu’à
l’heure actuelle, 70 % des personnes qui en
ont besoin n’ont pas accès à ces
services. Les efforts visant à accélérer
l’accès a ces médicaments sont
entravés par des défis majeurs tels
que la faible observance du schéma de traitement
et l’apparition de la résistance aux
antirétroviraux. Bien qu’ils continuent
de baisser, les prix des antirétroviraux ne
sont pas encore à la portée de la plupart
des populations de notre Région.
En outre, pour tout patient ayant bénéficié
du traitement antirétroviral l’année
dernière, six nouvelles infections sont enregistrées
à l’échelle mondiale. La combinaison
de l’accélération de la prévention
de l’infection à VIH et de l’intensification
du traitement et des soins demeure donc la seule stratégie
réaliste et efficace d’endiguement de
la propagation de cette infection en Afrique subsaharienne.
Je voudrais m’adresser aux dirigeants de nos
sociétés aux divers niveaux:
Avons-nous tenu notre promesse d’accélérer
la prévention de l’infection à
VIH dans la Région africaine, promesse faite
il y a deux ans lors de la Cinquante-cinquième
Session du Comité régional de l’OMS
pour l’Afrique? Tout en félicitant les
États Membres pour avoir pris des mesures concrètes
en vue d’accélérer la prévention
de l’infection à VIH, nous devons reconnaître
que, dans la plupart des pays de la Région
africaine, les programmes de prévention de
l’infection à VIH demeurent fragmentés,
peu coordonnés et insuffisamment financés.
Nous constatons que bon nombre de programmes sont
mis en œuvre en l’absence d’orientations
stratégiques claires fondées sur la
connaissance judicieuse de l’épidémie
locale ou de ses facteurs sous-jacents.
Dans nos efforts pour parvenir à l’accès
universel aux services de prévention, de traitement,
de soins et de soutien, avons-nous administré
la preuve de notre volonté de nous attaquer
à cet énorme défi? Nos programmes
sont-ils stratégiques, fondés sur les
données d’expérience, d’un
bon rapport coût/efficacité et orientés
vers les résultats ?
Investissons-nous d’une manière appropriée
les ressources disponibles dans les domaines les plus
pertinents?
Mes collègues du secteur de la santé
:
La commémoration de la Journée mondiale
de lutte contre le Sida 2007 doit être pour
nous l’occasion de mener une réflexion
sur les voies et moyens d’exercer notre leadership
de manière à améliorer la programmation
de la lutte contre le VIH/SIDA pour en garantir un
meilleur impact. Nous connaissons les interventions
qui sont efficaces et celles qui le sont moins. Nous
devons coopérer avec tous les partenaires,
et notamment avec la société civile
et les communautés, pour intensifier et porter
à une très large échelle les
interventions jugées efficaces en vue de réaliser
l’objectif de l’accès universel.
Nous devons définir des cibles claires pour
la prévention, le traitement et les soins aussi
bien au niveau national qu’au niveau du district,
et nous devons également élaborer les
feuilles de route devant nous conduire à la
destination désirée. À cet égard,
je voudrais vous inviter à accorder une attention
particulière à la nécessité:
- d’élargir l’accès aux
services de dépistage du VIH et de conseil,
en tant que point d’entrée de la prévention,
du traitement et des soins ;
- de maximiser les opportunités de prévention
de l’infection à VIH par le renforcement
des conseils sur les rapports sexuels protégés
à tous les points de contact entre prestataires
de soins de santé et usagers;
- d’accroître l’accès aux
services de prévention de la transmission de
l’infection par le virus du SIDA de la mère
à l’enfant ;
- de veiller à une meilleure observance du
traitement antirétroviral, à l’élargissement
de l’accès au traitement du SIDA pédiatrique
et à la réduction à un niveau
minimal du risque d’apparition de résistance
au traitement;
- de concevoir et mettre en œuvre des stratégies
efficaces en faveur des groupes à haut risque,
avec la participation active des bénéficiaires;
- d’intensifier les efforts de prévention
et de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles;
- d’envisager la mise a l’échelle
des services de circoncision masculine pratiquée
en toute sécurité, en tant que partie
intégrante d’un ensemble complet de services
de prévention de l’infection à
VIH, en particulier dans les pays dans lesquels la
prévalence du VIH est élevée
et le taux de circoncision masculine faible, et en
tenant compte des réalités socioculturelles
locales;
- de mettre en place des systèmes de suivi
et d’évaluation qui fourniront en temps
voulu des informations stratégiques pour étayer
la prise de décisions sur les programmes.
Mesdames
et Messieurs,
La commémoration de la Journée mondiale
de lutte contre le SIDA m’offre une bonne occasion
de remercier sincèrement tous les partenaires
de développement qui appuient inlassablement
les programmes de lutte contre le VIH/SIDA dans la
Région africaine. Je remercie spécialement
les organisations sœurs du système des
Nations Unies pour leur participation active et leur
engagement à des partenariats plus stratégiques
et mieux orientés sur les résultats.
STOPPONS LE SIDA : Tenons notre promesse. En tant
que dirigeants, nous devons faire plus !
Je vous remercie.
MESSAGE
DU 02 DECEMBRE 2007
DES FEMMES EN NOIR SUR LA TOMBE DE NORBERT ZONGO
Norbert,
Ce
dimanche 2 décembre, nous sommes à J
moins 11 du 13 décembre, qui t’a arraché
toi et tes compagnons à notre affection, à
l’affection de ta famille, de tes amis, de tout
un peuple, et à J moins 14 du 16 décembre
qui a été le déclic de la lutte
contre l’impunité dans notre pays. Nous
sommes fidèles encore au rendez-vous dominical
pour te rappeler que nous restons mobilisées
pour continuer ton combat pour la justice sociale
mais aussi pour la vérité en ce qui
concerne le sort qui vous a été fait
le 13 décembre 1998.
Nous
ne sommes pas, nous autres Femmes en Noir, nées
pour rien parce que nous avons contribué et
nous contribuons, sans haine, sans esprit de vengeance,
à notre manière, à perpétuer
ta mémoire et à lutter pour une justice
réhabilitée.
Les
soutiens nous sont venus de toutes parts et nous donnent
l’espérance que le jour n’est plus
loin où la justice se fera.
A
cause de cette espérance qu’on a mis
en nous, grâce aux multiples témoignages
de sympathie, d’encouragement, nous nous employons
à obtenir que l’année 2008 soit
déclarée « Année Norbert
Zongo ». Nous avons déjà fait
les correspondances et pris les contacts en ce sens
et nous continuerons.
D’ailleurs,
le 16 prochain, jour de ton inhumation et de celle
de Ernest Zongo, Ablassé Nikièma et
Blaise Ilboudo, nous le redirons de façon solennelle.
Nous demanderons partout où cela sera possible,
des messes en ta mémoire suivies au besoin
de marches de piété. Nous irons nous
recueillir sur vos tombes, saluer la famille à
Koudougou et nous voulons chaque année, en
plus du 13, donner une empreinte particulière
au 16 décembre, jour de votre inhumation mais
aussi jour d’une communion nationale et internationale
sans précédent, provoquée par
la condamnation du sacrifice horrible dont vous avez
été les victimes.
Norbert,
le combat continue.
LES FEMMES EN NOIR QUI REFUSENT LA FATALITE