MME
MONICA BLANC GOMEZ ET MARIAMA CAMARA :
UNE SEULE PASSION, LE CINEMA
Ce
samedi soir 17 novembre 2007, devant la piscine
de Azalaï Hôtel Indépendance,
nous avons rencontré deux dames qui s’investissement
dans le cinéma et dans ce qu’on appellerait
la libération de la femme. Elles, ce sont
Mme Monica Blanc Gomez et Mariama Camara, respectivement
cinéaste et initiatrice du Festival des
toiles animées et future promotrice d’un
Festival de cinéma en Guinée. Lisons-les.
San
Finna : Pouvez-vous vous présenter à
nos lecteurs et dire pourquoi vous êtes
installées au Burkina Faso ?
| Monica
Blanc Gomez (MBG) : |
Je
m’appelle Monica Blanc Gomez ; je
suis franco-burkinabé. C’est
donc la raison pour laquelle je vis au Burkina.
C’est mon deuxième pays. Je
suis donc chez moi ? J’ai une maison
de production. Je suis moi-même réalisatrice
de documentaires entre autres et je travaille
beaucoup à l’heure actuelle,
autour du cinéma d’animation.
Le cinéma d’animation est un |
|
domaine
que j’ai découvert récemment.
Puisque je fais de la fiction, je me suis
rendue compte qu’en Afrique sub-saharienne,
les cinéastes d’animation existaient,
qu’il y avait même un potentiel
de talents mais que les gens étaient
complètement méconnus et que
leurs films, quand ils en avaient réalisé
un, n’étaient pratiquement
pas diffusés. Je me suis donc penchée
sur le problème et on m’a aidée
en Europe en me demandant d’organiser
des programmes de films d’animation
sub-sahariens parce que les gens ont réalisé
que ça existait. Depuis quelques
années, je voyage à travers
le monde. Je vais bientôt à
Conakry pour un festival initié par
Mariama Camara. |
San
Finna : vous vivez au Burkina. Comment appréciez-vous
les conditions de vie des femmes et en tant que
femme, comment évolue votre métier
?
M.B.G : Ce n’est pas toujours facile
parce que, comme dans beaucoup de pays, il faut
se battre dans un milieu où il y a beaucoup
d’hommes mais j’ai ici des frères,
et l’an dernier, j’ai produit un film
qui a été sélectionné
en compétition court-métrage cinéma
pour représenter le Burkina au Fespaco.
C’était donc mon premier film que
je proposais en sélection officielle au
Fespaco.
Je pense qu’en tant que femme, j’ai
été entendue. Le réalisateur
est un homme mais la preuve, c’est que notre
amie Camara qui est guinéenne est aussi
une cinéaste. Elle se bat pour une première
édition d’un festival à Conakry.
Elle aussi va réussir à créer
et à se faire entendre dans la société
où elle vit, et partout ailleurs.
C'est-à-dire donc que la condition de la
femme en Afrique en général, évolue
de plus en plus et je dirai même que la
femme africaine va porter l’Afrique, va
faire que le continent se développe de
plus en plus.
San
Finna : Une vue de l’esprit ?
MBG : Pas du tout. Je vis ici depuis
de longues années et je constate dans le
quartier populaire où je suis (Wemtenga)
que les femmes autour de moi se battent pour que
leurs enfants aillent à l’école,
évoluent. Parce qu’ici, les hommes
gagnent leurs vies pour payer le loyer, la nourriture
mais la femme, elle, se bat de toutes les manières
possibles pour que les enfants aillent à
l’école, et dans de bonnes écoles
parce qu’elles savent que l’avenir
de leurs enfants est en jeu.
J’ai rencontré des femmes de tous
les milieux et je peux vous dire que ce qu’elles
font, j’admire.
San
Finna : Vous avez un mot à l’endroit
de toutes les femmes qui se battent quotidiennement
pour de meilleures conditions de vie. Dans ce
sens, faites-vous quelque chose pour les aider
?
MBG : En dehors d’être cinéaste,
j’ai une action que je qualifierai d’humanitaire,
de sociale. Pour aider ces femmes à ce
que leurs enfants ne se contentent pas d’aller
dans des écoles publiques mais dans des
écoles privées. J’ai à
l’heure actuelle, à ma charge, une
douzaine de jeunes gens scolarisés. J’exhorte
donc les femmes à travers vos colonnes,
à continuer à se battre. Le chemin
est long mais on parvient toujours à se
réaliser. On avance parfois lentement,
desfois vite, mais sûrement.
San
Finna : Mme Mariama Camara, pouvez-vous vous présenter
à notre lectorat ?
| Mme
Mariama Camra (MC) : |
| |
Je
suis cinéaste et je viens de Guinée
Conakry. Je suis en train d’organiser
un festival de cinéma qui s’appelle
« Rencontre cinéma-topographique
de Conakry » (RCIC ). |
San
Finna : Au Burkina, on ne connaît pas trop
le cinéma guinéen. Quelle en est
la raison selon vous ?
MC : Vous devriez pourtant le connaître
car au dernier Fespaco, il y a eu un long métrage
guinéen qui a eu un prix du public. Le
film s’intitulait « Il va pleuvoir
sur Conakry ».
San
Finna : En tant que femme, quelles difficultés
rencontrez-vous dans l’exercice du métier
de cinéaste ?
MC : C’est jamais facile, même
pour un homme. Tenez : pour l’organisation
de mon festival, je rencontre beaucoup d’embûches
mais je crois en ce que je fais et je m’y
met très sérieusement et je crois
que ce festival s’ouvrira, s’il plaît
à Dieu, le 28 de ce mois pour s’achever
le 03 décembre. Pour toute chose, il faut
se battre. Rien ne s’obtient sans énergie.
San
Finna : C’est donc dans le cadre de l’organisation
de votre festival que vous êtes au Burkina
?
MC : Je suis venue au Burkina dans ce
cadre certes mais c’était aussi pour
le Festival des toiles animées de Ouaga
et pour une formation que j’ai reçue
pendant deux semaines à « Imagine
» chez Gaston Kaboré. Je terminerai
en disant que ma rencontre cinématographique
est vraiment faite pour les jeunes créateurs.
Je veux par ce biais, promouvoir des jeunes, qu’ils
aient un espace de diffusion vu que tout le monde
ne peut pas aller au Fespaco, par exemple.
Bala
Sibiri