San
Finna N°440 du
19 au 25 Novembre 2007 "Il
n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais
il n'est de Liberté sans capacité de refus"
MEGAMONDE
DANS L’ŒIL DU CYCLONE ?
C’EST A VOIR !
Le
cas Mégamonde qui défraie
actuellement la chronique, sera-t-il
le dossier du siècle au Burkina
Faso, une sorte de Watergate ? Il
y en a qui le pensent sans toutefois
pouvoir mettre leur main au feu.
Mais qu’est-ce qui donne autant
de résonance à cette
affaire ? Il
y
a essentiellement deuxjustifications.
La première à trait
à l’opinion qui, pour
dire vrai, est plutôt remontée
contre Mégamonde et la seconde
à son assignation par Jincheng
(JC) pour contrefaçon notamment.
MAUVAISE
PRESSE
Il
y a d’abord que depuis quelques
années, à tort ou à
raison, des opérateurs économiques,
des clients et même des Burkinabé
lambda, accusent certains entrepreneurs,
hommes d’affaires, investisseurs,
notamment syro-libanais, d’être
de collusion avec des pontes du régime
pour se livrer à des opérations
économiques pas toujours conformes
à leur statut et pour tout dire,
pas très catholiques.
Mégamonde qui a connu une ascension
fulgurante, au fil des ans, au plan économique,
social…, est apparue comme une de
ces entités économiques,
étant dans le collimateur de l’opinion.
A son sujet, courent les rumeurs les plus
folles. On l’accuse, grâce
aux appuis dont elle bénéficieraient
auprès de femmes et d’hommes
du pouvoir, de se livrer (l’impunité
étant garantie) à des trafics
les plus divers et de faire prospérer
ses affaires en fraude de la liberté
d’entreprise garantie par la loi
fondamentale, spécialement grâce
aux délits d’initiés
dont elle jouirait par la force de ses
relations haut placées.
Cette espèce de position privilégiée
ultra protégée aurait indirectement
déteint dans ses relations avec
le monde militaire où, sans qu’on
ne sache pourquoi et comment, beaucoup
de militaires auraient été
orientés vers cette société
dans l’ignorance de l’Intendance,
dit-on, pour des emprunts aux fins d’achat
de motos.
Voilà la première prévention
qui pèse sur Mégamonde et
qui fait dire à beaucoup que, si
jamais elle tombait, elle pourrait entraîner
dans sa chute bien de personnalités
du sérail.
DEMELES
JUDICIAIRES
Ensuite,
vient cette affaire d’assignation
dont elle a été l’objet
de la part de Jincheng Chine et
qui incline à penser que
Mégamonde pourrait être
dans de sales draps et gêner
nombre de ses nombreux soutiens
ou associés occultes supposés.
L’objet du litige est lourd à
tous points de vue. En effet, ce pourquoi
Mégamonde est attrait, c’est
pour contrefaçon par reproduction
à l’identique, par exploitation
illicite, c’est pour concurrence
déloyale. Jincheng semble avoir
des arguments en béton puisqu’il
apporte en appui à sa demande,
des éléments qui semblent
difficiles à contester. L’accord
de partenariat liant les parties en litige
et en vertu duquel Mégamonde pouvait
commercialiser les produits de la marque
Jincheng et le logo a été
rompu en décembre 2004. Nonobstant
ce fait, et c’est là le problème,
Mégamonde aurait continué
et continuerait à commercialiser
sur le marché, les motos Jincheng
et des certificats de mise à consommation
ainsi que des certificats de vente et
de conformité (versés au
dossier, dit-on) en attesteraient.
Cette entorse à la loi, suffisamment
sérieuse si elle était avérée,
serait aggravée par des accusations
portées contre Mégamonde
de commercialisation sur le marché
burkinabé d’engins estampillés
JC mais qui seraient en réalité,
des produits de contrebande.
Bien plus grave, ainsi que le démontrerait
un procès-verbal également
produit par JC : Mégamonde aurait
déposé à l’Organisation
africaine de la propriété
industrielle (OAPI) une demande d’enregistrement
de la marque Jincheng et du logo comme
étant sa propriété.
Du côté de Mégamonde
cependant, on soutiendrait qu’il
n’y a pas le feu, et des médias
ont même relevé que la société
a certainement beaucoup d’atouts
en sa possession pour se défendre.
Malheureusement, nous n’en saurons
rien à ce stade, puisqu’
arrivé dans cette société
pour en savoir plus, nous n’avons
pu contacter le Directeur commercial qui
avait voyagé, et qui était
pourtant le seul habilité à
parler de cette affaire.
En tout cas, si Mégamonde devait
dans cette affaire, être en manque
d’arguments solides, elle pourrait
plonger car il lui serait difficile, malgré
la puissance des moyens et des soutiens
qu’on lui attribue, de se garantir
la servilité de la justice, bref
d’amener à dire le droit
en sa faveur. En effet, l’opinion
étant déjà alertée
par les médias, les professionnels
du droit… , cela pourrait dériver
sur des contestations dérangeantes
pour le pouvoir, et Dieu seul sait qu’il
n’a pas besoin d’un surplus
de dossiers pendants en cette fin d’année
de tous les tumultes. La justice étant
saisie, laissons dire le droit. Chacun
aura tout le loisir d’approuver
ou de quereller la décision à
venir !
TN
MESSAGE
REÇU PAR INTERNET
Suite
à notre éditorial de la semaine
passée sur l’Arche de Zoé,
voici le mail que nous avons reçu
d’un Internaute. Nous le remercions
pour cette marque d’attention.
Cher(e)s
ami(e)s,
Je viens de lire avec un très grand
intérêt votre éditorial
sur l'affaire de l'arche de Zoé (quand
je pense qu'une de mes petites-filles se
prénomme Zoé). Je l'ai tout
particulièrement apprécié
... Votre remarque sur les " peuples
qui sont des couillons consentants"
m'a vraiment interpellé. Serais-je
moi même un couillon consentant sans
le savoir ? Peut-être après
tout. Mais sachez que la maturité
de votre éditorial m'a vraiment réjoui.
Il est bon de lire une presse de cette qualité
dans une affaire vraiment fort obscure.
Quant à moi, mon opinion est faite
depuis longtemps. Il est peut-être
sain d'aller sortir des enfants d'un endroit
de mort (Dieu sait qu'il y en a trop sur
cette terre), mais il était très
malsain de vouloir les emporter loin en
Europe. Cette attitude d' "interventionite
aigue" me rappelle trop une attitude
réellement colonialiste.