Mise à jour le 18/11/2007
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San Finna N°440 du 19 au 25 Novembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

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MME MONICA BLANC GOMEZ ET MARIAMA CAMARA :
UNE SEULE PASSION, LE CINEMA

Ce samedi soir 17 novembre 2007, devant la piscine de Azalaï Hôtel Indépendance, nous avons rencontré deux dames qui s’investissement dans le cinéma et dans ce qu’on appellerait la libération de la femme. Elles, ce sont Mme Monica Blanc Gomez et Mariama Camara, respectivement cinéaste et initiatrice du Festival des toiles animées et future promotrice d’un Festival de cinéma en Guinée. Lisons-les.

San Finna : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs et dire pourquoi vous êtes installées au Burkina Faso ?

Monica Blanc Gomez (MBG) :
Je m’appelle Monica Blanc Gomez ; je suis franco-burkinabé. C’est donc la raison pour laquelle je vis au Burkina. C’est mon deuxième pays. Je suis donc chez moi ? J’ai une maison de production. Je suis moi-même réalisatrice de documentaires entre autres et je travaille beaucoup à l’heure actuelle, autour du cinéma d’animation. Le cinéma d’animation est un
domaine que j’ai découvert récemment. Puisque je fais de la fiction, je me suis rendue compte qu’en Afrique sub-saharienne, les cinéastes d’animation existaient, qu’il y avait même un potentiel de talents mais que les gens étaient complètement méconnus et que leurs films, quand ils en avaient réalisé un, n’étaient pratiquement pas diffusés. Je me suis donc penchée sur le problème et on m’a aidée en Europe en me demandant d’organiser des programmes de films d’animation sub-sahariens parce que les gens ont réalisé que ça existait. Depuis quelques années, je voyage à travers le monde. Je vais bientôt à Conakry pour un festival initié par Mariama Camara.

San Finna : vous vivez au Burkina. Comment appréciez-vous les conditions de vie des femmes et en tant que femme, comment évolue votre métier ?

M.B.G :
Ce n’est pas toujours facile parce que, comme dans beaucoup de pays, il faut se battre dans un milieu où il y a beaucoup d’hommes mais j’ai ici des frères, et l’an dernier, j’ai produit un film qui a été sélectionné en compétition court-métrage cinéma pour représenter le Burkina au Fespaco. C’était donc mon premier film que je proposais en sélection officielle au Fespaco.

Je pense qu’en tant que femme, j’ai été entendue. Le réalisateur est un homme mais la preuve, c’est que notre amie Camara qui est guinéenne est aussi une cinéaste. Elle se bat pour une première édition d’un festival à Conakry. Elle aussi va réussir à créer et à se faire entendre dans la société où elle vit, et partout ailleurs.

C'est-à-dire donc que la condition de la femme en Afrique en général, évolue de plus en plus et je dirai même que la femme africaine va porter l’Afrique, va faire que le continent se développe de plus en plus.

San Finna : Une vue de l’esprit ?

MBG :
Pas du tout. Je vis ici depuis de longues années et je constate dans le quartier populaire où je suis (Wemtenga) que les femmes autour de moi se battent pour que leurs enfants aillent à l’école, évoluent. Parce qu’ici, les hommes gagnent leurs vies pour payer le loyer, la nourriture mais la femme, elle, se bat de toutes les manières possibles pour que les enfants aillent à l’école, et dans de bonnes écoles parce qu’elles savent que l’avenir de leurs enfants est en jeu.

J’ai rencontré des femmes de tous les milieux et je peux vous dire que ce qu’elles font, j’admire.

San Finna : Vous avez un mot à l’endroit de toutes les femmes qui se battent quotidiennement pour de meilleures conditions de vie. Dans ce sens, faites-vous quelque chose pour les aider ?

MBG :
En dehors d’être cinéaste, j’ai une action que je qualifierai d’humanitaire, de sociale. Pour aider ces femmes à ce que leurs enfants ne se contentent pas d’aller dans des écoles publiques mais dans des écoles privées. J’ai à l’heure actuelle, à ma charge, une douzaine de jeunes gens scolarisés. J’exhorte donc les femmes à travers vos colonnes, à continuer à se battre. Le chemin est long mais on parvient toujours à se réaliser. On avance parfois lentement, desfois vite, mais sûrement.

San Finna : Mme Mariama Camara, pouvez-vous vous présenter à notre lectorat ?

Mme Mariama Camra (MC) :
Je suis cinéaste et je viens de Guinée Conakry. Je suis en train d’organiser un festival de cinéma qui s’appelle « Rencontre cinéma-topographique de Conakry » (RCIC ).

San Finna : Au Burkina, on ne connaît pas trop le cinéma guinéen. Quelle en est la raison selon vous ?

MC :
Vous devriez pourtant le connaître car au dernier Fespaco, il y a eu un long métrage guinéen qui a eu un prix du public. Le film s’intitulait « Il va pleuvoir sur Conakry ».

San Finna : En tant que femme, quelles difficultés rencontrez-vous dans l’exercice du métier de cinéaste ?

MC :
C’est jamais facile, même pour un homme. Tenez : pour l’organisation de mon festival, je rencontre beaucoup d’embûches mais je crois en ce que je fais et je m’y met très sérieusement et je crois que ce festival s’ouvrira, s’il plaît à Dieu, le 28 de ce mois pour s’achever le 03 décembre. Pour toute chose, il faut se battre. Rien ne s’obtient sans énergie.

San Finna : C’est donc dans le cadre de l’organisation de votre festival que vous êtes au Burkina ?

MC :
Je suis venue au Burkina dans ce cadre certes mais c’était aussi pour le Festival des toiles animées de Ouaga et pour une formation que j’ai reçue pendant deux semaines à « Imagine » chez Gaston Kaboré. Je terminerai en disant que ma rencontre cinématographique est vraiment faite pour les jeunes créateurs. Je veux par ce biais, promouvoir des jeunes, qu’ils aient un espace de diffusion vu que tout le monde ne peut pas aller au Fespaco, par exemple.

Bala Sibiri






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