Mise à jour le 25/11/2007
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San Finna N°441 du 26 Novembre au 02 Décembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

Deux sons de cloche

AU TOGO, LE PREMIER MINISTRE DOIT-IL ETRE ISSU
DU RPT OU DE L’UFC ?

L’opinion au Burkina Faso s’intéresse incontestablement au dossier togolais parce que le chef de l’Etat pilote une médiation, parce que le Togo est un pays voisin du Burkina Faso où les Burkinabé aiment bien aller pour affaires comme pour se recréer mais s’il y a un consensus par rapport à l’intéressement pour ce pays, il n’en va pas forcément de même au sujet de la gouvernance qui s’y applique et spécialement sur la question de savoir s’il faut ou non dans le processus de relance des institutions, confier le premier Ministère à l’UFC de Gilchrist Olympio. Sur ce point précis, on en trouve pour dire oui, estimant qu’il n’y a pas meilleure solution pour parer la voie à la consolidation de la réconciliation nationale comme on en trouve pour soutenir que non, estimant que sur ce point précis, il ne faut pas aller trop vite en besogne, faire de l’amalgame politique au risque d’exacerber les tensions ethniques et de compromettre les retrouvailles nationales. Deux sons de cloche.

CONFIER LE PREMIER MINISTERE À L’ UFC, CE SERAIT ALLER TROP VITE EN BESOGNE

On peut au Togo considérer qu’on se trouve dans une sorte de transition démocratique et qu’il faut plutôt mettre l’accent sur tout ce qui unit et qu’il serait donc indiqué d’ouvrir le gouvernement à l’opposition et à la société civile et d’en confier la tête à l’UFC. Ce serait mettre la charrue avant les bœufs que de confier le premier Ministère, à l’UFC On encouragerait la démocratie ethnique au lieu de la démocratie majoritaire. Tout aussi dangereux, on provoquerait de la part du RPT, des ressentiments parce qu’il serait privé de sa légitime victoire. D’ailleurs, su la période est empreinte d’espérance, elle est aussi marquée d’inquiétudes que l’on ne se cache plus par rapport aux divergences qui existeraient au sein du RPT et même de la famille Eyadema avec cette opposition entre les deux fils du défunt président Gnassingbé, Faure et Kpatcha. On tient le bon bout avec ces élections législatives miraculeusement acceptées par toutes les parties. Si l’on veut aller loin, il faut savoir aller doucement, ne pas tenter le diable en allant jusqu’à confier la Primature à Gilchrist Olympio. Salif Bancé, comptable, partage ce point de vue et va même au-delà : «Si on dit que la majorité gouverne et l’opposition s’oppose, il faut accepter ça. Or souvent, les gens qui perdent les élections n’acceptent pas et veulent tout de suite entrer au gouvernement. Ca mélange les choses. Pour moi, ce n’est même pas urgent de faire un gouvernement d’ouverture et ça va même être grave de confier le premier Ministère à Gilchrist Olympio. Il y aura tout de suite blocage. Il va vouloir tout chambouler brusquement, jusque même dans l’armée, et là il va provoquer des situations graves ». Ce point de vue est aussi celui du quotidien L’Intelligent d’Abidjan qui estime que l’élargissement à l’opposition dénature le régime qui est présidentiel et qu’il s’agit d’un « faux débat » de la part de ceux « qui ne veulent pas voir le Togo amorcer son rajeunissement politique, et économique » (23/11/07). Idem pour Issa Ilboudo, Gestionnaire des hôpitaux qui pense qu’ «un gouvernement d’ouverture ne s’impose pas du moment que les élections ont été démocratiques et équitables ». Il estime que « Le Togo a plutôt besoin de stabilité pour relancer son économie et ramener le pays là où il se trouvait en 1990 et le RPT a les hommes qu’il faut. Confier le premier ministère à Gilchrist serait une erreur car Faure est un homme de dialogue. Chacun doit jouer à l’heure qu’il est, sa partition ».




TOMI.

CONFIER LE PREMIER MINISTERE À L’ UFC SERAIT LOGIQUE ET BENEFIQUE


Il faut remercier le bon Dieu que les élections se soient passées pacifiquement au Togo et que l’opposition radicale, représentée par l’UFC, ne conteste pas les résultats. C’est vraiment une occasion pour quitter les zones de turbulence, réconcilier les Togolais entre eux et en profiter pour construire de vraies institutions démocratiques. Le pays a trop souffert de la division, de l’intolérance, des réfugiés en vadrouille ici et là, des morts et de la régression économique dans tout le pays. Pour maintenir le cap, il faut non seulement encourager le président Faure à faire ce qu’il a dit, ouvrir le gouvernement à l’opposition, mais à donner encore plus de gages de confiance, de volonté de retrouvailles nationales en continuant à confier le premier ministère à l’opposition. Il l’a déjà fait avec le président du CAR, Me Agboyibo, et ça a marché ; il pourrait continuer avec lui mais il gagnerait encore plus en confiant le premier Ministère à l’UFC, premier et puissant parti d’opposition. Il ne faut pas oublier que ce parti, malgré l’acharnement dont il a été l’objet, même s’il n’a que 27 députés contre 50 au RPT, a quasiment le même nombre de voix que le parti présidentiel. Ce n’est qu’une compensation juste si on lui attribue le premier Ministère, surtout que le mode de scrutin et les déficiences relevées au cours de la votation ont surtout porté préjudice à l’UFC. Et puis, on a beau dire, tenir compte du découpage ethnique peut être nécessaire dans les pays comme le Togo. En Afrique du Sud, au Rwanda, au Burundi, on s’efforce de le faire parce que là-bas, les tensions ethniques sont vivaces mais même dans des pays où on le sent moins comme au Burkina Faso, on ne néglige pas de tenir compte de ce critère. Mr Tao Abdoulaye, journaliste au quotidien Le Pays, pense que « Ce serait un bonne chose pour le Togo qui se remet un peu de sa crise. Ils ont réussi ensemble à passer le cap des élections. Le RPT est sorti victorieux et s’il accepte de partager sa victoire avec l’UFC, c’est un bon signe pour l’ensemble des Togolais. Ils pourront construire un Togo nouveau sous le signe de la paix retrouvée ». Me Arouna Sawadogo ancien Bâtonnier, souhaite que «L’opposition togolaise rentre au gouvernement parce que la politique de la chaise vide n’a jamais fait prospérer le développement dans un pays ». Enfin, Ibrahima Wangraoua, journaliste reporter à la Télévision Canal 3, dira «L’UFC aux commandes va permettre à tous les Togolais de s’impliquer plus largement à la construction de leur pays. Les Togolais doivent s’unir et ce pays doit se retrouver et redevenir la Suisse de l’Afrique de l’Ouest ».


TOZI.

Citation de la semaine

«Nous ne demandons pas que l’Occident nous soutienne, nous demandons que les gouvernements occidentaux cessent de soutenir Poutine et critiquent publiquement - et pas entre la poire et le fromage - le régime pour ses violations de la démocratie et des droits de l’Homme»

Garry Kasparov
(Chef de file de l’Opposition russe)






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