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San Finna N°440 du 19 au 25 Novembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

A vue de monde

TEST ADN
LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL FRANÇAIS MET FIN AUX POLEMIQUES

En validant l’amendement très controversé sur les tests ADN qui figurait dans la loi sur la maîtrise de l’immigration, le Conseil constitutionnel réaffirme son impartialité, malgré la présence de nombreuses personnalités politiques.


Logo PS
Saisi par le PS, le Conseil constitutionnel a validé jeudi dernier le très controversé projet de loi sur la maîtrise de l’immigration et son article 13 sur les tests ADN, autorisant le recours à la génétique pour
authentifier la filiation des prétendants au regroupement familial. L’article 63 prévoyant l’utilisation de statistiques ethniques a en revanche été retoqué.


La décision devrait clore la polémique sur l’amendement ADN (évoqué dans une précédente édition) mais pas complètement taire les spéculations qui ont précédé la décision, sur l’impartialité d’un Conseil constitutionnel occupé désormais par plusieurs personnalités politiques, pas toujours favorables à la ligne Sarkozy.

Pour la première fois jeudi dernier, Jacques Chirac a siégé au Conseil constitutionnel, dans un fauteuil qui lui revient de droit en tant qu’ancien président de la République. A ses côtés, des anti-sarkozystes notoires tels que l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing, l’ancien ministre de l’Intérieur de François Mitterrand (Président de la République de 1981 à 1995), Pierre Joxe et l’ancien président de l’Assemblée nationale nommé président du Conseil constitutionnel par Jacques Chirac, Jean-Louis Debré.

Les sept autres membres nommés par les présidents de la République, du Sénat et de l’Assemblée nationale ont un profil plus administratif et juridique, mais pas complètement exempt de connections politiques. A l’image de Pierre Steinmetz, nommé par Jacques Chirac en 2004 et ancien directeur de cabinet du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Nommé aussi par Jacques Chirac, le conseiller d’Etat Olivier Dutheillet de Lamothe, ex secrétaire général adjoint à la présidence de la République, sous Dominique de Villepin, entre 1997 et 2000. Quant à Jean-Louis Debré, ex président de l’Assemblée nationale, on lui doit la présence de Jean-Louis Pezant, ex secrétaire général de l’Assemblée nationale.

Le statut des 11 membres du Conseil constitutionnel (neuf sages et deux anciens présidents de la République membres de droit) est censé les affranchir de toute dépendance à l’égard du pouvoir. Leur décision doit être rendue à la majorité, en vertu du droit et du droit seul.

Mais peu avant l’étude de la loi sur la maîtrise de l’immigration, un familier des lieux cité par le journal le Monde confiait : « Si l’intégrité de l’ensemble des membres ne peut être mise en doute, on peut quand même s’interroger sur l’influence qu’auront les politiques et notamment les deux membres de droit, sur leurs collègues ».

Jean Louis Debré a rappelé qu’au conseil, « on a un devoir d’ingratitude ». Il n’a pas convaincu tout le monde. La commission Balladur chargée de réfléchir à la réforme des institutions a proposé à Nicolas Sarkozy de tirer les conséquences de la « juridictionnalisation des missions du conseil constitutionnel en prévoyant pour l’avenir que les futurs anciens présidents de la République n’en seront pas membres de droit ».

Matthieu Herault





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