*
En partance pour la RDC via le Burkina Faso, Bernard
Kouchner était donc attendu le vendredi dernier
à Ouagadougou pour une petite visite. Mais
au dernier moment, on a appris que le voyage était
reporté pour la fin de l’année,
sans plus de commentaires. San Finna, qui a lu sur
Internet que Bernard Kouchner et son homologue allemand
Frank-Walter Steinmeier allaient enregistrer ce lundi
12 novembre à Berlin une chanson de "rhythm
and blues" sur le thème de l'intégration
européenne (entourés de jeunes turcs
du quartier berlinois de Kreuzberg), conclut en plaisantant
que sans doute, le « French Doctor » a
décidé de s’octroyer un petit
moment de détente et qu’il a bien raison
!
* Chez nous, à la fin du CASEM du Ministère
de l’Administration territoriale et de la décentralisation,
des mesures auraient été prises, affirme-t-on,
et qui pourraient bientôt voir le jour. Il semble
que désormais, pour être nommé
préfet, il faudra être de la Catégorie
B 1. On dit aussi que certains adjoints administratifs,
en poste depuis 10 ans dans la fonction de préfet,
pourraient être relevés. Ca, il faut
attendre pour voir !
* Les deux grandes marques de voiture, Renault et
Nissan, vont développer sous peu une voiture
à 3.000 dollars en Inde en partenariat avec
Bajaj Auto pour rivaliser avec le modèle à
2.500 dollars annoncé par l'indien Tata Motors.
Mais hélas, ces véhicules pas du tout
chers, risquent d’arriver un jour au Faso à
des prix multipliés par deux, tout comme la
Logan vendue 10 millions fcfa chez nous alors que
dans l’Hexagone, elle coûte un peu plus
de 6 millions fcfa !
* Accusée de corruption comme nous le soulignions
dans nos précédentes éditions,
la présidente de l'Assemblée nationale
du Nigeria, Patricia Etteh, a finalement remis sa
démission.
* Les Nuits atypiques de Koudougou (NAK), c’est
pour bientôt : du 28/11 au 02/12. Ca bouge au
Bulkiemdé où les populations raffolent
de cette manifestation. San Finna y sera !
* On ne reviendra jamais assez sur ce crime contre
la démocratie que sont les fraudes électorales.
Tenez, au Cameroun, où le Rassemblement démocratique
du peuple camerounais (RDPC), parti au pouvoir qui
compte 153 députés sur 180 et qui a
tout récemment remporté des élections
législatives partielles avec un score écrasant
et contesté, on apprend qu’une dame du
RDPC a été retrouvée en possession
de 1.000 cartes d’électeur à Douala
et qu’elle a failli être lynchée
par une population en furie (source : Agence de Presse
Africaine –APA- du 1er/10/07).
* L’Indien qui serait à la Maison d’Arrêt
et de correction de Ouagadougou (MACO) depuis le 13
septembre dernier, et dont nous avons parlé
la semaine passée, serait harcelé, menacé
directement ou indirectement, par un homme d’affaires
en particulier afin qu’il accepte des arrangements
qui lui sont proposés dans le traitement de
certaines affaires.
* On entend souvent dire, sans vraiment en saisir
toute la portée : la recherche, c’est
l’avenir. Eh bien, c’est absolument vrai,
l’avenir appartient aux pays qui auront les
meilleurs chercheurs. Citons deux exemples de recherche
qui font en ce moment un véritable tabac et
orientés vers les sources d’énergie.
Le premier nous vient d’Espagne où des
chercheurs espagnols exploitent l’énergie
des vagues, une énergie inépuisable
! Le deuxième, extraordinaire, nous vient des
USA où d’incroyables chercheurs ont réalisé
la prouesse de supprimer le CO2 émis par les
centrales à charbon en produisant du biocarburant,
faisant donc du bon à partir du mauvais. La
société Greenfuel Technology (avec l’aide
d’équipes américaines d'Harvard,
de Columbia et du MIT) a réussi à transformer
des algues en éthanol, en biodiesel ou encore
en méthane ou en hydrogène. Ces chercheurs,
qui décidément cherchent et trouvent,
se sont aperçus qu’en faisant macérer
les algues dans ce mauvais CO2 -dont on ne sait que
faire pour s’en débarrasser- proliféraient
et se développaient d’une façon
ahurissante et qu’une fois séchées
et après quelques petits traitements, elles
se transformaient en une énergie propre. Il
devrait forcément y avoir un petit Prix Nobel
à venir du côté de cette géniale
trouvaille et ce ne sera que justice !
* Au Burkina Faso, le pain qu’on propose à
la vente est assez souvent du pain congelé.
Seulement, le hic, c’est que les patrons des
boulangeries ne le font pas savoir à leurs
clients. Ailleurs, si c’est du pain congelé
qui est mis à la vente, cela est précisé
au lieu où est vendu le pain et puis, naturellement,
il coûte moins cher. Alors, que les associations
et autres ligues de droit des consommateurs chez nous
mènent la lutte pour que toutes ces précisions
-et tout ce qui s’en suit- soient fournies aux
consommateurs, et le plus rapidement possible.
* Dans la vie de l’armée comme dans la
vie politique, économique, sociale.., on fonce
tête perdue dans l’illusion que tout va
pour le mieux, foi des indicateurs les plus gratifiants
et des Prix de bonne gouvernance qui se délivrent
comme des petits pains. On veut fuir la relecture
de notre gouvernance au Faso comme certains le demandent
mais on finira bien par y venir d’une façon
ou d’une autre. Du côté de la grande
Muette, il ne semble pas qu’on soit prêt
à s’en laisser conter. On garde plus
que jamais le cap sur l’exigence de satisfaction
des demandes formulées. Aux dernières
nouvelles, elles se gonflent de la participation non
moins déterminée des gendarmes et se
durcit par le rejet des initiatives venant d’ici
et là, et en particulier de Pô pour surseoir
aux actions programmées. Les nouveaux médiateurs
proposés, l’ancien chef d’Etat
Saye Zerbo, l’ancien Intendant Mamadou Sanfo,
n’auraient pas eu grâce aux yeux des mécontents.
Trop c’est trop, feraient-ils savoir ! Après
avoir vu le ministre de la Défense, le Médiateur
du Faso, le Mogho Naaba, ils estimeraient que le temps
est maintenant aux actions concrètes et non
plus au dilatoire ; la date de report du 16 décembre
pour de nouvelles négociations aurait été
rejetée, jusqu’à plus informé.
Si tout cela est confirmé, il faut craindre
que l’on ne connaisse encore des nuits agitées
pareilles à celles de décembre.
* Une nouvelle insolite maintenant, qui nous vient
de l’Agence Reuters : « Une Allemande
de 19 ans s'est évadée de prison en
se cachant dans la valise de son amie. La fugitive
s'est dissimulée dans le bagage de sa co-détenue
de 17 ans libérée vendredi d'un centre
de détention pour jeunes dans le nord-ouest
de l'Allemagne, ont déclaré les autorités
de Basse-Saxe. La jeune fille libérée
a simplement quitté le bâtiment avec
son amie cachée dans sa valise. Aucune des
deux adolescentes, incarcérées pour
vol, n'a été rattrapée ».
Un peu bête, n’est-ce pas quand on apprend
pour finir qu’elle n’avait plus que 15
jours à tirer ?
* On apprend que chez nous, l’Ambassade du Canada
va contribuer à la prise en charge des sinistrés.
Mr Jacques Lamonde, chargé d’Affaires
de l’Ambassade, a annoncé une remise
de 120 millions de FCFA dispatchés ainsi qu’il
suit : 38 millions pour le Loroum, 39 millions pour
le Nahouri et 40 millions pour le Soum. Voilà
qui est clair, qui est net ; on connaît la destination
finale et on peut être sûr que les populations
seront très regardantes sur l’utilisation
de ces sommes. Par ailleurs, l’Ambassade a choisi
pour la gestion de ces fonds, trois organisations
de la société civile : l’OCADES,
le CREDO et l’ODE. Même s’il est
précisé que cela se fera en étroite
collaboration avec le CONASUR, on a comme le sentiment
que cette structure a été un peu mise
de côté. Peut-être parce que très
sollicitée en ce moment, elle risquait de ne
pas pouvoir faire exactement comme l’Ambassade
le souhaitait.
* Sur le même sujet, nous savons que l’Aide
française a remis 50 000 euros à la
Croix-Rouge locale pour l’achat de moustiquaires
afin d’aider les sinistrés suite aux
inondations. Beau geste comme d’ailleurs on
en a vu beaucoup pour aider les malheureux qui ont
tout perdu. Mais on aurait bien aimé savoir
justement où ont été achetées
ces moustiquaires (il serait temps entre parenthèses
que ce marché revienne si possible aux pays
qui en utilisent !), combien en ont été
achetées, à quel prix et également
s’il existe toujours des droits de douane sur
les moustiquaires. On aurait bien aimé savoir
également quel a été le dispatching
de ces moustiquaires, un peu comme vient de le faire
l’Ambassade du Canada par rapport à son
aide apportée aux sinistrés ! Nos colonnes
sont largement ouvertes si réponse il devait
y avoir.
* Au Sénégal, le gouvernement a fait
marche arrière sur le traitement des fonctionnaires.
Abdoulaye Wade voulait ponctionner les salaires, entre
1% et 30%, pour alimenter un fonds de compensation
de la hausse des prix. Et ce qui devait arriver, arriva
: un tollé provoqué par l’annonce
de cette mesure au point qu’il décida
finalement d'y renoncer. Seuls les salaires des haut
dirigeants seront réduits, y compris celui
du président Wade qui sera diminué de
30%. Mais il semblerait qu’en fait, ce soit
un « coup de génie » du Pape du
Sopi qui ce faisant, a désamorcé les
demandes d’augmentation de salaires qui s’annonçaient
!
* Chez nous, on n’en finit plus avec ces ateliers,
symposiums et autres journées sur les biotechnologies.
Ils sont tous présentés comme devant
faire ressortir les côtés négatifs
et positifs de la biotechnologie, disons surtout des
OGM. Hélas, on constate que c’est le
contraire puisqu’il s’agit, ni plus ni
moins, que d’encenser cette pratique. Aucune
réponse sur les vraies questions comme celles
posées par exemple par le Père Jacques
Lacour ! Il faut vraiment que les associations et
autres fondations de protection de la nature, du respect
de la bioéthique et autres principes de précaution
en ces domaines, se signalent !
* On sait que c’est le 31 décembre prochain
que les nouveaux Accords de partenariat économique
devaient être signés entre l’Europe
et les pays ACP. Devant les réticences des
pays ACP, qui demandent plus de temps et de garanties,
l’Union Européenne mettrait en œuvre,
selon les réseaux d’organisations paysannes
des régions d’Afrique, des Caraïbes
et du Pacifique (ACP) (PROPAC, ROPPA, SACAU, EAFF,
WINFA), réunis en atelier les 2 et 3 novembre
2007 à Bruxelles, des stratégies «
pour parvenir à la signature d’accords
de libre échange avec certains pays considérés
individuellement, si leurs communautés économiques
régionales respectives refusaient ».
Renversant : on a peine à croire qu’un
projet aussi funeste puisse émaner de l’UE.
Non seulement cela consisterait à faire un
enfant dans le dos à des pays ACP mais cela
réduirait à néant tous les espoirs
qu’ils fondent dans l’intégration
régionale. Pour les réseaux suscités
en tout cas, cela violerait les dispositions de l’Accord
de Cotonou et « contribueraient à terme
au démantèlement des processus d’intégration
dans les régions ACP ». Nous verrons
bien ce qu’en dira le Conseil Economique et
Social chez nous qui a choisi comme thème pour
sa rentrée, justement les APE !
* Un dernier mot sur ces APE : Peter Mandelson et
Louis Michel ont rédigé une contribution
parue dans divers organes de presse, pour lever des
zones d’ombre, ont-il affirmé. Mais justement,
quand ils écrivent par exemple que les pays
ACP « continueront …à recevoir
chaque année des centaines de millions d’euros
au titre de l’aide au développement,
soit au total 23 milliards d’euros jusqu’en
2013 », on se pose des questions sur l’après
2013. De quelle manière continuera-t-on à
aider ? Ne sanctionnera-t-on pas les pays qui ont
été récalcitrants ?
* Le 8 novembre passé, le Burkina Faso a reçu
une distinction de la part de la Société
financière internationale dans le cadre de
ce Prix dont nous avons déjà parlé
dans nos précédentes éditions
et qui était fortement contesté notamment
par l’OHADA : le prix « Doing Business
» qui nous a fait passer de la 178 ème
place à la 161 ème pour avoir pris trois
mesures facilitant l’assainissement du climat
des affaires. Reste à savoir maintenant si
la Société financière internationale
va encore mettre la main à la poche pour le
programme Doing Business au Burkina Faso qui a déjà
reçu de sa part, 1 milliard FCFA, dont d’ailleurs
il aurait été souhaitable qu’on
en connaisse la destination ! Ce serait bien, s’il
y avait une nouvelle subvention, que soit réglée
une partie de ce qui est toujours dû aux travailleurs
déflatés comme ceux de Faso Fani par
exemple qui ont tant souffert. Ce serait apprécié
par la population et c’est tout à fait
possible. Pourquoi ? Parce que selon Alain Traoré,
le patron de « Doing business better in Burkina
», les cinq domaines d’intervention du
programme concernent « la création d’entreprises,
l’enregistrement et le transfert de propriété,
la réglementation du travail, la liquidation
des entreprises et le règlement des litiges
commerciaux » (Lu sur Sidwaya du 28 décembre
2006).
* Au Tchad, les hommes et les femmes en robe noire
vont marcher le 12 novembre prochain contre les pressions
de la France sur la justice tchadienne dans l’affaire
Arche de Zoé. Réaction spontanée
ou commandée ? On ne le sait mais on ne peut
pas empêcher certains de se dire que, tant qu’à
marcher contre une atteinte à la dignité,
à la justice et aux libertés publiques
tchadiennes, il aurait fallu le faire bien, surtout
pour les libertés fondamentales violées
au quotidien. Ca eût été plus
convaincant !
DERNIERE
MINUTE
Les militaires suspendraient leur marche
Après une série de contacts de dernière
minute le dimanche 11 novembre, les militaires contestataires
auraient, semble-t-il, été convaincus
de surseoir à leur manifestation du 12 novembre.
Ils auraient eu des assurances solides que le chef
de l’Etat en personne se serait saisi de leur
dossier et que le mercredi prochain, à l’issue
du conseil des ministres, des décisions importantes
seront prises qui satisferont leurs revendications.
Les nouvelles interventions du Mogho Naaba auraient
aidé à cette solution du report.