San
Finna N°440 du
19 au 25 Novembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
POINT
DE VUE
BOLLORE SOUPÇONNE DE PRESENTATION DE FAUX BILAN
COMMENT BOLLORE GRUGE SES ACTIONNAIRES
ACTIONNAIRES LESES : BOLLORE SOMME DE S’EXPLIQUER
Bolloré
soupçonné de présentation de faux
bilan : c’est le nouveau scandale qui pourrait bien
prochainement s’abattre sur le groupe français.
Une instruction a été ouverte en France,
qui pourrait confirmer l’existence d’un vaste
système mafieux piloté depuis le siège
de Bolloré.
Cette affaire s’annonce d’autant
plus retentissante qu’elle fait écho à
deux autres dossiers en cours en Afrique, au Gabon et
au Cameroun, où Bolloré est battu en brèche
et ses méthodes frauduleuses dénoncées.
Manipulation
occulte et présentation de faux bilan
Un
arrêt de la Chambre d’Instruction de la Cour
d’Appel de Paris, en date du 2 novembre 2007, permet
aujourd’hui de démarrer l’instruction
d’une plainte déposée le 6 janvier
2006 pour présentation de faux bilan.
C’est
en 2005 que le dénommé Gérard Perrier,
alors Directeur juridique de Progosa Investment, découvre
le pot aux roses : un courrier émanant de Bolloré
lui révèle que Progosa Investment est en
réalité secrètement contrôlé
par le groupe français.
En
effet, par une convention de portage occulte, celui-ci
a substitué à la société britannique
Port Handling Investment, qui contrôlait initialement
la société, une autre société,
cette fois luxembourgeoise : Pargefi Helios Iberica. Les
deux sociétés apparaissant sous le même
sigle, PHI, cette manipulation est restée ignorée
de tous.
Et
pourtant ! Elle n’est pas sans conséquences.
Elle signifie en effet que Bolloré, groupe côté
en bourse, dissimule à ses actionnaires un risque
financier, celui que représente l’investissement
africain engagé par Progosa Investment : une infraction
caractérisée au regard de la vérité
des bilans.
Bolloré
ne rend pas compte dans son rapport annuel de l’activité
et des résultas de l’ensemble de ses activités
: une infraction pénale !
Bolloré
traîné en justice
Frappé
par l’énormité de faits et résolu
à ne pas se rendre complice de ces frauduleux agissements,
Gérard Perrier entreprend d’enquêter
: il envoie courrier sur courrier, interroge l’ensemble
des dirigeants du groupe Bolloré, dont Monsieur
Vincent Bolloré lui-même, pour savoir ce
que recouvre cette manipulation occulte.
Aucune
réponse ne lui est donnée, un silence suspect
est opposé à ses interrogations.
Conforté dans ses soupçons, Perrier se résout
à déposer plainte avec constitution de partie
civile auprès du doyen des Juges d’Instruction,
qui examine la plainte et la déclare recevable.
Des
pressions semblent retarder le lancement de l’instruction
mais la persévérance du plaignant semble
aujourd’hui porter ses fruits puisque vient d’être
rendu l’arrêt qui permet enfin de lancer l’instruction
de la plainte.
Une
affaire qui n’est pas sans en rappeler une autre,
plus ancienne, et non moins scandaleuse : l’affaire
Coparis, dans laquelle Bolloré avait déjà
été inquiété pour ses manœuvres
dolosives envers ses actionnaires et mis en accusation
pour « tromperie certaine » et « mensonge
caractérisé ».
A
l’époque, il était parvenu à
étouffer le scandale. Gageons que cette fois, devant
l’ampleur de l’escroquerie, il lui sera plus
difficile de s’en tirer à si bon compte,
et espérons qu’il sera rattrapé par
ses actes.
Bolloré
: la fin de l’impunité
L’affaire
s’annonce d’autant plus dommageable pour Bolloré
qu’elle survient dans un contexte pour le moins
troublé pour Bolloré, qui essuie de multiples
revers sur le front africain.
Après
son échec dans la privatisation du terminal portuaire
de Dakar, où une société de Dubaï
lui a damé le pion, Bolloré est actuellement
dans de sales draps au Gabon.
Dans l’affaire qui l’oppose à Jacques
Dupuydauby, patron du groupe espgnol Progosa, le juge
a décidé de suspendre l’exécution
provisoire de toutes les décisions favorables à
Bolloré.
Soupçonné de corruption de magistrats, le
groupe français pourrait bien avoir définitivement
perdu la concession de gestion des ports d’Owendo
et de Port-Gentil.
Quant
au Cameroun, les responsables locaux du groupe Bolloré
et divers autres collaborateurs du groupe, parmi lesquels
Vincent Bolloré, sont convoqués en qualité
de témoins dans l’enquête sur les conditions
dans lesquelles la concession du Port autonome de Douala
a été attribuée au groupement Bolloré/Maersk.
Pour
mémoire, la Banque mondiale s’était
montrée réticente à la signature
de cette convention, l’institution monétaire
estimant alors qu’elle allait « à l’encontre
des intérêts économiques du Cameroun
» autant qu’à l’objectif de compétitivité
des chargeurs et opérateurs nationaux.
L’année
2008 pourrait-elle être fatale à Bolloré
?
De
notre confrère du Togo, Tingo Tingo
(la titraille est de Tingo Tingo)