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AU
TOGO, LE PREMIER MINISTRE DOIT-IL ETRE ISSU
DU RPT OU DE L’UFC ?
L’opinion
au Burkina Faso s’intéresse incontestablement
au dossier togolais parce que le chef de l’Etat
pilote une médiation, parce que le Togo est
un pays voisin du Burkina Faso où les Burkinabé
aiment bien aller pour affaires comme pour se recréer
mais s’il y a un consensus par rapport à
l’intéressement pour ce pays, il n’en
va pas forcément de même au sujet de
la gouvernance qui s’y applique et spécialement
sur la question de savoir s’il faut ou non
dans le processus de relance des institutions, confier
le premier Ministère à l’UFC
de Gilchrist Olympio. Sur ce point précis,
on en trouve pour dire oui, estimant qu’il
n’y a pas meilleure solution pour parer la
voie à la consolidation de la réconciliation
nationale comme on en trouve pour soutenir que non,
estimant que sur ce point précis, il ne faut
pas aller trop vite en besogne, faire de l’amalgame
politique au risque d’exacerber les tensions
ethniques et de compromettre les retrouvailles nationales.
Deux sons de cloche.
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| CONFIER
LE PREMIER MINISTERE À L’ UFC, CE SERAIT
ALLER TROP VITE EN BESOGNE
On
peut au Togo considérer qu’on se trouve
dans une sorte de transition démocratique
et qu’il faut plutôt mettre l’accent
sur tout ce qui unit et qu’il serait donc
indiqué d’ouvrir le gouvernement à
l’opposition et à la société
civile et d’en confier la tête à
l’UFC. Ce serait mettre la charrue avant les
bœufs que de confier le premier Ministère,
à l’UFC On encouragerait la démocratie
ethnique au lieu de la démocratie majoritaire.
Tout aussi dangereux, on provoquerait de la part
du RPT, des ressentiments parce qu’il serait
privé de sa légitime victoire. D’ailleurs,
su la période est empreinte d’espérance,
elle est aussi marquée d’inquiétudes
que l’on ne se cache plus par rapport aux
divergences qui existeraient au sein du RPT et même
de la famille Eyadema avec cette opposition entre
les deux fils du défunt président
Gnassingbé, Faure et Kpatcha. On tient le
bon bout avec ces élections législatives
miraculeusement acceptées par toutes les
parties. Si l’on veut aller loin, il faut
savoir aller doucement, ne pas tenter le diable
en allant jusqu’à confier la Primature
à Gilchrist Olympio. Salif Bancé,
comptable, partage ce point de vue et va même
au-delà : «Si on dit que la majorité
gouverne et l’opposition s’oppose, il
faut accepter ça. Or souvent, les gens qui
perdent les élections n’acceptent pas
et veulent tout de suite entrer au gouvernement.
Ca mélange les choses. Pour moi, ce n’est
même pas urgent de faire un gouvernement d’ouverture
et ça va même être grave de confier
le premier Ministère à Gilchrist Olympio.
Il y aura tout de suite blocage. Il va vouloir tout
chambouler brusquement, jusque même dans l’armée,
et là il va provoquer des situations graves
». Ce point de vue est aussi celui du quotidien
L’Intelligent d’Abidjan qui estime que
l’élargissement à l’opposition
dénature le régime qui est présidentiel
et qu’il s’agit d’un « faux
débat » de la part de ceux «
qui ne veulent pas voir le Togo amorcer son
rajeunissement politique, et économique »
(23/11/07). Idem pour Issa Ilboudo, Gestionnaire
des hôpitaux qui pense qu’ «un
gouvernement d’ouverture ne s’impose
pas du moment que les élections ont été
démocratiques et équitables ».
Il estime que « Le Togo a plutôt
besoin de stabilité pour relancer son économie
et ramener le pays là où il se trouvait
en 1990 et le RPT a les hommes qu’il faut.
Confier le premier ministère à Gilchrist
serait une erreur car Faure est un homme de dialogue.
Chacun doit jouer à l’heure qu’il
est, sa partition ».
TOMI.
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CONFIER
LE PREMIER MINISTERE À L’ UFC SERAIT
LOGIQUE ET BENEFIQUE
Il faut remercier le bon Dieu que les élections
se soient passées pacifiquement au Togo et
que l’opposition radicale, représentée
par l’UFC, ne conteste pas les résultats.
C’est vraiment une occasion pour quitter les
zones de turbulence, réconcilier les Togolais
entre eux et en profiter pour construire de vraies
institutions démocratiques. Le pays a trop
souffert de la division, de l’intolérance,
des réfugiés en vadrouille ici et
là, des morts et de la régression
économique dans tout le pays. Pour maintenir
le cap, il faut non seulement encourager le président
Faure à faire ce qu’il a dit, ouvrir
le gouvernement à l’opposition, mais
à donner encore plus de gages de confiance,
de volonté de retrouvailles nationales en
continuant à confier le premier ministère
à l’opposition. Il l’a déjà
fait avec le président du CAR, Me Agboyibo,
et ça a marché ; il pourrait continuer
avec lui mais il gagnerait encore plus en confiant
le premier Ministère à l’UFC,
premier et puissant parti d’opposition. Il
ne faut pas oublier que ce parti, malgré
l’acharnement dont il a été
l’objet, même s’il n’a que
27 députés contre 50 au RPT, a quasiment
le même nombre de voix que le parti présidentiel.
Ce n’est qu’une compensation juste si
on lui attribue le premier Ministère, surtout
que le mode de scrutin et les déficiences
relevées au cours de la votation ont surtout
porté préjudice à l’UFC.
Et puis, on a beau dire, tenir compte du découpage
ethnique peut être nécessaire dans
les pays comme le Togo. En Afrique du Sud, au Rwanda,
au Burundi, on s’efforce de le faire parce
que là-bas, les tensions ethniques sont vivaces
mais même dans des pays où on le sent
moins comme au Burkina Faso, on ne néglige
pas de tenir compte de ce critère. Mr Tao
Abdoulaye, journaliste au quotidien Le Pays, pense
que « Ce serait un bonne chose pour le
Togo qui se remet un peu de sa crise. Ils ont réussi
ensemble à passer le cap des élections.
Le RPT est sorti victorieux et s’il accepte
de partager sa victoire avec l’UFC, c’est
un bon signe pour l’ensemble des Togolais.
Ils pourront construire un Togo nouveau sous le
signe de la paix retrouvée ».
Me Arouna Sawadogo ancien Bâtonnier, souhaite
que «L’opposition togolaise rentre
au gouvernement parce que la politique de la chaise
vide n’a jamais fait prospérer le développement
dans un pays ». Enfin, Ibrahima Wangraoua,
journaliste reporter à la Télévision
Canal 3, dira «L’UFC aux commandes
va permettre à tous les Togolais de s’impliquer
plus largement à la construction de leur
pays. Les Togolais doivent s’unir et ce pays
doit se retrouver et redevenir la Suisse de l’Afrique
de l’Ouest ».
TOZI.
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