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San Finna N°439 du 18 au 18 Novembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"
 

Tribune de la femme

* En partance pour la RDC via le Burkina Faso, Bernard Kouchner était donc attendu le vendredi dernier à Ouagadougou pour une petite visite. Mais au dernier moment, on a appris que le voyage était reporté pour la fin de l’année, sans plus de commentaires. San Finna, qui a lu sur Internet que Bernard Kouchner et son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier allaient enregistrer ce lundi 12 novembre à Berlin une chanson de "rhythm and blues" sur le thème de l'intégration européenne (entourés de jeunes turcs du quartier berlinois de Kreuzberg), conclut en plaisantant que sans doute, le « French Doctor » a décidé de s’octroyer un petit moment de détente et qu’il a bien raison !

* Chez nous, à la fin du CASEM du Ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, des mesures auraient été prises, affirme-t-on, et qui pourraient bientôt voir le jour. Il semble que désormais, pour être nommé préfet, il faudra être de la Catégorie B 1. On dit aussi que certains adjoints administratifs, en poste depuis 10 ans dans la fonction de préfet, pourraient être relevés. Ca, il faut attendre pour voir !

* Les deux grandes marques de voiture, Renault et Nissan, vont développer sous peu une voiture à 3.000 dollars en Inde en partenariat avec Bajaj Auto pour rivaliser avec le modèle à 2.500 dollars annoncé par l'indien Tata Motors. Mais hélas, ces véhicules pas du tout chers, risquent d’arriver un jour au Faso à des prix multipliés par deux, tout comme la Logan vendue 10 millions fcfa chez nous alors que dans l’Hexagone, elle coûte un peu plus de 6 millions fcfa !

* Accusée de corruption comme nous le soulignions dans nos précédentes éditions, la présidente de l'Assemblée nationale du Nigeria, Patricia Etteh, a finalement remis sa démission.

* Les Nuits atypiques de Koudougou (NAK), c’est pour bientôt : du 28/11 au 02/12. Ca bouge au Bulkiemdé où les populations raffolent de cette manifestation. San Finna y sera !

* On ne reviendra jamais assez sur ce crime contre la démocratie que sont les fraudes électorales. Tenez, au Cameroun, où le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir qui compte 153 députés sur 180 et qui a tout récemment remporté des élections législatives partielles avec un score écrasant et contesté, on apprend qu’une dame du RDPC a été retrouvée en possession de 1.000 cartes d’électeur à Douala et qu’elle a failli être lynchée par une population en furie (source : Agence de Presse Africaine –APA- du 1er/10/07).

* L’Indien qui serait à la Maison d’Arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO) depuis le 13 septembre dernier, et dont nous avons parlé la semaine passée, serait harcelé, menacé directement ou indirectement, par un homme d’affaires en particulier afin qu’il accepte des arrangements qui lui sont proposés dans le traitement de certaines affaires.

* On entend souvent dire, sans vraiment en saisir toute la portée : la recherche, c’est l’avenir. Eh bien, c’est absolument vrai, l’avenir appartient aux pays qui auront les meilleurs chercheurs. Citons deux exemples de recherche qui font en ce moment un véritable tabac et orientés vers les sources d’énergie. Le premier nous vient d’Espagne où des chercheurs espagnols exploitent l’énergie des vagues, une énergie inépuisable ! Le deuxième, extraordinaire, nous vient des USA où d’incroyables chercheurs ont réalisé la prouesse de supprimer le CO2 émis par les centrales à charbon en produisant du biocarburant, faisant donc du bon à partir du mauvais. La société Greenfuel Technology (avec l’aide d’équipes américaines d'Harvard, de Columbia et du MIT) a réussi à transformer des algues en éthanol, en biodiesel ou encore en méthane ou en hydrogène. Ces chercheurs, qui décidément cherchent et trouvent, se sont aperçus qu’en faisant macérer les algues dans ce mauvais CO2 -dont on ne sait que faire pour s’en débarrasser- proliféraient et se développaient d’une façon ahurissante et qu’une fois séchées et après quelques petits traitements, elles se transformaient en une énergie propre. Il devrait forcément y avoir un petit Prix Nobel à venir du côté de cette géniale trouvaille et ce ne sera que justice !

* Au Burkina Faso, le pain qu’on propose à la vente est assez souvent du pain congelé. Seulement, le hic, c’est que les patrons des boulangeries ne le font pas savoir à leurs clients. Ailleurs, si c’est du pain congelé qui est mis à la vente, cela est précisé au lieu où est vendu le pain et puis, naturellement, il coûte moins cher. Alors, que les associations et autres ligues de droit des consommateurs chez nous mènent la lutte pour que toutes ces précisions -et tout ce qui s’en suit- soient fournies aux consommateurs, et le plus rapidement possible.

* Dans la vie de l’armée comme dans la vie politique, économique, sociale.., on fonce tête perdue dans l’illusion que tout va pour le mieux, foi des indicateurs les plus gratifiants et des Prix de bonne gouvernance qui se délivrent comme des petits pains. On veut fuir la relecture de notre gouvernance au Faso comme certains le demandent mais on finira bien par y venir d’une façon ou d’une autre. Du côté de la grande Muette, il ne semble pas qu’on soit prêt à s’en laisser conter. On garde plus que jamais le cap sur l’exigence de satisfaction des demandes formulées. Aux dernières nouvelles, elles se gonflent de la participation non moins déterminée des gendarmes et se durcit par le rejet des initiatives venant d’ici et là, et en particulier de Pô pour surseoir aux actions programmées. Les nouveaux médiateurs proposés, l’ancien chef d’Etat Saye Zerbo, l’ancien Intendant Mamadou Sanfo, n’auraient pas eu grâce aux yeux des mécontents. Trop c’est trop, feraient-ils savoir ! Après avoir vu le ministre de la Défense, le Médiateur du Faso, le Mogho Naaba, ils estimeraient que le temps est maintenant aux actions concrètes et non plus au dilatoire ; la date de report du 16 décembre pour de nouvelles négociations aurait été rejetée, jusqu’à plus informé. Si tout cela est confirmé, il faut craindre que l’on ne connaisse encore des nuits agitées pareilles à celles de décembre.

* Une nouvelle insolite maintenant, qui nous vient de l’Agence Reuters : « Une Allemande de 19 ans s'est évadée de prison en se cachant dans la valise de son amie. La fugitive s'est dissimulée dans le bagage de sa co-détenue de 17 ans libérée vendredi d'un centre de détention pour jeunes dans le nord-ouest de l'Allemagne, ont déclaré les autorités de Basse-Saxe. La jeune fille libérée a simplement quitté le bâtiment avec son amie cachée dans sa valise. Aucune des deux adolescentes, incarcérées pour vol, n'a été rattrapée ». Un peu bête, n’est-ce pas quand on apprend pour finir qu’elle n’avait plus que 15 jours à tirer ?

* On apprend que chez nous, l’Ambassade du Canada va contribuer à la prise en charge des sinistrés. Mr Jacques Lamonde, chargé d’Affaires de l’Ambassade, a annoncé une remise de 120 millions de FCFA dispatchés ainsi qu’il suit : 38 millions pour le Loroum, 39 millions pour le Nahouri et 40 millions pour le Soum. Voilà qui est clair, qui est net ; on connaît la destination finale et on peut être sûr que les populations seront très regardantes sur l’utilisation de ces sommes. Par ailleurs, l’Ambassade a choisi pour la gestion de ces fonds, trois organisations de la société civile : l’OCADES, le CREDO et l’ODE. Même s’il est précisé que cela se fera en étroite collaboration avec le CONASUR, on a comme le sentiment que cette structure a été un peu mise de côté. Peut-être parce que très sollicitée en ce moment, elle risquait de ne pas pouvoir faire exactement comme l’Ambassade le souhaitait.

* Sur le même sujet, nous savons que l’Aide française a remis 50 000 euros à la Croix-Rouge locale pour l’achat de moustiquaires afin d’aider les sinistrés suite aux inondations. Beau geste comme d’ailleurs on en a vu beaucoup pour aider les malheureux qui ont tout perdu. Mais on aurait bien aimé savoir justement où ont été achetées ces moustiquaires (il serait temps entre parenthèses que ce marché revienne si possible aux pays qui en utilisent !), combien en ont été achetées, à quel prix et également s’il existe toujours des droits de douane sur les moustiquaires. On aurait bien aimé savoir également quel a été le dispatching de ces moustiquaires, un peu comme vient de le faire l’Ambassade du Canada par rapport à son aide apportée aux sinistrés ! Nos colonnes sont largement ouvertes si réponse il devait y avoir.

* Au Sénégal, le gouvernement a fait marche arrière sur le traitement des fonctionnaires. Abdoulaye Wade voulait ponctionner les salaires, entre 1% et 30%, pour alimenter un fonds de compensation de la hausse des prix. Et ce qui devait arriver, arriva : un tollé provoqué par l’annonce de cette mesure au point qu’il décida finalement d'y renoncer. Seuls les salaires des haut dirigeants seront réduits, y compris celui du président Wade qui sera diminué de 30%. Mais il semblerait qu’en fait, ce soit un « coup de génie » du Pape du Sopi qui ce faisant, a désamorcé les demandes d’augmentation de salaires qui s’annonçaient !

* Chez nous, on n’en finit plus avec ces ateliers, symposiums et autres journées sur les biotechnologies. Ils sont tous présentés comme devant faire ressortir les côtés négatifs et positifs de la biotechnologie, disons surtout des OGM. Hélas, on constate que c’est le contraire puisqu’il s’agit, ni plus ni moins, que d’encenser cette pratique. Aucune réponse sur les vraies questions comme celles posées par exemple par le Père Jacques Lacour ! Il faut vraiment que les associations et autres fondations de protection de la nature, du respect de la bioéthique et autres principes de précaution en ces domaines, se signalent !

* On sait que c’est le 31 décembre prochain que les nouveaux Accords de partenariat économique devaient être signés entre l’Europe et les pays ACP. Devant les réticences des pays ACP, qui demandent plus de temps et de garanties, l’Union Européenne mettrait en œuvre, selon les réseaux d’organisations paysannes des régions d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) (PROPAC, ROPPA, SACAU, EAFF, WINFA), réunis en atelier les 2 et 3 novembre 2007 à Bruxelles, des stratégies « pour parvenir à la signature d’accords de libre échange avec certains pays considérés individuellement, si leurs communautés économiques régionales respectives refusaient ». Renversant : on a peine à croire qu’un projet aussi funeste puisse émaner de l’UE. Non seulement cela consisterait à faire un enfant dans le dos à des pays ACP mais cela réduirait à néant tous les espoirs qu’ils fondent dans l’intégration régionale. Pour les réseaux suscités en tout cas, cela violerait les dispositions de l’Accord de Cotonou et « contribueraient à terme au démantèlement des processus d’intégration dans les régions ACP ». Nous verrons bien ce qu’en dira le Conseil Economique et Social chez nous qui a choisi comme thème pour sa rentrée, justement les APE !

* Un dernier mot sur ces APE : Peter Mandelson et Louis Michel ont rédigé une contribution parue dans divers organes de presse, pour lever des zones d’ombre, ont-il affirmé. Mais justement, quand ils écrivent par exemple que les pays ACP « continueront …à recevoir chaque année des centaines de millions d’euros au titre de l’aide au développement, soit au total 23 milliards d’euros jusqu’en 2013 », on se pose des questions sur l’après 2013. De quelle manière continuera-t-on à aider ? Ne sanctionnera-t-on pas les pays qui ont été récalcitrants ?

* Le 8 novembre passé, le Burkina Faso a reçu une distinction de la part de la Société financière internationale dans le cadre de ce Prix dont nous avons déjà parlé dans nos précédentes éditions et qui était fortement contesté notamment par l’OHADA : le prix « Doing Business » qui nous a fait passer de la 178 ème place à la 161 ème pour avoir pris trois mesures facilitant l’assainissement du climat des affaires. Reste à savoir maintenant si la Société financière internationale va encore mettre la main à la poche pour le programme Doing Business au Burkina Faso qui a déjà reçu de sa part, 1 milliard FCFA, dont d’ailleurs il aurait été souhaitable qu’on en connaisse la destination ! Ce serait bien, s’il y avait une nouvelle subvention, que soit réglée une partie de ce qui est toujours dû aux travailleurs déflatés comme ceux de Faso Fani par exemple qui ont tant souffert. Ce serait apprécié par la population et c’est tout à fait possible. Pourquoi ? Parce que selon Alain Traoré, le patron de « Doing business better in Burkina », les cinq domaines d’intervention du programme concernent « la création d’entreprises, l’enregistrement et le transfert de propriété, la réglementation du travail, la liquidation des entreprises et le règlement des litiges commerciaux » (Lu sur Sidwaya du 28 décembre 2006).

* Au Tchad, les hommes et les femmes en robe noire vont marcher le 12 novembre prochain contre les pressions de la France sur la justice tchadienne dans l’affaire Arche de Zoé. Réaction spontanée ou commandée ? On ne le sait mais on ne peut pas empêcher certains de se dire que, tant qu’à marcher contre une atteinte à la dignité, à la justice et aux libertés publiques tchadiennes, il aurait fallu le faire bien, surtout pour les libertés fondamentales violées au quotidien. Ca eût été plus convaincant !


DERNIERE MINUTE
Les militaires suspendraient leur marche


Après une série de contacts de dernière minute le dimanche 11 novembre, les militaires contestataires auraient, semble-t-il, été convaincus de surseoir à leur manifestation du 12 novembre. Ils auraient eu des assurances solides que le chef de l’Etat en personne se serait saisi de leur dossier et que le mercredi prochain, à l’issue du conseil des ministres, des décisions importantes seront prises qui satisferont leurs revendications. Les nouvelles interventions du Mogho Naaba auraient aidé à cette solution du report.





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