BILLET
ET SI POUR DE VRAI, GBAGBO VENAIT A OUAGADOUGOU
?
On
ne sait pas si c’est un petit malin qui
a semé cette nouvelle aux quatre vents
ou si celle-ci n’est que le fait de l’ébruitement
d’un dossier qui est en train de réellement
se ficeler, mais ces derniers temps, on n’en
a que pour la prochaine venue du premier Eburnéen
en terre d’intégrité. Dans
les buvettes, les maquis, les bureaux, on ne parle
que de ça et, divine surprise, ce n’est
pas parce qu’on se prépare à
« caillasser » le premier Ivoirien
ou à exiger qu’on l’envoie
au poteau mais pour le fêter comme les Burkinabé
savent le faire des femmes et des hommes qu’ils
portent dans leur cœur. C’est que les
choses ont changé du tout au tout au Faso
par rapport aux perceptions qu’on avait
de l’homme, terriblement changé même
!
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Hier,
il représentait le diable incarné
et l’on n’avait pas assez de
noires comparaisons pour le caractériser.
Malheur à celui qui disait du bien
de Laurent Gbagbo. Le patient et puissant
travail politique, diplomatique, médiatique,
financier, militaire.. , qui a été
mis en œuvre pour conforter cette image
repoussoir jusque dans les consciences les
plus jeunes, a été annihilé
par moins de temps qu’il en a fallu
pour l’édifier. |
Par des touches successives, passages à
la chaîne AFRICABLE, facilement accessible
maintenant au Burkina Faso, par ses initiatives
aussi époustouflantes que courageuses,
Laurent Gbagbo a fini par attirer positivement
l’attention des Burkinabé sur lui.
Les choses depuis sont allées s’amplifiant
avec l’Accord de Ouagadougou, dans l’exécution
duquel ses décisions sont souvent reconnues
comme intuitives et pacificatrices. Ceci ajouté
à la hauteur de vue qu’il a eue en
confiant la facilitation à son homologue
burkinabé et les gestes de bonne disposition
qu’il multiplie à l’endroit
des étrangers (et plus particulièrement
des Burkinabé résidant en Côte
d’Ivoire) ont fini d’écorner
l’image négative qu’on avait
de l’homme.
Il y a aujourd’hui au Burkina Faso, en développement,
une véritable « Gbagbomania »
et si jamais il mettait effectivement les pieds
au Faso, l’affaire de la suppression de
la carte de séjour jouant par ailleurs
de ses effets, ce ne sont pas seulement les ALG
(NDLR : Amis de Laurent Gbagbo) qui lui feraient
cortège, ce seraient bien de Burkinabé
de toutes tendances, jusqu’aux plus insoupçonnés
d’entre eux (qui hier encore avaient le
fiel dans la bouche quand ils parlaient de lui),
qui seraient présents pour lui souhaiter
la bienvenue.
Qui l’eût dit, qui l’eût
cru, n’est-ce pas ? Mais plutôt que
de renvoyer les repentis à leur méprise
passée, il faut s’en féliciter
parce que les bénéficiaires sont
le peuple ivoirien et le peuple burkinabé.
Il faut par le fait même aussi, reconnaître
que la crise entre les deux pays (autre aspect
de la crise ivoirienne) n’était pas
une crise entre ces deux peuples dont les destins
sont liés. Ivoiriens et Burkinabé
sont en Afrique de l’Ouest comme la langue
et les dents dans la bouche ; parfois ils ne marchent
pas en cadence, se désaccordent et ça
fait mal, mais ils sont obligés de faire
bon ménage jusqu’à leur fin
commune. Alors tant qu’à faire, qu’on
en finisse avec les rumeurs pour faire de cette
venue, une réalité. Du reste, elle
ne serait que dans l’ordre des choses car
de même qu’on ne peut imaginer un
processus de réconciliation allant jusqu’à
son terme sans Blaise Compaoré à
Abidjan, de même on ne peut imaginer pareille
issue sans la venue de Laurent Gbagbo à
Ouagadougou. Cela laisserait un goût d’inachevé
que les oiseaux de mauvais augure se feraient
fort d’exploiter à mauvais escient.