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San Finna N°439 du 12 au 18 Novembre 2007
"Il n'est de Liberté qu'en dehors de l'Abus mais il n'est de Liberté sans capacité de refus"

BILLET
ET SI POUR DE VRAI, GBAGBO VENAIT A OUAGADOUGOU ?

On ne sait pas si c’est un petit malin qui a semé cette nouvelle aux quatre vents ou si celle-ci n’est que le fait de l’ébruitement d’un dossier qui est en train de réellement se ficeler, mais ces derniers temps, on n’en a que pour la prochaine venue du premier Eburnéen en terre d’intégrité. Dans les buvettes, les maquis, les bureaux, on ne parle que de ça et, divine surprise, ce n’est pas parce qu’on se prépare à « caillasser » le premier Ivoirien ou à exiger qu’on l’envoie au poteau mais pour le fêter comme les Burkinabé savent le faire des femmes et des hommes qu’ils portent dans leur cœur. C’est que les choses ont changé du tout au tout au Faso par rapport aux perceptions qu’on avait de l’homme, terriblement changé même !

Hier, il représentait le diable incarné et l’on n’avait pas assez de noires comparaisons pour le caractériser. Malheur à celui qui disait du bien de Laurent Gbagbo. Le patient et puissant travail politique, diplomatique, médiatique, financier, militaire.. , qui a été mis en œuvre pour conforter cette image repoussoir jusque dans les consciences les plus jeunes, a été annihilé par moins de temps qu’il en a fallu pour l’édifier.

Par des touches successives, passages à la chaîne AFRICABLE, facilement accessible maintenant au Burkina Faso, par ses initiatives aussi époustouflantes que courageuses, Laurent Gbagbo a fini par attirer positivement l’attention des Burkinabé sur lui. Les choses depuis sont allées s’amplifiant avec l’Accord de Ouagadougou, dans l’exécution duquel ses décisions sont souvent reconnues comme intuitives et pacificatrices. Ceci ajouté à la hauteur de vue qu’il a eue en confiant la facilitation à son homologue burkinabé et les gestes de bonne disposition qu’il multiplie à l’endroit des étrangers (et plus particulièrement des Burkinabé résidant en Côte d’Ivoire) ont fini d’écorner l’image négative qu’on avait de l’homme.

Il y a aujourd’hui au Burkina Faso, en développement, une véritable « Gbagbomania » et si jamais il mettait effectivement les pieds au Faso, l’affaire de la suppression de la carte de séjour jouant par ailleurs de ses effets, ce ne sont pas seulement les ALG (NDLR : Amis de Laurent Gbagbo) qui lui feraient cortège, ce seraient bien de Burkinabé de toutes tendances, jusqu’aux plus insoupçonnés d’entre eux (qui hier encore avaient le fiel dans la bouche quand ils parlaient de lui), qui seraient présents pour lui souhaiter la bienvenue.

Qui l’eût dit, qui l’eût cru, n’est-ce pas ? Mais plutôt que de renvoyer les repentis à leur méprise passée, il faut s’en féliciter parce que les bénéficiaires sont le peuple ivoirien et le peuple burkinabé. Il faut par le fait même aussi, reconnaître que la crise entre les deux pays (autre aspect de la crise ivoirienne) n’était pas une crise entre ces deux peuples dont les destins sont liés. Ivoiriens et Burkinabé sont en Afrique de l’Ouest comme la langue et les dents dans la bouche ; parfois ils ne marchent pas en cadence, se désaccordent et ça fait mal, mais ils sont obligés de faire bon ménage jusqu’à leur fin commune. Alors tant qu’à faire, qu’on en finisse avec les rumeurs pour faire de cette venue, une réalité. Du reste, elle ne serait que dans l’ordre des choses car de même qu’on ne peut imaginer un processus de réconciliation allant jusqu’à son terme sans Blaise Compaoré à Abidjan, de même on ne peut imaginer pareille issue sans la venue de Laurent Gbagbo à Ouagadougou. Cela laisserait un goût d’inachevé que les oiseaux de mauvais augure se feraient fort d’exploiter à mauvais escient.

VT


 





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