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FAUT-IL
PRENDRE OU NON POUR ARGENT COMPTANT LES ASSURANCES
DE SALIF DIALLO SUR LA GARANTIE D’UNE BONNE
SAISON AGRICOLE ?
De
façon officielle, le Ministre Salif Diallo
a donné l’assurance que, contrairement
aux angoisses ici et là exprimées,
la saison se passera sans problème. Il y
a dit-il un surplus de plus de 700.000 tonnes de
céréales. Si cela a eu pour résultat
de mettre du baume au cœur de beaucoup qui
voient écarté le spectre de la famine,
il en est par contre qui préfèrent
attendre de voir venir, gardant d’autant plus
leur pessimisme qu’ils ont vu par le passé,
des promesses du genre qui ont été
démenties par la suite. Deux sons de cloche.
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| IL
N’ Y AURA PAS PENURIE ALIMENTAIRE
Pour
faire du bruit, la déclaration du Ministre
Diallo en a fait et continue d’en faire :
c’est que nous vivons des moments difficiles,
aux inondations et à l’arrêt
brusque des pluies en septembre mais aussi suite
au manque de secours adéquat apporté
aux sinistrés. L’opinion générale
était acquise à la crainte que l’on
ait à faire face au plus dur dans l’avenir.
Mais avec les explications données par le
ministre d’Etat, on peut dire qu’il
y a eu plus de peur que de mal. Les disponibilités
céréalières sont estimées
à 3, 652 millions de tonnes contre un besoin
national de 2,875 millions de tonnes, soit un excédent
de 777 mille tonnes. Salif Diallo est catégorique
sur ce plan : «Les résultats ne
sont pas décevants car il nous reste un surplus
de 28 % des besoins ». Un ministre d’Etat
ne peut tout de même pas raconter n’importe
quoi et ici, les choses sont tellement délicates
qu’il ne viendrait pas à l’idée
de notre responsable en charge de l’agriculture
de chercher à mener les gens en bateau. Ca
pourrait créer des problèmes au gouvernement
et plus encore à sa propre personne. Voici
à ce sujet du reste ce qu’en pense
Guy Arsène Ouédraogo, Particulier
qui souscrit entièrement aux propos du ministre
: « Effectivement j’ai suivi le
ministre Salif Diallo sur ce sujet. Mais je crois
savoir qu’il y a eut une enquête préalable
à la déclaration. Un millier de personnes
a sillonné le pays pour faire des prévisions
et produire les chiffres qu’il à annoncé.
Cela s’est fait si je l’ai bien suivi
avec des partenaires comme la FAO. Je suis rassuré
et cela ne me fait plus peur. Le ministre Salif
Diallo n’a pas de raison de mentir et il faut
que nous puissions faire confiance à nos
dirigeants. Nous aurons même un excédent
alimentaire de plus de 700 000 tonnes. Et c’est
avec le concours des services décentralisés
du ministère de l’agriculture et sous
le contrôle avisé des partenaires au
développement donc je souscrits entièrement
a cette annonce. Les Burkinabé ne doivent
pas craindre pour cette année même
si dans certains endroits il y a eut des poches
de sécheresse, certaines provinces excédentaires
pourront suppléer pour équilibrer.
Nous avons eu dans l’ensemble une bonne campagne
agricole ». Il n’y a rien à
ajouter : c’est clair, c’est technique,
comme qui dirait.
TOMI.
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IL
Y AURA BEL ET BIEN PENURIE DE NOURRITURE
Le
même jour où sur RFI, le CILSS faisait
savoir que « par rapport à l’année
dernière, les productions sont en hausse,
notamment en Mauritanie (26 %), équivalent
au Burkina Faso, en Gambie, au Mali, au Niger, au
Sénégal (+/- 5 %) et en baisse au
Cap Vert (-31 %) et en Guinée Bissau (-9
%) ». Equivalent au Burkina Faso : cela
veut bien dire qu’il n’y a ni excédent,
ni déficit, un point, un trait. Pourtant,
sur la même radio mondiale, et le même
jour, les autorités burkinabé faisaient
savoir qu’il y aurait un excédent vivrier
de l’ordre de 700.000 tonnes ! C’est
vraiment se moquer des gens. Où est la bonne
gouvernance dans tout ça ? Pour beaucoup,
par ailleurs, il y a bel et bien déficit.
C’est clair comme de l’eau de roche.
Alain St Robespierre, journaliste à l’Observateur
Paalga, nous a dit qu’il y avait des signes
avant-coureurs relativement à cette pénurie
: « Ce que je peux dire de la campagne
agricole présente, on ne peut pas parler
de drame pluviométrique même si on
a constaté des disparités au début
et à la fin de la saison pluvieuse. Les régions
du centre, du plateau central et même du centre
sud ont subi et cette disparité et des poches
de sécheresse. Mais certainement dans d’autres
régions il y a eut une bonne pluviométrie.
Maintenant par rapport aux déclarations du
ministre Salif Diallo, c’est certainement
à la suite de statistiques ou à partir
de constat des agents de l’agriculture mais
en tout les cas cela laisse les Burkinabé
sceptiques. Le vrai test se fera dans deux à
trois mois sur le terrain. Et comme on parle déjà
de hausse de prix, cela signifie que les paysans
ou les vendeurs de céréales anticipent
sur une situation qu’il voit se profiler.
Et ça effectivement, c’est des signes
avant coureurs d’une situation d’une
campagne agricole catastrophique ». Malgré
ces propos mesurés, on comprend que Alain
St Robespierre puisse rester sur sa faim. Comment
se laisser emporter par un enthousiasme quand le
sac de maïs se vend déjà à
15.000 fcfa sur la place, et encore quand on en
trouve ? Comment ne pas se poser des questions quand
les acheteurs se déportent jusqu’aux
abords des champs pour être sûrs d’embarquer
la précieuse denrée, une fois la récolte
effectuée ? Ce sont des signes avant-coureurs
venant de la base comme on dit, qui ne trompent
pas. Et quand on pense que par le passé,
on a été aussi souvent embarqué
par des paroles mielleuses pour se retrouver devant
des gros problèmes, alors il faut rester
vraiment sur ses gardes.
TOZI.
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